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Qu’est-ce qui fait un bon cacao ? Les explications de Komi Agbokou, Promoteur de CHOCO TOGO

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Komi Agbokou, Promoteur de CHOCO TOGO en action avec des cacaoculteurs

Ces quatre dernières années, les efforts du Togo en termes d’exportation de Cacao se sont montrés concluants. C’est ainsi que, pour le compte de la campagne 2018- 2019, il a été enregistré un total de 7 200 tonnes de cacao exportés, contre 4 400 tonnes pour la campagne 2017-2018.

Ces données compilées quand bien même intéressantes, cachent l’existence d’un réel problème de démarche de qualité durable qui se pose au niveau des producteurs de cacao au Togo. Une donnée qui est diversement appréciée que l’on soit producteur, exportateur ou encore transformateur.

Détermination de la qualité, les variables de choix

En effet, pour les producteurs, la qualité du cacao repose surtout sur sa productivité, sur les coûts de production et sur la sensibilité du cacaoyer aux maladies et aux attaques d’insectes.

Pour l’exportateur, la qualité prend en compte d’autres valeurs. Il s’agit notamment de la teneur en eau des fèves, leur taille (grainage), leur couleur et leur odeur. Outre ces données, la présence de moisissures ou d’attaque d’insectes, les quantités disponibles et leur régularité ainsi que la qualité sanitaire du cacao sont autant de données qui permettent l’appréciation du cacao sur les marchés.

Le transformateur, quant à lui, s’intéresse non seulement aux mêmes critères que l’exportateur, mais aussi à la stabilité des caractéristiques. À ces dernières vient s’ajouter le potentiel aromatique, la teneur en beurre, la teneur en coque, l’origine du cacao et son image historique ou culturelle.

Le consommateur, enfin, est attentif à la qualité organoleptique, à la sûreté sanitaire, à la marque, à d’éventuels labels (bio, équitable…). Mais ce n’est pas tout, puisqu’avant de déguster une barre de chocolat, le consommateur s’intéresse également à l’origine et à l’image historique ou culturelle qu’elle véhicule de même qu’ à la stabilité des caractéristiques.

Ceci démontre qu’en dehors du prix qui demeure un souci commun à tous, pour beaucoup d’acteurs, la qualité gustative n’est pas un critère déterminant, notamment ceux présents au début de la chaîne de production.

La qualité, plus qu’une question de critères, une démarche humaine

Comprendre le cacao et ce qui fait sa qualité demeure tout de même un exercice délicat.

Pour ce faire, Vert-Togo a interrogé l’un des acteurs les plus engagés dans la promotion de cette filière. L’un des pionniers et “roi du chocolat au  Togo”, Komi Agbokou.

À en croire le promoteur  de Choco Togo, lorsque le prix du cacao n’est pas comparable aux efforts investis dans sa culture, l’activité agricole est reléguée au second plan par les cacaoculteurs.

Et c’est ce qui arrivait souvent à l’époque où le cacao n’était pas transformé au Togo et que la plupart des cacaoculteurs ne savaient pas à quoi servait le produit qu’ils cultivaient et qu’ils revendaient aux occidentaux.

« Il faut savoir que le prix n’est pas déterminé par les cacaoculteurs , mais plutôt par les acheteurs. Du coup, la démarche qualité commencerait à partir du moment où les cacaoculteurs  transforment eux même leur cacao, et qu’ils en consomment. », a-t-il confié à Vert-Togo.

Avant d’ajouter «  Les cacaoculteurs vont améliorer la qualité quand ils sentiront qu’ils sont valorisés dans la chaîne de valeur. La  plupart des paysans ne sont pas prêts à vendre le cacao quand il est bien séché. Tout simplement parce que, quand c’est humide cela pèse plus. Ceci agit également  sur la qualité, et après cela les exportateurs pèsent à nouveau et réduisent  également le prix.  Pareil pour les consommateurs et enfin de compte, c’est le paysan qui ne gagne plus rien. »

C’est d’ailleurs pour cette raison que depuis ces 5 dernières années déjà, Choco Togo s’est engagé dans une démarche qui non seulement, vise à valoriser le cacaoculteur togolais, mais également, donner plus de valeur à leur produit.

Ainsi, au niveau de l’entreprise Choco-Togo, la qualité des produits Cacao est influencée par le choix des Coopératives des Cacaoculteurs qui respectent la protection de la nature.

“Pour assurer la qualité des fèves des cacao, nous ne travaillons uniquement qu’avec des unions de coopératives qui respectent les bonnes pratiques agricoles et qui produisent des “Cacao Bio”. Nous sommes dans la production avec la Fédération des unions des producteurs de Café et Cacao et nous nous assurons que les producteurs puissent respecter les bonnes règles de certification.”, a expliqué Diabangouaya Delia, Responsable Qualité de Choco Togo.

Et de préciser “Nous disposons des certificats d’analyse au niveau de l’Unité Technique de Café et Cacao (UTCC), de la représentation de l’Institut togolais de recherche agronomique (l’ITRA) qui certifie que le cacao est de bonne qualité à la réception. Nous demandons des analyses pour vérifier que les résultats des coopératives sont conformes à celle des fèves reçues. Au niveau de la matière première, ce sont plusieurs étapes qui sont respectées pour nous assurer que nous recevons du cacao de bonne qualité. D’où la traçabilité au niveau des fèves étant donné que nous connaissons les coopératives avec lesquelles nous travaillons.”

Il faut noter que le ministre en charge de l’Agriculture, Monsieur , Noël Bataka lors du lancement de la campagne 2019- 2020 de commercialisation du café et du cacao en octobre dernier à Kpalimé, a exhorté les acteurs de la filière à travailler davantage sur la qualité des productions pour se positionner sur les marchés et gagner un différentiel de prix.

Hector N.

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