Togo/PAIEJ-SP : 35 000 emplois créés en 2018, pour 19 600 attendus en 2020

Avec l’appui financier du Fonds africain de développement (FAD) de la Banque africaine de développement (BAD), dans le cadre du Projet d’appui à l’employabilité et à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs (PAEIJ-SP), l’autorité publique compte procéder à son évaluation finale ; et capitaliser ses acquis. Des manifestations d’intérêt sont ainsi attendues au cours de la semaine, afin de recourir aux prestations de services d’un cabinet chargé de réaliser ladite mission.

Pour le volet Evaluation du projet : le prestataire retenu devra définir et faire valider la méthodologie d’évaluation et de capitalisation des acquis ; élaborer les outils de travail et les faire valider ; collecter les données secondaires existantes sur le projet et les analyser ; mener des entretiens avec les acteurs clés des actions à évaluer ou des expériences à capitaliser ; effectuer des visites de terrain pour compléter les informations ; organiser par région des mini-ateliers de restitution des résultats de l’évaluation aux acteurs concernés ; élaborer un rapport provisoire d’évaluation du projet ; restituer en présence des acteurs et partenaires du projet les résultats de l’évaluation du projet ; prendre en compte les observations pour finaliser le rapport d’évaluation.

Pour le volet Capitalisation des acquis : l’attributaire aura pour mission d’élaborer des supports d’enquête et de collecte des données ; élaborer une programmation de conduite de l’étude ; décrire le cadre conceptuel du projet ; organiser un atelier de validation des acquis à capitaliser et d’identification des supports de capitalisation et des moyens de diffusion ; identifier les parties prenantes de la mise en œuvre des actions à capitaliser ; clarifier les rôles et responsabilités des parties prenantes ; présenter la stratégie et les instruments de mise en œuvre de l’action ; au regard des résultats attendus de l’action, faire l’analyse de la pertinence des acteurs en présence et de la définition de leurs rôles et responsabilités ; apprécier pour l’action, le mécanisme d’intervention du projet du point de vue de sa pertinence, son efficacité, son efficience ainsi que ses perspectives d’évolution ; apprécier les réalisations/ acquis ainsi que les échecs ; tirer les principaux enseignements de la mise en œuvre de l’action ; valoriser les enseignements tirés pour une meilleure optimisation des performances des actions à venir ; organiser par région des mini-ateliers concernés ; élaborer un rapport provisoire de capitalisation des acquis du projet ; restituer en présence des acteurs et partenaires du projet les résultats de la capitalisation des acquis ; prendre en compte les observations pour finaliser le rapport de capitalisation.

Le démarrage de la mission est prévu pour septembre 2020, sur une durée maximale de soixante (60) jours étalés sur trois (3) mois.

Le 27 novembre 2015, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) accordait au Togo, deux dons d’un montant respectif de 6,67 millions UC, (5,4 milliards de FCFA) et de 1,33 millions UC, (1,1 milliard de FCFA) et un prêt d’un montant de 6,5 millions UC, (5,3 milliards de FCFA). Au total 14,5 millions d’UC, soit environ 11,8 milliards de FCFA sont octroyés au titre du Projet d’appui à l’employabilité et l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs (PAEIJ-SP). Le projet était censé contribuer à créer les conditions d’une croissance économique plus inclusive à travers le renforcement de l’employabilité des jeunes et la promotion de l’entreprenariat dans les secteurs porteurs. Il entend apporter dans un premier temps une réponse pour l’insertion des demandeurs d’emplois à travers le développement de l’entreprenariat des jeunes dans la chaine de valeur agricole. En second lieu, le projet envisage d’apporter une solution structurelle à l’emploi des jeunes en développant les outils de prospection et d’adaptation de la formation aux besoins du marché du travail. Sa finalité est de contribuer à long terme à une réduction de la pauvreté ainsi qu’à une réduction du chômage et du sous-emploi des jeunes hommes et des jeunes femmes. Il vise à moyen terme une amélioration des revenus des bénéficiaires de l’appui à l’entreprenariat de plus de 25% et la création d’au moins 19 600 emplois directs en 2020.

Objectifs très tôt atteints

Deux ans plus tard, en 2018, le succès était officiellement estimé au rendez-vous. Exemple pris sur l’évolution de deux sociétés. Agrokom transformait jusqu’à 6 000 tonnes de soja par an, générant 3 242 emplois directs et 8 505 emplois temporaires sur sa chaîne de valeur (approvisionnement, transformation et distribution). Pour sa part, JCAT exporte 10 920 tonnes de soja biologique vers les États-Unis, l’Allemagne ou encore la Chine, avec à la clé, 3 203 emplois directs et 6 931 temporaires.

Grâce au soutien de la Banque africaine de développement, le PAEIJ-SP a créé 35 000 emplois au total (14 290 directs et 20 940 temporaires), bien plus que les 20 000 escomptés, au profit notamment des jeunes Togolais. «Avec l’arrivée du projet, beaucoup de choses ont changé dans mon quotidien car, de l’agriculture vivrière, je suis passé à la vente», expliquait Michel Komi Koutchena, primo-entrepreneur dans la filière maïs. «Parti de trois hectares, je dispose désormais de onze hectares pour la culture du maïs. Ma production a quasiment quadruplé. La vente me permet de subvenir aux besoins de ma famille et d’employer 63 personnes», précisait-il à la BAD, avant de se réjouir de «voir les jeunes de son village ne plus se rendre en ville ou dans d’autres pays pour chercher le bonheur».

Wadja N’Yemba, présidente du groupement Nipa (nord du Togo), ne dit pas le contraire : «par le passé, chacune de nous produisait son soja individuellement. Puis, nous avons été informées du lancement d’un projet qui allait nous soutenir. Nous avons obtenu des prêts pour développer nos champs de soja, nous associer et générer plus de revenus». «C’est un exemple de projet où la Banque a montré son avantage comparatif dans la promotion des PME agro-industrielles et de l’emploi des jeunes dans les chaînes de valeur agricoles au Togo. Ce projet constitue une référence pour le gouvernement togolais dans la promotion de l’emploi des jeunes», se réjouit le responsable du projet pour la Banque africaine de développement, Amouzouvi Kokou.

 

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