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Togo/Agriculture : Faire des exploitants familiaux, de véritables entrepreneurs agricoles

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AMENYAHO Komi chargé de programme d'appui au développement de l'Agriculture familiale à Inades-Formation

« Au Togo, environ 80 à 90% des agriculteurs sont des exploitants familiaux. », a indiqué à Vert-Togo, M. Amenyaho Komi, chargé du Programme d’appui au développement de l’Agriculture familiale à Inades-Formation.

Cependant selon lui, ces petits producteurs qui utilisent exclusivement la main d’œuvre familiale n’arrivent pas à vivre dignement de leurs activités.

Aussi, ajoute-t-il que, malgré le rôle et l’importance des agricultures familiales dans les économies africaines, les paysans, principaux artisans de cette richesse travaillent et vivent toujours dans des conditions difficiles.

« Les exploitants familiaux, ce sont des acteurs qui exploitent les parcelles de leurs aïeux. Et pour cela, ils ont un besoin des conditions nécessaires pour une plus grande productivité de l’agriculture familiale et une rémunération juste et équitable de leur travail. », martèle t-il.

« Actuellement avec Inades Formation et la CTOP, nous travaillons pour que ce monde d’agriculteurs togolais soit pris en compte par les agropoles et selon la loi d’Orientation agricole togolaise qui sera votée très bientôt. », précise-t-il.

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M. Amenyaho évoque dans le même temps des manquements vis-à-vis du projet de mise en œuvre des agropoles au Togo. Il s’agit selon lui, notamment de l’inexistence de contrats avec les acteurs agricoles en question, les difficultés d’accès aux intrants de production, aux terres dans les zones de production et surtout du problème de gestion de ces terres qui serviront d’exploitation.

A ce jour, la production agricole en Afrique est assurée principalement par les petits producteurs ou les exploitations familiales. De manière globale, ces exploitations participent pour 30 à 40% au PIB des pays africains et fournit 50 à 80% des recettes issues des produits d’exportation. Selon le rapport 2008 de la Banque mondiale, 1,5 milliards de personnes vivent sur de petites exploitations. En Afrique sub-saharienne, 80% des exploitations agricoles sont de type familial et 60% de la population active y travaille.

Les politiques imposées par le FMI et la Banque mondiale à la majorité des pays africains ont créé une dépendance structurelle en importation des produits vivriers. L’idéologie dominante imposant le développement de cultures d’exportation au détriment des productions vivrières.

Dans cette lancée, les politiques agricoles des pays africains ont été libéralisées et leurs structures d’appui au monde rural (vulgarisation, fourniture d’intrants, stockage et commercialisation, crédit, stabilisation des prix) ont été progressivement éliminées et ont laissé les petits producteurs sans défense, face aux forces du marché international. Un inversement de la tendance doit être pensé par les acteurs politiques africains afin de permettre à l’Afrique de produire de manière continue ses produits vivriers afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire tant souhaitée.

Edem Kolani

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