Togo/ PDRI-Mô: Un nouveau bilan chiffré

Le Projet de développement rural intégré de la plaine de Mô (PDRIMô, lancé le 3 janvier 2012 par le président Faure Gnassingbé) s’inscrit dans la politique de sécurité alimentaire nationale et dans la volonté de réduire la pauvreté en milieu rural.

«Le PDRI-Mô vise à contribuer à la réduction de la pauvreté à travers l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et des revenus agricoles dans des conditions de développement durable dans la plaine de Mô. Le projet consiste, en dehors de la structuration et l’organisation des communautés à la base, à réaliser des aménagements hydro-agricoles au niveau des bas-fonds et des retenues d’eau sur une surface de 41 ha, à créer des zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) de 4 500 ha sur trois sites de 1 500 ha chacun, et à aménager des micro périmètres irrigués autour des forages à gros débit», selon un document officiel du ministère chargé des infrastructures rurales, datant d’octobre 2011, dans la foulée du démarrage du projet.

Lequel projet comporte, en plus, la construction et/ou la réhabilitation ainsi que l’équipement d’infrastructures sociales de base, notamment des forages, des classes au niveau des écoles primaires publiques et des écoles d’initiative locale, des structures sanitaires (dispensaires, maternités, cases de santé) et le désenclavement de la zone par la construction et/ou la réhabilitation de 268,7 km de pistes.

Des actions de renforcement des capacités dans le domaine agro-pastoral et l’appui à la mise en valeur des aménagements et à la commercialisation des produits agricoles étaient aussi projetés.

Le montage financer pour en assurer la mise en exécution indiquait des apports en prêts de la Banque islamique de développement pour 5,273 milliards de francs Cfa (40%), de la Banque ouest africaine de développement pour 6,5 milliards de francs Cfa (49%), en plus de 0,793 milliard de francs Cfa (6%) de l’Etat togolais et de 0,605 milliard de francs Cfa (5%) des bénéficiaires. Ce qui permettait de boucler le financement total estimé à 13,171 milliards de francs Cfa hors taxes.

Le PDRI-Mô était initialement parti pour durer six ans. En moins de deux ans de vie, il avait été interrompu par la nécessité surprenante d’une réévaluation des coûts. Ce qui amène à parler  d’un financement total actuel de 15,542 milliards de francs Cfa. Il a fini par redécoller et, en novembre 2016, les premiers ouvrages avaient été remis notamment 160,39 km linéaires de pistes rurales dont un pont de 60 m sur la rivière Kpaza et un autre pont de 30 m sur la rivière Sako et plusieurs autres dalots, des bâtiments scolaires à Tindjassi, Folo, Boulohou, Souroukou et Agbamassomou, des logements sociaux à Djarkpanga, des hangars de marché à Tassi…

Aujourd’hui, de nouveaux chiffres sont communiqués par le ministère de l’Agriculture, de la production animale et halieutique, en termes d’avancées. Aussi informe-t-on que le PDRI-Mô a fait créer 695 emplois directs (englobant le personnel de l’unité de gestion du projet, de la coopérative d’épargne et de crédit – Plaine de Mô, de l’unité des soins périphériques de Kagnibara, éleveurs, apiculteurs, artisans réparateurs, producteurs des semences améliorées et l’équipe additionnelle de l’agence ICAT Plaine de Mô) et plus de 2.500 emplois indirects (employés des entreprises, des ONG, des bureaux d’études et de contrôle). De même, le projet fait passer l’effectif des enfants au cours primaire de 10.065 (données de référence) à 11.542, en augmentation de 14,5%.

Il a réduit de 14% le nombre de personnes vivants en dessous du seuil de pauvreté (27 616 habitants contre 32 876 habitants, valeur de référence). Le revenu moyen des ménages a augmenté de 16% (136 515 francs Cfa contre 117 736 francs Cfa, valeur de référence). Au ministère, on entrevoit une augmentation avec l’achèvement des infrastructures et la mise en valeur des ZAAP et des bas-fonds.

En plus, 153 organisations professionnelles de base, rendues fonctionnelles, sont officiellement reconnues. Les productions de maïs et de riz ont accru de 67% et 32%, fruit des techniques et technologies qui sont introduites par le projet pour améliorer les rendements des cultures (accompagnement de l’ICAT).

Pour contrer les maladies sur les animaux, les actions sanitaires, médicales et zootechniques ont induit une hausse d’au moins 70% de la taille du cheptel par ménage.

Les 174 km de pistes réalisées facilitent largement la circulation des personnes et des marchandises entre les villages de la zone du projet et entre les villages et les centres urbains qui constituent de gros marchés pour l’écoulement des productions agro-sylvo-pastorales.

Le projet a permis d’améliorer les conditions de vie de la population, par un meilleur accès à l’eau potable avec 139 forages réalisés ou réhabilités, 2 mini-adductions d’eau potable réalisées au profit de Djarkpanga et Tindjassi et 18 points d’eau autonomes équipés d’énergie solaire. Le forage ou poste d’eau autonome sert de principale source d’eau de boisson à 75,2% des ménages ; 5,7% s’approvisionnement à la borne-fontaine ; et 1,1% au puits moderne.

Seulement 17,2% des ménages enquêtés continuent de se servir d’un plan d’eau (marigot, rivière, barrage) comme eau de boisson.

Le taux de fréquentation des dispensaires est passé de 35 à 48,9%, soit une augmentation de 13,9. Des comités villageois de développement (CVD) ont été redynamisés dans 63 villages. A travers leur renforcement, la population doit pouvoir gérer les acquis du projet de manière communautaire.

Au cabinet du ministre Koutéra Bataka, on fait savoir que toutes les activités prévues dans le cadre de la mise en oeuvre du PDRI-Mô sont exécutées à 100%. Et on inscrit, en perspectives, la recherche de financement pour la deuxième phase du projet pour la poursuite des travaux d’aménagement de 30 ha de basfonds et de 4.500 ha de ZAAP ; le contrôle et la surveillance des travaux d’aménagement ; l’appui-accompagnement des paysans pour la mise en valeur des ZAAP ; et l’acquisition des tracteurs et équipements agricoles.

En rappel, chef-lieu de la sous-préfecture de Mô située à la frontière avec le Ghana, à l’ouest de la région Centrale dont elle est coupée par les falaises de Malfa-Kassa, Djarkpanga est remplie d’une population exclusivement paysanne.

Avec Union

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