Togo : « Transformer 500 villages en éco-villages d’ici 2022, c’est possible », rassure Gbétey Akpamou

Initié depuis 2014 par le gouvernement, le projet de développement des éco-villages pilote exécuté déjà dans deux villages de la région maritime : Ando-Kpomey (préfecture de l’Avé) et Donomadé (préfecture de Yoto) veut s’étendre à 500 villages. Ayant pour but d’accompagner les communautés dans l’amélioration de la gouvernance locale des ressources forestières et l’expérimentation des champs écologiques, il est financé à hauteur de près de 3 millions de dollars par le PNUD. Dans une interview accordée à notre rédaction, Gbétey Kokouvi AKPAMOU, le Directeur des Études et de la Planification du ministère en charge de l’environnement présente l’état des lieux du projet.

VERT-TOGO : pourquoi un projet d’Eco-village au Togo ?

Gbétey AKPAMOU (G.A.) : un projet d’éco-village, parce que le développement d’un pays s’effectue à la base. Les pratiques d’utilisation des terres et des ressources dans un contexte de dégradation accentué et dans un contexte de précarisation des communautés locales ainsi que dans un contexte d’accentuation des effets des changements climatiques observés au niveau des ressources sur le plan local, a fait réfléchir le gouvernement, à de meilleures stratégies de développement qui ne peuvent passer que par la transformation des modes de consommation à la base d’où la notion de transformer les villages que nous avons en Eco- villages. Les Eco-villages qui sous-entendent des pratiques durables au niveau de la base. Une stratégie de développement qui vise la transformation des villages en villages écologiques ou le bon vivre, le mieux-être sera prônée.

VERT-TOGO : quelle est la situation aujourd’hui avec les éco villages ?

G A : depuis 2014, le processus a commencé avec deux villages notamment Ando-Kpomey (préfecture de l’Avé) et Donomadé (préfecture de Yoto). C’est dans ces deux villages que l’initiative soutenue par le PNUD a démarré. Au vu des résultats positifs enregistrés par ces deux villages pilotes, nous avons trouvé pertinent d’étendre cette initiative au niveau de chaque région du Togo. Donc un diagnostic a été posé pour arrêter en 2018 à cinq (5) autres villages en plus des deux (2), qui connaissent aujourd’hui l’appui du PNUD pour une transformation en eco-village. Nous sommes donc actuellement à sept (7) villages qui suivent le processus de transformation.

VERT-TOGO : quel est l’impact de ces éco-villages sur la vie des populations à la base ?

G. A : le Projet Eco-village vise principalement trois (3) composantes, il s’agit de la gouvernance locale, la composante en question est très importante et ceci se fait au travers d’une conscientisation des populations sur un certain nombre d’aptitudes et de comportements à adopter de les organiser, de les structurer pour qu’ils soient à même de gérer des infrastructures, de mettre en place un comité de suivi et d’évaluation composé des acteurs locaux.

L’autre composante, c’est la maîtrise de l’énergie. Il s’agit de promouvoir l’usage des énergies propres, renouvelables, faire la promotion des micros centrales solaires. Le ministère de l’environnement viendra adjoindre au volet gouvernance, le volet appui et accompagnement pour les Activités Génératrices de Revenus (AGR) qui vont utiliser ces sources d’énergie et ceux de l’eau.

Ceci va nous permettre de capitaliser sur l’initiative du ministère de l’Agriculture qui a opté pour la promotion de l’agro écologie. Ceci va faire bénéficier les villages qui seront retenus dans notre objectif de toucher 500 éco-villages d’ici 2022. Nous avons également Le PNUD qui soutient financièrement ce projet. Il faut préciser que le Togo vient d’intégrer deux réseaux l’un qui est le réseau mondial des éco-villages avec le Burkina Faso, la Sierra Léone, la Gambie et le Ghana, et celui du Réseau Africain des Eco villages, des opportunités afin que le pays puisse développer des projets conjoints avec les autres pays de la sous-région et enfin de mobiliser assez de ressources pour l’atteinte des 500 éco-villages d’ici 2022.

Par ailleurs, les deux localités ont pu développer l’agriculture biologique grâce aux diverses composantes avec entre autres des centres agro écologiques avec la production de l’ananas, des agrumes, du piment, des bananes plantains, du soja, du riz. La mise en place d’infrastructures hydrauliques ont permis de drainer les villages en point d’eau potable ou l’alimentation en eau potable pour faciliter l’irrigation agricole, l’aquaculture. Les étangs piscicoles ont été empoissonnés et aménagés et les communautés ont été organisées pour développer ces activités. Des comités ont été mis en place également pour gérer à bien les infrastructures, les plates-formes multifonctionnelles. Les femmes ont été organisées pour gérer les moulins qui fonctionnent à base d’énergie solaire. Les ruches ont été fournies pour développer l’apiculture. Dans ces éco-villages, l’usage des pesticides est proscrit. Ces localités ont connu également une nette baisse des maladies hydriques.

VERT-TOGO : quelles sont les prochaines étapes de ce projet ?

La phase pilote a permis de développer un programme dont l’objectif est de développer d’ici 2022, la transformation de 500 villages en éco-villages. Cet objectif se traduit comme suit : avoir au moins 50 villages qui bénéficieront des investissements dans les deux principales composantes utilisation des énergies propres, d’une plateforme multifonctionnelle et d’une plateforme microcentrale solaire, avoir des sources d’approvisionnement d’eau potable et des aménagements en espaces hydroagricoles. Ces 50 villages vont polariser les 450 autres villages pour atteindre les 500 villages. Il sera question de rapprocher les sources d’énergie vers les villages. Cet objectif est possible, car aujourd’hui le gouvernement à travers le PND développe un certain nombre d’infrastructures énergétiques avec le nouveau programme d’énergie renouvelable avec le ministère de l’énergie.

À terme, le projet va nous permettre de faire des évaluations sur les cinq ans, évaluer les efforts pour capitaliser tout ce qui a été fait dans l’évitement de l’émission de CO2 au Togo. Car le but est de réduire l’émission des gaz à effet de serre , et cela nous permettra de rendre compte de nos engagements pris par rapport aux contributions déterminés (CDN’s) pour voir dans les 11% d’engagement non conditionnel à la réduction des CO² qu’est-ce que le pays a fait dans cet effort de réduction à travers cette initiative d’éco village et surtout si nous arrivons à mobiliser les fonds additionnels avec le fonds vert climat, de comment le pays peut rendre compte de cette réduction.

Propos recueillis par Hector Nammangue

LIRE AUSSI: L’ éco-village de Donomadé, une vraie réussite en matière d’auto-développement

- Publicité -spot_img

Laisser un commentaire

lire la suite

Articles récents