L’agroforesterie est l’association d’arbres et de cultures sur une même parcelle. Une technique qui consiste à introduire des arbres fertilitaires (légumineuses, arborescentes) dans les champs individuels ou collectifs des paysans.
Ces derniers cultivent en dessous et autour de ces arbres fertilitaires qui ont la particularité d’être avec les cultures. Elle permet en cela une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un microclimat favorable à l’augmentation des rendements.
En somme, l’agroforesterie est une bonne pratique écologique, estime le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et du développement rural. D’où l’ambition aujourd’hui du gouvernement d’amener les producteurs à pratiquer les techniques d’implantation d’arbres fertilitaires dans leurs champs cultivés, de façon à résoudre durablement les problèmes nutritionnels, environnementaux et économiques qu’ils rencontrent quotidiennement. Ceci à travers sa politique de développement agricole.
Depuis 1992, souligne-t-on, plus de cinq millions (5.000.000) d’arbres plantés et trente mille (30.000) familles paysannes togolaises ont bénéficié des projets et programmes de l’Association pour la promotion des arbres fertilitaires, de l’agroforesterie et la foresterie(APAF).
Togo : Produire 500 000 plants par an, BAWA Alowignim y croit dur comme fer
Ce projet a permis, entre autres, d’augmenter des rendements et de diversifier durablement les productions vivrières pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle locale ainsi que la commercialisation des surplus de production sur les marchés locaux ; d’enrichir la biodiversité, donc renforcer la capacité de résilience du milieu ; de réguler les cycles de l’eau et améliorer ses ressources ; de lutter contre le changement climatique par la création de puits de carbone.
Un arbre fertilitaire, pointe-t-on au ministère de l’Agriculture, est un arbre dont l’activité enrichit la couche arable d’une terre, en améliorant la texture et en favorisant la structuration. Pour exercer efficacement sa fonction dans les champs, il doit être convivial, c’est-à-dire qu’il ne peut entrer en concurrence forte avec les espèces cultivées pour leurs productions domestiques ou marchandes. Les arbres fertilitaires sont principalement issus de la famille des légumineuses et plus précisément de la sous-famille des Mimosaceae.
Il est cité en exemple : Terminalia superba, Albiziaadianthifolia, Albizia ferruginea, Albizia lebbeck, Albizia zygia,Khaya grandifoliola,Erythrophleum guineensis, Samanea saman. Et le ministère de l’Agriculture de faire remarquer que : «L’agroforesterie est une arme redoutable pour lutter efficacement contre la déforestation».
Il ne tient qu’à nous de restaurer les écosystèmes afin de lutter contre les changements climatiques, sauver des espèces de l’extinction et assurer notre avenir.
Dr. Kossi Kpemoua prône l’agroforesterie, gage d’une agriculture durable
Nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre d’environ 50 % à l’horizon 2030 pour maintenir le réchauffement climatique en-deçà des 2 o C et éviter ses conséquences les plus dangereuses. Nous n’atteindrons cet objectif qu’en restaurant les écosystèmes et leurs réserves de carbone. La restauration des écosystèmes et la décarbonisation de l’économie sont deux aspects ambitieux qui doivent être abordés conjointement.
En mettant fin à la dégradation des sols et des océans, nous pouvons inverser la tendance et éviter la perte d’un million d’espèces menacées d’extinction. Les scientifiques expliquent qu’en restaurant ne serait-ce que 15 % des écosystèmes situés dans les zones prioritaires, il en résulterait une amélioration des habitats naturels, réduisant les extinctions de 60 %.
La restauration est la clé de la prospérité et du bien-être de l’humanité. Alors que la population mondiale ne cesse de croître, les écosystèmes dynamiques apportent l’eau et la nourriture ainsi que les éléments nécessaires à notre santé et notre sécurité, répondant ainsi à nos besoins actuels et futurs.
Hector N.


