Interview exclusive avec Marie-Laure Vercambre, Directrice générale du PFE

La communauté mondiale de l’eau et de l’assainissement se retrouvera au Sénégal, plus précisément à Dakar du 21 au 26 mars 2022, pour la 9ème  édition du Forum mondial de l’Eau sous un thème évocateur : La sécurité de l’eau pour la paix et le développement durable. Comme à l’accoutumée pour cette énième édition, plusieurs acteurs  interviendront dans le renforcement de  la mise en œuvre des actions nécessaires à la réalisation de l’Objectif du Développement durable numéro 6 (ODD6). Pour en  savoir davantage sur l’implication des acteurs  dans la coopération autour de l’eau, la Directrice générale du Partenariat Français pour l’eau Marie-Laure Vercambre dans une interview exclusive s’est confié à Vert-Togo. Entretien !

Vert Togo : Le 9ème forum de l’eau va se tenir du 21 au 26 mars  prochains à Dakar, comment  Partenariat Français pour l’Eau (PFE) se prépare pour ce rendez-vous International?

Marie-Laure Vercambre: Le Partenariat Français pour l’Eau (PFE) rassemble 200 membres, acteurs publics et privés, actifs à l’international (agences de l’eau, municipalités, élus, entreprises, centres de recherche et de formation, associations…).

 Notre raison d’être, en tant qu’association, est de plaider, échanger et valoriser l’expertise de nos membres dans les grands rendez-vous internationaux comme le Forum de Dakar. Nous préparons celui-là depuis 4 ans car les Forums ont normalement lieu tous les trois ans et que celui-là a été reporté à cause du COVID !

Nous avons mobilisé les acteurs de l’eau français dans leur ensemble et facilité leur participation au processus préparatoire mis en place par le secrétariat du Forum, à travers de nombreuses réunions en France et à Dakar.

Notre objectif est qu’ils participent au Forum et contribuent à la qualité des échanges qui auront lieu du 21 au 25 mars. Des élus français (parlementaires, élus locaux) participeront également aux segments politiques du Forum, aux côtés de leurs homologues internationaux. L’eau est un enjeu éminemment transversal, énormément d’acteurs de la société sont concernés.

VTG : Qu’est-ce qui motive votre participation au 9ème  forum de l’eau ?

MLV: Les Forums sont des grands moments d’échange entre tous les professionnels de l’eau. Des milliers de personnes venues du monde entier y participent et débattent des principaux enjeux liés à l’eau : accès à l’eau potable et à l’assainissement, pollution, utilisation durable, eaux transfrontalières, villes, zones rurales, écosystèmes…

Ayant lieu à Dakar, le 9ème Forum mondial de l’eau sera le premier à se dérouler en Afrique sub-saharienne. Il y aura donc beaucoup de participants africains, ce qui est une très bonne chose car les enjeux de l’eau sont très importants dans cette région du monde. Exemple : selon l’OMS et l’UNICEF, en 2021, seulement 54% des gens buvaient une eau potable en Afrique sub-saharienne, et 25% dans les zones dites « fragiles », c’est-à-dire en conflit ou instables. Au niveau mondial, il faudrait quadrupler les efforts pour que l’on atteigne l’accès universel à l’eau potable en 2030.

Vue partielle des membres du PFE

Parallèlement, seulement 80% des eaux usées sont traitées avant d’être rejetées dans la nature dans le monde. On parle de plus en plus de crise mondiale de l’eau en raison de l’utilisation non durable des ressources existantes, de la croissance démographique, du développement qui, s’il est une bonne chose, exige toujours plus d’eau pour la production des biens de consommation et l’agriculture. Le changement climatique aggrave les choses dans de nombreuses régions qui souffrent de stress hydrique. L’heure est grave oui, mais il y a des solutions. Le problème du l’eau est qu’elle est un enjeu transsectoriel qui ne bénéficie que rarement de l’appui politique qu’il mérite.

VTG : Aujourd’hui quelles sont vos priorités en tant que plateforme référence des acteurs français de l’eau publics et privés ?

MLV: Notre priorité est l’atteinte de toutes les cibles liées à l’eau de l’Agenda 2030 ! donc c’est très ambitieux mais cela reflète la quantité d’expertises qu’ont nos membres. Nous faisons travailler nos membres en groupes de travail 1, sur l’atteinte des Objectifs de développement durable, 2.  sur le changement climatique et l’eau, 3. Sur la biodiversité aquatique et les Solutions fondées sur la nature et 4. Sur l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les situations de crise (conflit ou catastrophes naturelles).

 Dans ces groupes de travail, nous adoptons une feuille de route et un plaidoyer que nous portons dans les grands événements comme le Forum ou les COP.

VTG : PFE intervient en Afrique? Sinon sur quels axes ?

Le PFE et ses membres sont tous actifs à l’international et la plupart d’entre eux en Afrique. Il y a l’Agence française de développement (AFD), les collectivités et les agences de l’eau qui font de la coopération décentralisée avec des partenaires africains, des coopérations en matière de recherche, des entreprises bien sûr et des associations françaises et africaines qui portent un plaidoyer ensemble ! les acteurs de l’eau travaillent très bien ensemble dans le monde entier. C’est pourquoi, quand certains évoquent les guerres de l’eau, le secteur de l’eau répond souvent qu’au contraire, l’eau est  vectrice de coopération.

Interview réalisée par Hector NAMMANGUE

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