Togo : 7 milliards de FCFA pour mesurer  la pollution de l’air à Lomé

L’information nous la tenons de nos confrères du monde.fr qui dans un  dossier sur la  pollution de l’air dans l’Afrique de l’ouest cite Hazou Abi, le  directeur de l’information et du suivi de l’environnement à Lomé,  qui veut obtenir  plus de fonds pour pouvoir instaurer un réseau de mesure de la pollution dans la capitale togolaise .

« Le plan que nous aimerions mettre en place nous coûterait 7 milliards de francs CFA [environ 10,7 millions d’euros] », indique-t-il au journal français.

Le Directeur ajoute que les capteurs nécessaires pour mesurer les niveaux de pollution coûtent entre 5 000 et 30 000 euros en moyenne et peuvent atteindre jusqu’à 100 000 euros pour les plus performants.

En effet une enquête au Togo révèle des disparités dans les politiques de lutte contre le phénomène. La lutte n’a donc pas le même visage lorsqu’on est à Cotonou, Lomé ou à Niamey. Dans ces villes, la pollution de l’air sévit et de très bonnes lois pour y lutter contre existent. Mais elles ne sont pas toutes respectées à la lettre.

Ces pays francophones disposent, chacun, d’une loi sur l’environnement. Les textes, dans leur ensemble, encouragent une lutte farouche contre la pollution de l’air.

La loi du Togo stipule en son article 5 que : « Le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais découlant des actions préventives contre la pollution, ainsi que des mesures de lutte contre celle-ci, y compris la remise en l’état des sites pollués, sont supportés par le pollueur».

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A en croire l’article 108 de cette loi « toute personne qui produit ou détient des déchets dans des conditions à produire des effets nocifs sur le sol, la flore ou la faune, à dégrader les paysages, à polluer l’air ou les eaux, à engendrer des odeurs et d’une façon générale à porter atteinte à la santé de l’homme, des animaux domestiques et à l’environnement, est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer l’élimination ».

Il est à noter que la plupart des pays en Afrique de l’Ouest ne disposent pas de données précises sur la qualité de l’air.  Ce manque de données ne fait que accroître  les décès prématurés, ceux-ci  liés aux particules fines qui  sont en hausse.

Et pourtant si rien n’est fait, l’Afrique pourrait représenter la moitié des émissions de pollution dans le monde d’ici à 2030.

Par ailleurs, l’Afrique  subsaharienne subit une pollution croissante, renforcée par une démographie et une densité urbaine accrues.

 En même temps, les risques sanitaires et épidémiologiques liés à la détérioration de la qualité de l’air augmentent.

 Entre 1990 et 2013, les décès prématurés causés par la pollution atmosphérique ont ainsi connu une hausse de 36 % en Afrique, selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée en 2016.

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Il faut préciser que   les initiatives se multiplient pour mesurer la pollution dans les grandes villes ouest-africaines.

Lancé en juin 2016, le programme européen Dacciwa qui  fait parti de  l’une de ces initiatives ,  intègre des chercheurs africains, et  se penche  sur une zone couvrant quatre pays de la sous-région.  Durant deux mois, des études de terrain à Abidjan, Accra, Lomé et Cotonou, couplées à des observations satellitaires, ont permis de préciser les sources de pollution.

 Les  5 sources majeures de la pollution dans les grandes villes d’Afrique de l’ouest

Aujourd’hui, la plupart des chercheurs s’accordent à identifier cinq sources majeures de pollution dans les grandes villes d’Afrique de l’Ouest : la combustion de bois pour la cuisson des aliments et le brûlage des déchets à ciel ouvert sont de plus en plus pointés du doigt pour leurs fortes concentrations de particules fines ; et le trafic routier, les industries agroalimentaires et chimiques, sans oublier les poussières de sable du Sahara transportées par les vents à travers la zone sahélienne, accentuent le phénomène, surtout pendant la saison sèche.

Au Togo,  un arsenal de textes  réglementent  la chasse, une activité qui constitue la principale cause des feux de brousse source de pollution, et la coupe de bois ,car les arbres jouent un grand rôle dans l’équilibre atmosphérique en absorbant du gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène.

Cependant beaucoup  de riverains n’ont aucune idée de ses textes et continuent par abattre allègrement  les arbres  et à faire des feux de brousse contribuant par ricochet à la pollution de  l’air. Ces mesures de la qualité de l’air sont cruciales pour pouvoir élaborer des politiques adaptées. Or les données existantes sont encore trop peu nombreuses et souvent trop imprécises pour évaluer l’ampleur de la pollution sur le continent.

Des solutions envisageables

La sensibilisation des populations par rapport à leurs pratiques s’impose.  Une cible par exemple qui peut être sensibilisée par exemple , on peut citer, les fumeuses de poissons , beaucoup d’entre elles  ignorent la dangerosité de leur activité, aller vers les conducteurs de vieux engins et les taxis motos . Les idées ne manquent pas  ajoute le confrère du monde  proposant : de construire des routes, renouveler le parc automobile, piétonniser les voies, proposer des solutions de transports en commun plus performantes, faire évoluer les représentations des risques liés à la pollution…

Pour information, à  Paris en France , lors du séminaire organisé par le Guapo, le représentant de la Commission de la Cédéao a promis une rencontre avec les ministres de l’environnement de la zone, en février 2020 afin de lancer  une étude de faisabilité, pour un an, dans cinq villes de la région. Cela  permettra de préparer un projet de surveillance de la qualité de l’air au niveau régional.

kOFI MESER

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