Togo/ Lacs : La proposition de Dr Napo Gnane pour mettre la communication à la gestion durable des ressources naturelles

Le Togo, et particulièrement la préfecture des Lacs, fait face depuis ces vingt dernières années, à de nombreux défis environnementaux dont la dégradation accélérée des ressources forestières. C’est au regard de cette situation que de nombreuses initiatives ont vu le jour à l’instar du programme pilote de restauration du paysage forestier (RPF) dans cette préfecture située au sud du Togo.

La mise en œuvre de ces options de restauration nécessitait l’adhésion de toutes les parties prenantes (le Ministère en charge de l’environnement et ses démembrements, les partenaires techniques et financiers du Togo, les ONG et associations, les autorités locales et traditionnelles et surtout toutes les couches socioprofessionnelles de la population des Lacs).

Cependant il est aujourd’hui établi que la gestion durable des ressources forestières dans la plupart des pays africains ne se conçoit pas sans participation populaire. Et il n’y a pas de participation populaire sans dialogue, sans partage des informations et des expériences, sans échange des savoirs et des techniques.

Accès aux ressources naturelles : Les savanes d’Afrique de l’Ouest concurrencées

L’information et la communication ont donc un rôle important à jouer dans les efforts qui visent la transformation et le développement socioéconomique, culturel et politique des pays africains. C’est cette association que l’Enseignant-chercheur à l’Université de Lomé consultant en sociologie de la communication, Docteur Gnane Napo propose pour une restauration réussie du paysage forestier dans la préfecture des Lacs.

Le Docteur en sociologie indique qu’à partir de son approche participative et des recherches qualitatives menées dans les neuf cantons de cette localité, il ressort que la population dans sa grande majorité n’est pas au courant des activités associées à cette initiative. Il relève ainsi un problème d’adhésion et d’appropriation de ce programme par tous les acteurs.

Cette réflexion se décline aussi comme une contribution à ce processus, en esquissant des orientations pour une approche de communication pouvant participer à la gestion durable des ressources naturelles dans la préfecture des Lacs.

« En effet, des actions de sensibilisation ont déjà été menées à travers des rencontres d’échanges et l’animation d’émissions radio en faveur des leaders communautaires et de la population. Des tableaux d’affichage ont été confectionnés et distribués aux chefs traditionnels des 9 cantons. », a-t-il indiqué.

Togo : Des acteurs à l’école de l’aménagement de cadre de vie et des ressources naturelles à kara

«  Mais de façon générale, il ressort de notre analyse que les leaders communautaires (chefs de canton, Comité Villageois de Développement-CVD-, Comité de Développement du Quartier-CDQ) et les administrateurs des collectivités territoriales (préfet et maire), en particulier ceux qui ont pris part aux différentes activités de cartographie participative, à l’inventaire forestier préfectoral ou aux autres initiatives des directions régionale et préfectorale du ministère en charge de l’environnement dans le cadre de ce processus de restauration des forêts, ont une bonne connaissance des problèmes environnementaux de leurs localités. », poursuit-il

A en croire la réflexion du Docteur, les leaders (préfet, maire, chefs traditionnels, CVD, CDQ) manifestent également une bonne connaissance du processus de la RPF (cartographie participative, inventaire préfectoral, évaluation des opportunités…).  Toutefois, cette connaissance n’est pas partagée par l’ensemble de la population. En effet, la population qui est majoritairement agricultrice, a des connaissances relativement acceptables des problèmes environnementaux du fait qu’elle subit ses conséquences dans leurs activités.

Toutefois  elle n’est pas très souvent au courant des activités associées au projet de la RPF dans leurs localités. Même si certains ont eu quelques informations en rapport avec cette initiative à travers une ou deux émissions à la radio ou de la part de leurs proches, l’immense majorité semble mise en marge du processus.

Ceux qui ont pris part aux activités du Pro-REDD et qui ont une certaine connaissance de l’initiative ne s’inscrivent pas toujours dans une logique de restitution systématique des informations au reste de la population.

Hector N.

- Publicité -spot_img

Laisser un commentaire

lire la suite

Articles récents