Accueil Actualité Quel rôle pour les jeunes dans la pandémie COVID-19?

Quel rôle pour les jeunes dans la pandémie COVID-19?

328
0

Depuis le 12 mars, date à laquelle le gouvernement du Québec a interdit les rassemblements de plus de 250 personnes, notre monde a été chamboulé. L’Observatoire jeunesse d’Oxfam-Québec (OJOQ), comité consultatif composé de 17 jeunes de 16 à 35 ans, est préoccupé par le peu de place accordée aux  jeunes depuis le début de la pandémie.

Cette lettre ouverte a pour objectif de sensibiliser les leaders politiques à la réalité des jeunes et aux inégalités croissantes qui en découlent, tant pour les jeunes du Québec que pour celles et ceux qui vivent dans les pays en développement.

Des impacts multiples sur les jeunes

La pandémie a des impacts sociaux, économiques et psychologiques particuliers sur les jeunes, qui représentent plus du quart de la population mondiale. En tant que groupe hétérogène – origines, croyances, orientations sexuelles, classes sociales diverses – la pandémie les affecte de différentes façons.

Toutes et tous sont touchés par la crise de la COVID-19 et leur degré de vulnérabilité dépend de leur identité et d’une combinaison de facteurs plus ou moins aggravants. Pensons aux jeunes autochtones, qui vivent dans des communautés où les infrastructures de santé sont déficientes et où la pénurie de logements empêche l’application des mesures de distanciation physique et d’hygiène, ou encore aux jeunes femmes, plus exposées au virus, puisqu’elles sont surreprésentées dans le domaine de la santé et des services sociaux.

Même si le virus cause moins de complications de santé chez les jeunes, des impacts sociaux importants se profilent à long terme. D’abord, la fermeture des écoles a un impact disproportionné sur les jeunes à risque de décrochage. On observe également un recul de l’accès à l’éducation pour les filles. De plus, dans plusieurs communautés défavorisées, les jeunes dépendent du milieu scolaire pour assurer leur sécurité alimentaire. Confinés, ils et elles sont également plus à risque de violence domestique, ce qui peut avoir d’importantes répercussions sur leur développement. À cela s’ajoute qu’une grande partie des services sociaux pour la jeunesse ont été réduits ou arrêtés, laissant plusieurs jeunes vulnérables sans ressources.

La COVID-19 a aussi des impacts économiques importants sur les jeunes, qui sont surreprésentés dans les emplois précaires et à basse rémunération. En effet, les trois quarts des jeunes à l’emploi dans le monde travaillent dans l’économie informelle et le taux de chômage des jeunes est trois fois plus élevé que celui des adultes. Les jeunes sont également surreprésentés dans les emplois du secteur des services, durement touché par les contraintes associées aux normes strictes d’hygiène et de distanciation sociale.

La pandémie a également des impacts psychologiques, qui croissent avec la multiplication des crises au fil des ans (ex. crise financière de 2008) : on note  une angoisse grandissante par rapport au futur, laquelle se traduit notamment par une baisse du taux de fertilité. Cette crise est différente des précédentes : la jeunesse est parfois dépeinte comme insouciante et responsable d’une propagation accrue de la COVID-19. Cette perception contribue à une désolidarisation des jeunes face au reste de la société, principalement envers les générations précédentes.

Les jeunes comme vecteurs de changements

La jeunesse s’est mobilisée de multiples façons partout sur la planète depuis le début de la pandémie : il est crucial de souligner sa participation dans la lutte et de rappeler que les jeunes sont avant tout des vecteurs de changements plutôt que de contagion.

Sur le continent africain, les activités de la jeunesse pour limiter la propagation de la COVID-19 se multiplient, et souvent bénévolement. Au Togo, au Sénégal et au Cameroun, la jeunesse contribue aux  efforts de prévention en fabriquant des produits d’hygiène pour le grand public et du matériel technologique pour les spécialistes de la santé.

Au Québec, celles et ceux qui travaillent en santé s’efforcent de mettre la main à la pâte. Or, ce groupe est parmi les derniers à être sollicité en renfort. Lors d’un entretien avec l’OJOQ, des jeunes bénévoles du quartier Saint-Michel, à Montréal, ont expliqué comment ils s’organisent, avec l’appui du Forum jeunesse de Saint-Michel, pour préparer des paniers de denrées pour des banques alimentaires, faire l’épicerie de personnes âgées et encourager les jeunes du quartier à rester à leur domicile.

Certains, comme Laurent, gérant de restaurant, et Gloria, avocate, organisent des journées de bénévolat par l’entremise des Jeunes alliés de Moisson Montréal afin d’inciter les jeunes professionnels à participer aux efforts de lutte contre l’insécurité alimentaire. À Montréal-Nord, des jeunes distribuent des trousses d’hygiène et sensibilisent la communauté.

Également très actifs, les regroupements jeunesse, les associations étudiantes et les ailes jeunesse des partis politiques québécois et canadiens invitent à briser l’isolement et à poser des gestes concrets, comme donner du sang. Il est alors bien clair que les jeunes doivent être considérés comme une partie intégrante de la solution et non pas comme les maillons faibles de la collectivité.

L’après-COVID-19

La pandémie est également un moment pour réfléchir à l’après-COVID-19. L’arrêt presque complet  des activités économiques met en lumière l’impact de nos comportements sur notre écosystème, mais aussi de multiples inégalités. La crise sanitaire nous force à réfléchir à la viabilité du système capitaliste et à ses conséquences humaines et environnementales. La réouverture économique est une occasion à saisir pour mener une transition juste et écoresponsable, qui renforcera les capacités d’adaptation des populations. Ces derniers mois ont montré qu’avec un peu de volonté, nos gouvernements peuvent mobiliser les ressources pour affronter une crise sans précédent, ce qui donne espoir quant à nos chances d’aplanir la courbe des changements climatiques.

Le message de la jeunesse à travers le monde est donc clair : des changements concrets et immédiats sont nécessaires pour bâtir une société juste et écoresponsable. En tant que vecteurs de changements, les jeunes doivent contribuer à la réflexion pour défendre et mettre de l’avant leur vision d’un monde résilient et solidaire.

Avec l’Observatoire jeunesse d’Oxfam-Québec

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here