Dr. Kossi Kpemoua prône l’agroforesterie, gage d’une agriculture durable

Dr. Kossi Kpemoua, Directeur scientifique de l’Institut Togolais de Recherche Agronome (ITRA) lance un appel à promouvoir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.

Selon le spécialiste en Phytopathologie et Biotechnologie végétale interrogé par Vert-Togo, une agriculture préservatrice des sols doit passer par un système agro-forestier. C’est-à-dire un système qui associe les cultures aux arbres d’ombrage.

Pourquoi ?

À en croire ses explications, l’État devrait faire la promotion de l’agroforesterie au niveau des agriculteurs. Seule condition qui puisse permettre son adoption par tous.

« Il faut qu’on pense à primer les agriculteurs qui seront désireux de pratiquer l’agroforesterie. L’agriculteur togolais étant motivé par cette pratique va s’habituer et en prendre soin. On pourrait organiser des compétitions pour encourager cette pratique. Car, montrer au paysan qu’il pratique une agriculture durable sur son sol, c’est lui montrer la voie pour l’agroforesterie », estime le scientifique.

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Ce faisant, poursuit-il, « on crée des systèmes (agricoles) plus durables, non seulement sur le plan écologique, mais aussi sur le plan économique, parce que nous apportons une diversification. » L’agroforesterie avec l’usage des essences fertilisantes préserve fortement de la dégradation des sols, précise-t-il.

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L’association de l’agriculture et de l’élevage : l’autre maillon fort méconnu

L’autre pratique que le Directeur scientifique de l’Institut Togolais de Recherche Agronome (ITRA) propose pour parvenir à une agriculture durable est l’association de l’agriculture et de l’élevage pastoral.

Cette technique permet déjà de valoriser les restes de cultures et de fertiliser les champs avec les déjections animales. Cette association élevage-cultures permet d’avoir plus d’animaux, en meilleure forme, et de fait plus de fertilisant. Le rendement de l’agriculture est ainsi augmenté.

« Si chaque agriculteur togolais peut associer l’agriculture à l’élevage de façon à ce qu’il obtienne la matière organique des animaux pour amender la parcelle, ce serait une très bonne chose. Les sous-produits, il pourra en faire des aliments pour nourrir son bétail », explique M. Kpemoua.

« Pour préserver le sol il faudrait adopter une fertilisation raisonnée avec l’usage des engrais minéraux  associés à des fertilisants organiques, tels que le fumier, le compost ; tout ce qui permet de ramener au sol son état, ou ses nutriments de base. », ajoute-t-il.

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Aujourd’hui, l’association entre culture et élevage redevient un enjeu fort, tant à l’échelle des producteurs que de la planète. En effet, repenser les complémentarités sur sa ferme, c’est favoriser une meilleure gestion de l’environnement, une maîtrise des coûts, pour une plus grande autonomie de l’agriculteur et une meilleure gestion du risque.

Enfin, au niveau de la planète, c’est expérimenter d’autres formes de production qui respectent l’Homme et l’environnement, tout en assurant un accès à l’alimentation pour toutes et tous.

Edem kolani

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