Togo/ Érosion du littoral : À quand la délocalisation du village de Doevi Copé?

Les dégâts causés par l’érosion côtière dans le village de Doévi Kopé à Baguida, situé à 10 km du centre-ville de Lomé (capitale) sont incalculables . En 2012, la mer se situait bien loin des maisons des riverains. Et la plage était verdoyante remplie de filaos et de cocotiers. Aujourd’hui ce n’est que des reliques de ces arbres que vous verrez offrant un spectacle désolant. La mer a tout avalé. Elle ne laisse rien sur son passage. Certes, jusque-là, on n’a pas enregistré des pertes en vies humaines. Mais les pertes matérielles sont énormes.

Selon Togbé Doevi , Jean Dolayi II, chef du Village de Doevi copé, la situation n’a guère changé depuis lors (outre l’avancée de la mer) et « aujourd’hui il se pourrait que la superficie du Togo qui est de 56 655 de km2 comme il est indiqué ne le soit plus.» , confie-t-il à vert-togo.com

Et de poursuivre « La première route de Lomé à Aného a été emportée par cette érosion côtière en 1974 , elle s’est accentuée par la création du troisième de Bolloré et c’est bien fondé cette estimation. »

Vue partielle de la bordure du village de Doèvi Copé

Bien que le gouvernement se penche sur ce phénomène avec le projet WACA RESIP de la Banque Mondiale, lancé tout récemment ,  le chef du village, se montre toujours soucieux de préserver les us et coutumes du village de Doévi Kopé.

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« Là où nous sommes maintenant, nous devons penser à l’avenir de nos enfants. Tous nos biens ont été perdus. Nous avons demandé au gouvernement de nous aider pour délocaliser le village à une autre partie du pays, mais depuis lors rien n’est fait. Cette mer s’en va jusqu’à emporter le corps de nos défunts proches et amis qui ont été enterrés dans des cimetières sur les rives. Après nous, la destinée et l’avenir de nos enfants seront en plein enjeu », soupire-t-il , le regard vide.

Vue partielle du village avec un puits presque dans la Mer

« En 1914 j’ai fait appel aux autorités qui se sont mobilisés pour amener certains de nos habitants aux Ceg de Baguida, ils ont été pris en charge pour un temps. Ils étaient au total 15 ménages logés pour un (1) an. L’école que nous avons actuellement est dans l’eau, il sera englouti bientôt. Il y a une petite réserve à côté et nous pensons approcher l’inspection afin qu’elle soit délocalisée. » , rajoute t-il.

Avec un air complètement blasé, il nous raconte également qu’il a adressé une lettre pour qu’on déloge le village qui est de luxolin jusqu’ à bateauvi. Deux quartiers de la ville de Baguida.

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« Notre souhait est qu’on déplace les gens sur un autre site. C’est la seule alternative étant donné que les activités du projet WACA dont nous avons connaissance est à la traîne. Alors que nous sommes des peuples autochtones de ces lieux. » conclu t-il.

Amedouki petro, son voisin, un pêcheur retraité, vit près de la mer depuis des lustres. Sa maison a été totalement ravagée par les vagues de l’océan, se contentant d’une infime partie servant de logement à ses enfants, nous raconte. « C’est l’érosion côtière qui nous menace. On a peur. C’est le problème de tout le monde. Nous avons envie de partir », nous lance-t-il.

Vue de la maison du pêcheur dévastée par la mer

Avant de nous confier «  Depuis que cette érosion côtière à commencer, notre vie est devenue rude et nous sommes obligés de vivre sur les réserves. »

Bien qu’ayant envie de quitter les lieux, le Père de famille, dit n’avoir pas l’argent nécessaire pour trouver un autre logement plus à l’intérieur des terres. Tout comme lui la plupart des habitants vivant cette situation dramatique n’ont pas les moyens de faire face à l’avancée des eaux.

Il indique qu’en plus de la dévastation des habitations, cette montée de l’eau occasionne aussi la régression de leur seule activité génératrice de revenue qui est la pêche.

« Avec la montée de l’eau, les poissons qu’on pêchait ont disparu. La construction du port de Lomé en est la véritable cause, et même la société de Nioto aussi a entraîné, la fuite de beaucoup de poissons avec la pollution des eaux. », renchérit-il.

 Togbui  Doévi II, le chef de ce village rencontré sur place, en est à son cinquième royaume. Les quatre précédents ont été tous emportés par des vagues « violentes et méchantes.»

Hector Nammangue

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