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Les mauvaises conditions climatiques augmentent les prix des produits agricoles au 1er semestre 2019, selon la Banque mondiale

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Vue partielle d'Albert Zeufack, Economiste en chef de la Banque mondiale

Les prix des produits agricoles, en particulier des céréales, ont augmenté au cours du premier semestre 2019, de crainte que les mauvaises conditions climatiques entraînent une baisse des récoltes dans certains grands pays producteurs, mais ils sont retombés au cours du second semestre dans un contexte d’amélioration des conditions climatiques, mais aussi de préoccupations commerciales continues. Lit-on dans la 20ème édition d’ Africa Pulse , le document semestriel de la Banque mondiale consacré à la conjoncture économique africaine présenté ce mercredi par M.  Albert Zeufack , économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique.

A en croire les données compilées par l’institution de breton Woods  dans ce rapport,  la croissance en Afrique Subsaharienne ne parvient pas à décoller en 2019, freinée par les incertitudes persistantes de l’économie mondiale y compris  les chocs climatiques.

En d’autres termes, la croissance régionale devrait atteindre 2,6 % en 2019 (0,2 point de moins que les prévisions d’avril) contre 2,5 % en 2018.

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Du côté de la demande, le PIB réel s’est affaibli en raison du ralentissement de la formation brute de capital fixe et des exportations nettes, reflétant ainsi la morosité des investisseurs dans un contexte d’incertitude politique mondiale. Du côté de l’offre, les industries manufacturières et minières ont connu un développement modeste, tandis que le secteur des services a perdu de son élan et que la croissance du secteur agricole est restée atone à cause de la sécheresse.

 À l’heure actuelle, le rapport stock-utilisation (une mesure de l’offre relativement à la demande) pour les trois principales céréales (maïs, blé et riz) se situe à un niveau élevé, et l’on peut donc en déduire que les prix des produits agricoles connaîtront probablement peu de variations en 2020.

Le rapport indique également que dans le secteur agricole en Afrique, une nouvelle intensification des tensions commerciales représente l’un des principaux risques à la baisse, qui pourrait entraîner une dépréciation des prix ou un creusement des différentiels de prix entre les pays.

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Pour les pays non riches en ressources, les prévisions de croissance sont de 4,2 % en 2019 (inférieures de 0,5 point de pourcentage aux prévisions d’avril) et de 5,0 % en 2020 et en 2021, soit des taux globalement inchangés par rapport aux prévisions d’avril.

L’accélération prévue de la croissance en 2020 suppose une stabilisation progressive des économies en difficulté et, en parallèle, une croissance toujours robuste dans les pays de l’UEMOA et dans la sous-région est africaine.

Les thématiques spécifiques de cette 20ème édition d’Africa’s Pulse sont axées sur la nécessité de réduire le fossé d’opportunités, en particulier pour les plus démunis et les femmes. La pauvreté extrême en Afrique subsaharienne, définie comme le pourcentage de personnes vivant avec moins de 1,90 USD par jour, s’est réduite pour passer de 54 % en 1990 à 41,4 % en 2015, principalement grâce à la hausse du niveau de vie entre 1995 et 2015.

Cependant, le nombre de personnes pauvres est passé de 278 millions en 1990 à 416,4 millions en 2015, la population de la région continuant de croître rapidement.

Si les pays d’Afrique subsaharienne continent de croître jusqu’en 2030 à un rythme aussi soutenu qu’entre 1998 et 2013, le taux de pauvreté pourrait tout juste s’établir à 23 % d’ici à 2030. Si aucune mesure drastique n’est prise pour stimuler la croissance, les populations pauvres d’Afrique pourraient compter pour 90 % de la population mondiale en 2030, contre 55 % en 2015.

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