Les pays en développement peuvent-ils concilier croissance et environnement ?

Les pays en développement sont des pays moins développés économiquement que les pays développés. Leur produit intérieur brut (PIB) est inférieure à celui des pays développés et leur économie est moins mature et complexe.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle « pays développés » les pays à indice de développement humain (IDH) très élevé, les autres sont des « pays en développement ». Dans les pays en développement, le revenu par habitant est plus faible et l’accès aux soins et à l’éducation est limité.

Bien sûr ! Et ce sont les mieux placés pour le faire… si on les laisse faire.

Ils le peuvent déjà parce que l’on parle de développement et non de transition. Et qu’il est plus facile de penser un développement durable plutôt que de mettre en œuvre une transition multi-directionnelle contraignante. D’autant plus facile quand on n’a pas vraiment le choix et que l’on part d’une copie presque blanche…

Ils le peuvent parce que l’innovation et les technologies actuelles permettent justement de concilier l’un et l’autre, ainsi que les instruments financiers internationaux qui flèchent les fonds vers des investissements verts, responsables, à moindre impact sur la biodiversité et le climat. C’est ce qui permet à un certain nombre de pays, notamment au continent africain, de réaliser des « leapfrogs » qui permettent de sauter une étape technologique.

Ainsi, inutile de passer par la téléphonie filaire, la téléphonie mobile s’installe directement, développant plus aisément les nouveaux usages et habitudes en matière de désintermédiation comme dans le mobile banking.

De la même manière, inutile de penser l’électrification de l’Afrique comme pour l’Europe du XXème siècle, avec de grandes unités de production énergétique toutes inter-connectées entre elles sur une plaque de cuivre géante. D’autant que pour un tel continent, ironie du sort, il n’y a plus assez de cuivre. Place donc aux énergies décentralisées, reposant notamment sur les renouvelables, pour répondre au mieux aux besoins de chaque territoire en fonction également des potentiels de ce dernier : solaire, éolien, hydraulique, etc.

Ils le peuvent parce que ces pays ont conservé un lien fort avec la nature, un sens de la résilience, une conscience de l’équilibre fragile de leurs écosystèmes et de leurs communautés, un sens de l’économie frugale propice au développement de l’économie circulaire et de l’économie symbiotique, autant de notions que les pays dits développés ont perdus au cours de la seconde révolution industrielle puis du libéralisme économique.

Ils le peuvent enfin si on leur permet ce développement en payant le prix juste et responsable des matières premières, si on accepte leur industrialisation verte, le développement de leurs capacités de transformation pour une consommation locale autant que pour l’export et le développement de relations commerciales équilibrées.

Mais pour cela, il faut changer les habitudes du consommateur occidental et que nos gouvernements pensent le principe d’une souveraineté soutenable, équitable et pleinement réciproque.

Pierre Samuel Guedj

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