Tirer parti de la science pour adapter l’agriculture au changement climatique

La science recèle un immense potentiel pour favoriser durablement la sécurité alimentaire, grâce à des innovations qui permettent d’améliorer l’adaptation au changement climatique, de mieux gérer les ressources (terres, sols, eau) ou encore d’apporter des solutions de stockage et de transport pour réduire le gaspillage et la perte alimentaires. Lit-on  dans le rapport annuel Foresight Africa de l’Africa Growth Initiative de la Brookings Institution.

Mais pour en tirer parti, il est indispensable de transposer les apports de la science en une panoplie de solutions qui pourront être diffusées et adoptées par les agriculteurs, tant au niveau des exploitations qu’à l’échelle des paysages. Ce qui suppose de tisser des liens efficaces entre, d’une part, les organisations scientifiques internationales, régionales et nationales et, d’autre part, les agriculteurs et les systèmes de vulgarisation agricole. Il est en outre essentiel que la formulation de ces solutions associe chercheurs et agriculteurs, afin d’apporter aux enjeux locaux de résilience des réponses impulsées par la demande et nourries par les connaissances.

Les dérèglements du climat ont déjà des conséquences sur la production agricole en Afrique, qui sont appelées à s’aggraver dans l’avenir.

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Le continent a connu une période de sécheresse tous les 2,5 ans en moyenne entre 2007 et 2016, contre une fréquence de 12,5 années entre 1982 et 2006. En outre, ces épisodes sont de plus en plus intenses et prolongés, et ont pour effet de réduire la capacité de production du sol.

Les agriculteurs sont en outre exposés à d’autres risques climatiques : précipitations plus faibles et irrégulières, raccourcissement de la saison des pluies et incidence accrue des invasions parasitaires et des foyers de maladie. Des estimations prévoient une chute de près de 10 % des rendements et des volumes de production dans les dix prochaines années, parallèlement à une hausse similaire des prix alimentaires.

Les effets du changement climatique devraient globalement s’amplifier encore davantage à l’horizon 2080. Cependant, les agriculteurs qui ont adopté des techniques climato-intelligentes parviennent déjà à améliorer leur sécurité alimentaire et leur résilience.

Au Rwanda, par exemple, un projet axé sur la bonne gestion du sol, la récupération des eaux de pluie et l’irrigation des cultures en terrasses a permis de lutter contre l’érosion, d’intensifier les rendements sur les terres existantes et d’assurer une meilleure protection contre la sécheresse. Les rendements des cultures de maïs ont été multipliés par 2,6 entre 2009 et 2018, tandis que les haricots, le blé et la pomme de terre ont affiché des progressions encore plus importantes.

Au Sénégal, le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest a développé de nouvelles variétés de sorgho, de millet, d’arachide et de niébé à haut rendement, à maturité précoce et résistantes à la sécheresse.

Ces variétés font l’objet d’une large diffusion auprès des agriculteurs, qui enregistrent une hausse des rendements de 30 % en moyenne, alors qu’ils sont pourtant confrontés à la baisse et la variabilité accrue des précipitations.

Ainsi, les rendements des producteurs de variétés de sorgho et de millet améliorées ont augmenté, malgré l’arrivée tardive de la saison des pluies en 2014 et un niveau de précipitations de moitié inférieur à la moyenne.

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