Transhumance au Togo : les organisations paysannes et de producteurs agricoles en conclave à Lomé ce jeudi

Le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), le Réseau Billital Maroobé (RBM) et l’Association pour la Promotion de l’Elevage au Sahel et en Savane (APESS) à travers la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) ont organisé ce jeudi 16 décembre 2021 à Lomé avec l’appui de CARE, Hub Rural et SNV, un atelier national de restitution des résultats de l’étude sur la perception de la transhumance, du convoyage commercial, du traitement des conflits et de la contribution socioéconomique de la mobilité pastorale dans les pays côtiers notamment le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Togo dans le cadre du Projet régional de dialogue pour la transhumance en Afrique de l’Ouest (PRODIATA).

Un atelier pour contribuer à l’accroissement des connaissances des différents acteurs du secteur

Selon les organisateurs, l’objectif poursuivi par cet atelier est de contribuer à l’accroissement des connaissances des différents acteurs impliqués dans la gestion apaisée de la transhumance et du pastoralisme sur la perception des ménages et acteurs institutionnels.

Ceci portera essentiellement sur la transhumance et le convoyage commercial à pieds des animaux, le traitement des conflits et la contribution socio-économique de la mobilité pastorale dans leurs différents pays, en vue d’une meilleure stratégie commune de plaidoyers en faveur de la mobilité pastorale au Togo, Ghana et en Côte d’ivoire.

Les acteurs se sont donc penchés sur plusieurs questions d’intérêt collectif. Les organisateurs ont donc partagé avec les participants, les résultats de l’étude réalisée au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Togo, en vue d’une meilleure connaissance de la perception des ménages et acteurs institutionnels sur la transhumance et le pastoralisme.

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Ils ont pu également recueillir leurs observations, suggestions et commentaires sur la proposition de note de plaidoyers à adresser aux décideurs pour inverser la perception négative de la mobilité pastorale dans les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest dont le Togo.
« La question de la transhumance et du convoyage commercial à pieds du bétail fait l’objet de nombreux débats entre acteurs depuis plusieurs années, tant au niveau national que sous régional, dans les pays du sahel que dans les pays côtiers.

Les Organisations paysannes  lors de la rencontre

Alors que pour les pays de départ, cette activité est vitale pour la survie du bétail, les agriculteurs et les populations des pays d’accueil la perçoivent comme une menace à la sécurité de leurs biens et à la paix sociale », a rappelé le Président du Conseil d’Administration de la CTOP.

« Le Togo comme les autres pays côtiers de l’Afrique de l’ouest constitue un pays d’accueil pour les transhumants qui viennent souvent des pays du sahel, à la recherche des ressources pastorales. L’arrivée de ces transhumants et les dégâts causés par certains, entraînent des conflits avec parfois, mort d’homme. Ce qui fait que de façon générale, on note une perception négative de la majorité des populations par rapport à la transhumance et au convoyage commercial à pieds du bétail », indique-t-il.

Transhumance transfrontalière : des conflits de plus en plus fréquents et violents ces dernières années

Depuis quelques années, les conflits liés à la transhumance transfrontalière deviennent de plus en plus fréquents et violents. Cela est dû, entre autres, à la croissance démographique au changement climatique etc. qui se répercute sur la disponibilité des ressources naturelles entrainant une forte compétition autour de celles-ci.

Cette situation impose de nouveaux modes de gouvernance de la transhumance et de la mobilité pastorale interne et transfrontalière. Apporter des réponses à ces problématiques impose de se placer dans une vision prospective afin que les multiples acteurs concernés tant dans les pays sahéliens que côtiers puissent s’engager dans la mise en œuvre d’une stratégie commune de promotion et de sécurisation de l’élevage qui s’adapte à la fois aux contextes locaux et tienne compte des enjeux régionaux.

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Au Togo, de nombreux efforts sont déployés par le gouvernement afin d’éviter des conflits et trouver des solutions apaisées. Nous pouvons citer entre autres, la mise en place des couloirs de transhumance, la mise en place d’un Comité National de Transhumance avec des démembrements dans les préfectures, la définition d’une période de transhumance entre janvier et mai de chaque année, etc.

Malheureusement, malgré ces efforts, des difficultés existent toujours, justifiant ainsi les nombreuses initiatives de concertation locale entre acteurs qui se multiplient dans le pays et les programmes qui se mettent en place pour contribuer à une transhumance apaisée au Togo et dans la sous-région.

Rappelons que le « Projet régional de dialogue pour la transhumance apaisée en Afrique de l’Ouest (PRODIATA) » vise à contribuer à long terme à faciliter une transhumance transfrontalière apaisée et améliorer la nutrition des populations côtières et pastorales. Spécifiquement, il permettra aux acteurs locaux, nationaux et régionaux de la transhumance transfrontalière de s’impliquer dans le dialogue et la bonne gouvernance des ressources et des espaces agro-sylvo-pastoraux, en vue de réduire les risques de conflits et d’améliorer la sécurité alimentaire.

La rédaction

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