Pour Ibrahim Thiaw, la réhabilitation des terres dégradées et la désertification doivent s’inclure dans les discussions climatiques internationales

Ibrahim Thiaw, le secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD), par le service de presse de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), s’est prononcé il y a quelques semaines sur le bien-fondé de la célébration de la Journée mondiale de la lutte  contre la désertification et la sécheresse ainsi que sur le rôle joué par la CNULD dans cette lutte.

À en croire le secrétaire, il faudrait davantage intégrer la réhabilitation des terres dégradées et la désertification dans les discussions climatiques internationales.

« C’est absolument essentiel. C’est déjà le cas d’une manière indirecte lorsqu’on parle des forêts. Les forêts sont, en effet, très présentes dans les négociations climatiques. Mais c’est vu simplement sous l’angle des « forêts tropicales ». Il faudrait donc élargir cette discussion. Il y a jusqu’à  40% de la surface de la terre qui est frappée par la désertification et la dégradation des terres. Cela veut dire qu’il existe potentiellement un espace de stockage énorme pour le carbone. » Indique-t-il.

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Avant d’arborer « Lorsqu’on restaure les espaces dégradés, cela induit moins de pression sur les forêts, puisqu’on redistribue l’activité humaine sur une zone beaucoup plus large. C’est pourquoi il est absolument essentiel que dans les négociations climatiques, l’on intègre les éléments liés aux zones forestières ouvertes, aux espaces plus ouverts que les zones et forêts humides denses. »

Et de préciser « Ceux-ci font l’objet de discussions dans le cadre du projet de Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (Redd+) par exemple. D’ailleurs, il faudrait également travailler à la conservation des mangroves qui sont dans les zones côtières. »

En d’autres termes, selon lui, c’est un phénomène qui est intégré. Les négociations sont bien sûr séparées, parce qu’on a trois Conventions. Mais les activités doivent être complètement intégrées.

« Ce sont les mêmes États, les mêmes Parties, les mêmes peuples. C’est la même planète, donc on ne peut pas se borner à l’ignorer. Il faut absolument qu’on puisse travailler de manière au synergique. » Martèle t-il.

S’exprimant ainsi Ibrahim Thiaw n’a pas passé sous silence les actions de la CNULD pour accompagner les populations en matière de lutte contre la désertification.

« En tant que Convention, nous aidons les États à établir des politiques adaptées, à revoir le concept de développement. Nous aidons aussi les Etats Parties à développer des programmes. La structure du « mécanisme mondial » au sein de la Convention fait de la CNULD une institution unique par rapport aux deux autres Conventions de Rio.

Il faut noter que la Convention des Nation unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) a pour ambition et mission d’apporter un appui technique aux États, mais la mise en œuvre se fait par les États eux-mêmes, les ONG, les institutions et les autorités locales, les élus locaux, etc. Ou par une assistance internationale telle que celle que peuvent apporter les Nations unies.

Elle effectue également un travail d’accompagnement, de soutien, afin d’aider les États à avoir accès aux fonds globaux, mais surtout pour les aider à développer leur propre politique de développement, avec leur propre budget, pour inverser la tendance, pour véritablement valoriser leur propre capital.

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