Recrudescence des Inondations en Afrique

En Afrique les inondations, s’expliquent par un combo de facteurs négatifs qui tiennent à la fois aux conditions naturelles des sols (topographie, composition et caractéristiques), aux déficits infrastructurels (canalisations, réservoirs, etc.), à l’urbanisation galopante (étalement anarchique des villes), à l’incivisme des populations (mésusage des réseaux) et à une insuffisante prospective urbaine ( manque de vision du devenir des villes au regard des contraintes multiples, actualisation défaillante des plans directeurs de développement urbain).

De fait, dans un contexte incertain où l’on constate des débuts tardifs et des fins précoces de pluies tombées intensément sur des sols saturés et si l’on rencontre par surcroît un ou plusieurs d’entre les facteurs sus-évoques, l’inondation est inévitable.

Peut-on, dans ce contexte espérer des lendemains meilleurs ?

Selon mon opinion, on peut, au mieux des cas, tendre vers une situation améliorée, mais cela nécessite un certain nombre de préalables qui commencent avec une réelle volonté politique. Il faudrait à mon avis, (i) commencer par prendre conscience de la notion de « risque » à l’heure des changements climatiques et (ii) mettre en réseau les services climatologiques avec ceux de l’urbanisme et de l’aménagement pour trouver des solutions durables au devenir des villes dans une logique de prospective urbaine. Cela favorise une meilleure cartographie des zones sensibles et des processus d’information et de correction actifs, donc permet de stimuler la résilience.

Il faudrait également (iii) changer d’approche dans le traitement des eaux de pluie en faisant le constat des insuffisances du « tout-tuyau » au profit de solutions fondées sur la nature. En clair, il s’agit d’opter au moins pour des approches multifonctionnelles de la gestion des eaux de pluies, en y associant toutes formes d’aménagements végétalisés qui restent en général plus économiques.

Le plus à craindre aujourd’hui, c’est assurément le laxisme. Le réchauffementclimatique étant une donnée, il n’est étranger à personne que les vagues de chaleur et autres phénomènes climatiques extrêmes et dévastateurs vont s’accentuer de plus en plus. Il serait dommage d’être pris par surprise, comme à Liège, l’été 2021, où des inondations ravageuses et meurtrières ont fait leur retour cent ans après, alors qu’elles n’étaient plus attendues. La grande leçon est surtout à tirer par les décideurs. Il leur faut entendre un autre son de cloche et « prévenir les risques ».

Par Beau grain Doumongue

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