87% des producteurs togolais utilisent des pesticides

87% des producteurs togolais interrogés par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau utilisent des pesticides ou des engrais chimiques. En ce qui concerne les pesticides, le gouvernement togolais a établi une liste  de produits dit homologués par l’État, les seuls dont la commercialisation est autorisée dans le pays.

Mais en réalité, comme les frontières avec le Ghana sont poreuses, les producteurs observent une forte importation de pesticides non homologués.

« Chaque jour des camions en provenance du Ghana viennent et déversent leurs produits sur nos marchés » explique le président du CCD de Cinkassé.

Nonobstant, les contrôles, ces produits continuent d’affluer sur les marchés faute à la corruption des douaniers, qui laissent entrer les marchandises illégalement.

Ces produits dits « tout-venants » sont considérés comme une menace dans la mesure où ils n’ont pas été testés par les laboratoires de L’État, et leurs conditions de conservation et de commercialisation ne sont pas optimales.

Par ailleurs, la même source nous révèle que les produits homologués tout comme ceux non homologués constituent une menace car  tous deux importés illégalement.

Selon plusieurs spécialistes de l’environnement, les produits appartenant à la liste des produits autorisés au Togo n’y figurent que parce que le Togo a des contrats avec les entreprises les produisant, mais ils ne sont en réalité pas moins dangereux ou moins toxiques que les produits non homologués car composés de la même molécule.

Avant la liste officielle, les producteurs allaient eux-mêmes s’approvisionner au Ghana illégalement indique la même source .

Les DPE étaient chargés de sensibiliser sur les méfaits des pesticides qui étaient alors très peu utilisés.

À présent, il est impossible pour les DPE de lutter et de sensibiliser sur les méfaits des produits puisqu’ils sont désormais commandés et même conseillés par le Ministère de l’Agriculture.

« L’utilisation des herbicides cause des maladies, alors pourquoi le Gouvernement laisse la vente de ces produits sur le marché ? »  Se questionne un producteur du village de Dédéké-kpoglo (canton de Tsévié , préfecture du Zio)

Selon les dits  producteurs interrogés, les engrais chimiques sont coûteux, peu accessibles pas toujours livrés dans les temps. Pour compenser la pauvreté de leurs terres, ils sont contraints d’en utiliser de plus en plus augmentant encore leur coût en intrants.
La plupart d’entre eux ont confié qu’ils avaient constaté un épuisement des sols au fil du temps. « Nous observons un épuisement des sols : au fil des productions, il faut doubler l’engrais »  explique une productrice de Floute (canton d’Ataloté, préfecture de kéran)

Face à ces menaces, il y a manifestement un manque de volonté de la part de L’État de développer des alternatives durables aux produits chimiques.

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