Agoè Nyivé 1 : Entre calvaire des riverains et impacts environnementaux liés aux déchets ménagers

Les déchets autour du Grand Contournement de Lomé ne sont pas sans impacts sur les riverains dans la commune d’Agoè Nyivé 1. À Agoè Adougba, quartier en périphérie de Lomé, fréquentes sont les plaintes des populations par rapport à la qualité de l’air qui se dégrade en raison des déchets autour du grand contournement. Pour eux, c’est plus qu’un calvaire.

« Nous vivons un calvaire ici, surtout en saison de pluies et à des périodes données. Tu peux rester dans ta chambre et avoir du mal à respirer. L’odeur est très nauséabonde et nous ne savons que faire », se lamente dame Akoko, une riveraine.

Des enfants traversent l’immondice au niveau du grand contournement IMG ATJ2E

À quelques kilomètres de la décharge des déchets, Maman Akouma vend du riz. Mère de cinq (5) enfants, elle se dit dépassée par la situation qui prévaut. « Nous avons parlé en vain de ce que nous vivons ici, mais aucun maire n’a osé lever le petit doigt pour poser une action. Nos enfants traversent ces déchets répandus sous les ponts construits et reviennent avec des maladies. Quant aux odeurs, n’en parlons même pas. », explique-t-elle.

Avant de poursuivre, « Nous sommes également confrontés aux impacts des eaux pluviales. Quand il pleut, toutes les eaux sont drainées sous le pont sur lequel le grand contournement a été construit. Ces eaux agissent avec sévérité sur nos habitats. »

Des déchets ménagers éparpillés derrière le contournement IMG ATJ2E

Les scientifiques indiquent qu’en fonction de la nature des déchets, on peut également craindre la migration des métaux lourds dans le sol en cas d’infiltration, avec des conséquences comme la pollution des nappes phréatiques, entre autres. Et pourtant, le code togolais de la Santé publique indique que « le déversement des déchets est interdit». En dépit des efforts déployés par les autorités municipales, les déchets au niveau du grand contournement sont dispersés de part et d’autres.

D’après le Gal. Berena Gnakoudè, Directeur de l’Agence Nationale de la Salubrité Publique (ANASAP), il existe huit dépotoirs intermédiaires ou sites de transit dont sept fonctionnels dans différents quartiers de Lomé. Mais il se fait que ce n’est pas encore suffisant. D’où l’existence des dépotoirs sauvages dans certains quartiers de la capitale. M. Adam Abdoulaye, responsable de l’ONG ENPRO spécialisée dans la pré-collecte des déchets, estime pour sa part que pour parvenir à un environnement sain, beaucoup reste encore à faire comme la valorisation des déchets solides entre autres.

Emmener chaque acteur à jouer son rôle

Le gouvernement Togolais avait déjà pris la mesure de la situation relative à la gestion des déchets ménagers dans la ville de Lomé. Raison qui a motivé l’érection depuis 2018, d’un centre d’enfouissement technique des déchets à Aképé.

Mais, au regard de l’insuffisance de cette option, penser des alternatives comme la revalorisation des déchets pourrait s’avérer salutaire. C’est ce que suggère d’ailleurs M. Adam Abdoulaye. D’après ce dernier, les déchets collectés auprès des ménages peuvent être transformés (à travers plusieurs étapes, notamment la pré-collecte, le tri, la mise en tas, le retournement et l’arrosage) en compost qui pourra être utilisé pour l’amélioration de la productivité agricole.

Vue de plus près des déchets

Le Gal. Gnakoudè recommande pour sa part, que les citoyens doivent connaître leurs responsabilités quotidiennes sur les gestes à adopter. « Il va falloir mettre en place une véritable politique d’éducation à l’environnement pour un changement de comportements. Les communes aussi sont interpellées à organiser des campagnes de sensibilisation pour mieux expliquer la gestion qui doit être faite des déchets. », a-t-il conseillé.

Ainsi, le district de Lomé doit jouer son rôle au quotidien de maître d’ouvrage afin de veiller à minimiser les risques environnementaux. De même, le ministère de l’environnement doit jouer sa partition en termes de respect des normes environnementales en vigueur au Togo pour éviter toute sorte de pollution environnementale.

Cet article a été rédigé avec le soutien de l’Association Togolaise des Journalistes Engagés pour l’Environnement (ATJ2E)

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