Togo : Les  plantations monoculture,  des dangers pour l’environnement et les communautés selon  Les Amis de la Terre

La monoculture , le système de culture sur une seule espèce de plante à la fois, souvent dans des champs qui s’étendent à perte de vue généralement productive présente  d’énormes impacts environnementaux.

En conférence de presse en fin de semaine à Lomé , l’ONG les Amis de la Terre Afrique et celui du Togo  après une réunion stratégique de deux jours sur la Table Ronde sur  l’Huile de Palme Durable et l’Expansion des Plantations Industrielles en Afrique, ont  indiqué  que  la certification des Entreprises de Palmeraies Industrielles  est une  fausse solution aux crises climatiques.

A en croire les activistes écolo,  ce  système de certification  continue à autoriser la destruction des forêts et la destruction de la biodiversité en Afrique et ainsi de la dégradation de l’environnement.

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Dans leur déclaration liminaire au cours de la conférence de presse, ils laissent entendre que la certification RSPO et d’autres initiatives d’expansion des produits agricoles sont de fausses solutions pour la conservation des forêts et de la biodiversité et continuent de contribuer aux crises climatiques à travers le continent, au taux croissant d’accaparement de terres et de déforestation pour l’expansion des produits agricoles, en particulier les plantations de palmiers à huile en Afrique.

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«  Nous plaidons contre les actions de lavage écologique de la RSPO en Afrique, avec des preuves qui montrent que la certification RSPO n’est pas durable et n’est pas une solution. », lit-on.

Et au chargé de Programmes des  Amis de la Terre Togo, M. Kwoami Dodzi Kpondzo de marteler  «  Nous croyons fortement que les plantations monoculture sont des dangers et  ont des impacts négatifs sur les communautés et sur l’environnement. Ils sont à la fois à  origine de l’accaparement des terres, des déplacements des communautés, de la perte des terres arables qui sont propices à  l’agro écologie. Pour mettre  fin à ces pratiques agricoles, nous appelons aux autorités et aux gouvernants à adopter  la gestion communautaire des forets. Nous avons besoin de l’agro écologie et donc des activités vont continuer dans ce sens. Nous allons informer les populations togolaises  sur la gestion communautaire des forets. Car il est temps que les agriculteurs puissent vivre de leurs productions. »

La Certification  RSPO a échoué à assurer une conformité adéquate à sa norme malgré l’adoption d’une nouvelle norme plus élevée pour la production d’huile de palme.

Les membres de l’ONG Les Amis de la Terre Afrique dénoncent  l’affirmation des RSPO de mettre fin à l’empreinte de déforestation de leurs entreprises certifiées de palmiers à huile en Afrique et au-delà, car de vastes zones de forêts et de terres agricoles communales continuent d’être une attraction majeure pour l’expansion des plantations de palmiers à huile par les entreprises privées.

Un grave danger pour les gens et la planète

Une dénonciation de l’ONG les Amis de la Terre Afrique est également faite par rapport à la répression, la coercition, l’intimidation et la violence accrues contre les défenseurs des droits de l’homme, les militants des droits communautaires et les femmes dans les différentes communautés et paysages qui accueillent ces sociétés de plantation de palmiers à huile et autres sociétés agroalimentaires en Afrique. Ils rejettent  le modèle agro-industriel capitaliste actuel qui s’épanouit sur le patriarcat et l’injustice de genre.

Et font plutôt  appel à un engagement concret soutenu par des législations strictes qui ne peuvent pas être corrompues, et non des mécanismes volontaires basés sur le marché qui manquent de volonté politique pour réguler le marché et les entreprises du palmier à huile.

La certification RSPO a conduit à une plus grande ruée vers les terres et les ressources en Afrique, sans que l’on s’attaque aux causes profondes de la déforestation et de l’accaparement des terres, associées à l’expansion des plantations de palmiers à huile sur tout le continent.

Le principe de prospérité de la RSPO est axé sur la réalisation de profits sur les personnes et les communautés qui les accueillent sans respecter strictement les droits humains et environnementaux dans les pays où elle opère.

Elle cause la violence et la répression qui se produisent lorsque les communautés s’opposent à l’accaparement des terres par les entreprises, à la violence sexuelle et au harcèlement des femmes dans et autour des plantations, au travail des enfants et à la violation des droits des travailleurs et à l’exposition aux conditions de travail dangereuses.

Par ailleurs, il est observé également la  pollution des sources d’eau due à la dépendance excessive aux produits agrochimiques a des conséquences environnementales sur les ruisseaux, les rivières, les terres agricoles et les mangroves forestières.

Des solutions envisagées

La certification fait  la promotion des profits sur les gens.  Pour renverser cette situation il faut mettre  la gestion des forêts entre les mains des communautés par le biais d’une méthode durable de gestion communautaire des forêts .  Ceci est une solution pour réduire les Emissions de Gaz à Effet de Serre que l’expansion des plantations industrielles ne parvient pas à résoudre a estimé  Rita Uwaka, Coordinatrice, Forest & Biodiversity Program, FoEAfrique.

Pour Mensah Cyril, Chargée de programme Forêt et biodiversité, Togo, le RSPO est en fait un outil de lavage écologique.

«  Ces entreprises utilisent RSPO pour exploiter leurs activités, détruire des forêts, prendre possession de terres et surtout faire de gros profits au détriment des communautés privées de leurs ressources.” Estime t-il.

Fort de ce constat , les Amis de la Terre Afrique, en plus de dénoncer ,  rejettent   le système de certification RSPO, qui n’est rien d’autre qu’un écran de fumée et encourage les entreprises à faire plus de profits au détriment des communautés dont les terres sont prises.

Un appel est lancé à l’endroit des  gouvernements à rejeter ce modèle économique de structures en prenant des mesures et des actions législatives pour arrêter le bazar de la terre en arrêtant les nouvelles concessions aux sociétés transnationales qui font pression au nom des opportunités de développement.

La société civile Africaine demande aux gouvernements de prendre des mesures qui contribuent à : renforcer et respecter les droits des communautés locales en faisant passer les gens avant les profits ; promouvoir l’agro écologie et le contrôle communautaire de leurs forêts par le biais de la gestion communautaire des forêts, qui soutient les moyens de subsistance et les efforts de conservation de l’environnement et des écosystèmes.

Edem K.

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