L’Extraction des phosphates à la mine de Kpogamé affecte les nappes souterraines

Suite à l’exploration minière qui a révélé la découverte de vastes réserves inexploitées de phosphate carbonaté  qui s’ajoutent aux réserves de phosphate sédimentaire en cours d’une exploitation par la ( SNPT)  la Société Nationale des Phosphates du Togo , un audit en conformité avec la législation environnementale en vigueur  a été réalisé en 2016 par ladite Société  approuvé par l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement en 2017.

L’objectif est  de faire l’évaluation et l’établissement  d’une base des données et des observations sur le site, l’état des lieux de la gestion des aspects environnementaux et sociaux des opérations de la Société.

Ce qui a permis de retracer les informations sur les perceptions  et les préoccupations des communautés voisines ou d’appuyer la direction générale de la SNPT dans le développement et l’amélioration de la gestion environnementale et sociale en mettant en évidence les lacunes et les priorités par exemple.

Les deux aspects de l’audit

Il est écrit que l’audit réalisé a aussi apporté plus de transparence concernant  la gestion de certains aspects environnementaux et sociaux importants qui est un outil important pour la mise en œuvre d’une gestion durable des opérations minières de la société.

Un autre point fort de l’audit interne est l’examen de toutes les activités de la Société.

Cela a permis aux clients employés et dirigeants de la SNPT ainsi qu’à la Société Civile et aux autorités gouvernementales de mieux connaître les impacts environnementaux et sociaux des opérations menées ainsi que la gestion actuelle des impacts.

L’audit a proposé des actions d’atténuation des impacts à travers l’élaboration d’un plan de gestion environnementale et sociale, avec des mesures correctives, délai et responsabilité de la mise en œuvre.

A en croire le rapport d’audit, on note une analyse chimique complète des échantillons de boues phosphatées qui indique que ces déchets contiennent des teneurs élevées en éléments trace métalliques.

Il rend compte des visites de terrain des sites de la SNPT. Celles-ci concluent que l’extraction des phosphates à la mine à ciel ouvert de Kpogamé affecte les nappes souterraines.

Les impacts de l’accumulation d’eau dans la mine sont significatifs, requérant un plan de gestion efficace.

Le déboisement qui résulte des activités de découverture et d’extraction du minerai augmente le risque de dégradation de la biodiversité (faune et flore locales)

La mine à ciel ouvert de Dagbati, avec ses deux fronts actifs, n’a pas de clôture, ce qui permet aux populations riveraines de circuler librement durant les travaux, les exposants ainsi à des risques considérables pour leur sécurité (accidents liés aux engins de la mine).

Il n’existe pas de panneaux de signalisation dans le périmètre de la mine.

Les eaux de pluie et celles de l’affleurement de la nappe sont canalisées et pompées vers une fosse creusées à l’extérieur de la carrière et /ou vers une fosse creusée à l’extérieur de la carrière et / ou vers un canal débouchant dans la nature.

Cela représente un sérieux risque de contamination des nappes souterraines, des eaux de surface et des sols par des métaux lourds présents dans le gisement.

Le risque d’impact négatif sur la faune et la flore aquatiques est aussi élevé.

A zéglé et Nyita , il est noté une absence des terrains agricoles dans le plan de réinstallation pour que les agriculteurs continuent leur activité économique dans des bonnes conditions- l’espace réservé pour le cimetière est utilisé pour le maraichage à défaut de terres cultivables disponibles ;l’absence d’un collège pour leurs enfants ;il n’existe pas de structure de soins ni de culte religieux dans le village ;le village ne dispose pas de structures sanitaires relatives à l’assainissement urbain et aux installations du bâtiment propres à l’hygiène ;la mine n’emploie qu’un seul habitant de Zéglé «  Globalement , la population n’est pas satisfaite de la mise en œuvre des mesures de réinstallation proposées par la SNPT pour leurs villages car les engagements n’ont pas été respectés et/ou ont pris un retard significatif pour leur exécution »

Et d’ajouter que 36ans après la réinstallation du village, la population souffre encore du manque d’infrastructures de base et de terres propices à l’agriculture.

Le non-respect des engagements pris par la société lors du déplacement du village est une source de tension entre la population locale et la SNPT.

Kofi Meser

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