Togo : le phénomène de la dégradation touche 4,14% des terres chaque année

La dégradation des sols affecte un cinquième de la superficie des terres de la planète et la vie d’un milliard de personnes. Des données qui parlent d’eux même.

Entre 2000 et 2015, 20% de la superficie totale des terres de la planète ont subi des dégradations, conduisant à une perte significative de services essentiels au bien-être de l’humanité.

Cette estimation est relativement prudente au vu des sous-indicateurs latents, qui représentent trois variables seulement : les changements dans la couverture terrestre, la productivité des terres et le carbone organique des sols. Dans toutes les régions, excepté en Europe et Amérique du Nord et en Afrique du Nord et Asie de l’Ouest, 22,4% à 35,5% des terres sont dégradées, impactant directement la vie de plus d’un milliard de personnes.

Selon les chiffres avancés par le ministère de l’Environnement, au Togo chaque année 4,14% des terres au plan national succombent au phénomène de la dégradation.

Résultat 48% des terres sont dégradées, et les 52% sont en voie de dégradation. Mais, quand on parle de dégradation des terres au Togo, on pense plutôt aux régions des savanes au Nord.

Toutefois, des chercheurs ont mené des enquêtes dans le Canton d’Elavagnon et le Canton de Nyamassila, dans la Préfecture de l’Est -Mono, qui relève de la Région des Plateaux. Et là, ils ont découvert des signes avant-coureurs qui inquiètent

Les zones forestières continuent de s’amenuiser, mais à un rythme plus lent. Entre 2000 et 2015, les zones forestières, en pourcentage de la surface totale des terres, ont été réduites de 31,1% à 30,7%. Cela représente une perte de plus de 58 millions d’hectares de forêts, une étendue à peu près égale à celle du Kenya. La majorité de cette perte s’est produite dans les régions tropicales, les pertes les plus importantes se situant en Amérique latine et en Afrique subsaharienne.

Les tendances mondiales dans la couverture des terres indiquent une perte nette des habitats naturels et semi-naturels, due principalement à des activités d’origine humaine, dont la désertification, la déforestation, la mauvaise gestion des terres, l’expansion des pâturages et l’urbanisation. D’importantes diminutions ont été également observées dans la productivité des catégories de couverture terrestre qui sont restées inchangées, les prairies ayant subi les pertes les plus importantes.

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La protection des zones essentielles pour la biodiversité doit s’intensifier afin d’atteindre l’objectif fixé pour 2030. La protection des zones qui sont essentielles pour la biodiversité dans les milieux terrestres, d’eau douce et montagneux est vitale pour garantir l’utilisation durable des ressources naturelles à long terme. Alors que des progrès ont été réalisés depuis 2000 dans la protection de ces zones essentielles, le rythme de progression a diminué de manière significative depuis 2010. La proportion moyenne dans le monde des milieux d’eau douce, terrestres et montagneux essentiels pour la biodiversité couverts par des aires protégées a augmenté de plus de 10% entre 2000 et 2010.

Cependant, de 2010 à 2018, la couverture a augmenté de seulement 2 à 3 points de pourcentage. Au rythme actuel, d’ici à 2030, moins de 50% de chaque zone essentielle pour la biodiversité seront couverts par des aires protégées au niveau mondial.

Les écosystèmes montagneux fournissent des services environnementaux essentiels, mais leur santé varie grandement entre les régions. Des écosystèmes montagneux sains sont essentiels pour la fourniture de services éco systémiques aux communautés locales et celles vivant loin des montagnes fournissent 60% à 80% de l’eau douce utilisée pour la consommation domestique, agricole et industrielle, la production de l’énergie verte et la préservation de la biodiversité. Il existe une corrélation entre la couverture verte des zones montagneuses (par des forêts, des prairies, de la végétation arbustive et des pâturages) et l’état de santé des montagnes et, par conséquent, leur capacité à remplir leur rôle écosystémique.

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Une base de référence mondiale de la couverture verte des zones montagneuses, basée sur les données de 2017, a été établie. Cette année-là, 76% des zones montagneuses mondiales étaient couvertes de végétation.

Globalement, la superficie des terres dégradées en Afrique de l’Ouest progresserait de 13% en 30 ans, soit une superficie égale à celle du Sénégal. Parmi elles, les superficies cultivables gravement dégradées progresseraient de 16%, soit une superficie supérieure à celle du Togo.

La conversion des terres forestières en surfaces agricoles, pour la culture ou l’élevage, est considérée comme la cause principale de cette déperdition. La perte de zones forestières dans quelques régions tropicales est en partie équilibrée par une augmentation des terres boisées dans de nombreuses parties d’Asie, ainsi qu’en Europe et Amérique du Nord.

Edem Kolani

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