Togo/ Insalubrité grandissante à Akodésséwa- Kpota : Les autorités compétentes interpellées

La mauvaise gestion des déchets solides est l’une des causes principales de pollution dans de nombreuses villes, particulièrement dans les pays en voie de développement.

À Lomé au Togo dans la commune du Golfe 1, les populations du quartier Akodésséwa-Kpota  sont victimes d’une insalubrité criarde due à un dépotoir sauvage derrière le parc de la société GER. Impossible de respirer de l’air pur. Des milliers de mouches font des allés  et retours à longueur de journée, rendant la vie difficile aux riverains de cette zone.

En moyenne, un Togolais produit à Lomé 0,45 kg de déchets par jour soit une production annuelle de 305 340 tonnes dans le Grand Lomé. Ainsi se pose un problème d’accumulation des ordures ménagères avec la création des dépotoirs spontanés et sauvages causant une problématique de gestion des déchets.

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À Akodesséwa-Kpota, le quartier de la banlieue de la capitale, Lomé, dans les encablures du Parc de la société GER, il s’est installé un dépotoir sauvage, une véritable décharge à ciel ouvert à proximité des riverains qui en  font les frais de la mauvaise gestion des ordures ménagères.  Une situation désastreuse que vivent ces derniers au quotidien.

Les tombeaux transformés en dépotoirs

Kodjo, un riverain de la zone, en témoigne. «  A la maison chez moi en face de ce dépotoir, impossible de se coucher dehors dans la journée même dans les chambres ; les cordes à sécher les linges sont recouvertes de mouches dès le lever du jour. Moi par exemple en faisant la lessive, je me pose déjà cette question : où vais-je sécher les linges?  Parfois il faut essuyer la corde plusieurs fois avant de sécher les linges mais les mouches sont toujours présentes et s’y posent ce qui m’oblige à étendre les linges sur le mur », s’est-il plaint avant de rappeler « qu’en plein jour comme nuitamment, les riverains viennent déféquer et jeter des ordures sur les quelques tombeaux se situant à l’endroit. Après la pluie, il devient difficile de respirer de l’air pur puisque l’eau pluviale se stagne pour plusieurs semaines. Tous les jours, à peine 18h, quelques jeunes viennent fumer du cannabis où un jeune vendeur de friperie est le fournisseur. Voilà à peu près la situation »

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Interrogé sur la situation dans cette zone et sur les impacts sanitaires et environnementaux de la décharge qui reste difficile à évaluer avec précision, l’expert en gestion des déchets, M. Gado Bemah, Directeur exécutif de l’ONG STADD  indique que la zone Akodéssewa Kpota est confrontée à un problème d’aménagement du territoire et qui doit être résolu par l’État.

« Cette zone est un tronçon  ou diverses activités se développent avec diverses ethnies et cela agit énormément sur l’assainissement posant ainsi d’énormes problèmes d’insalubrité. Une zone qui souffre de la pression économique développée est facilement impactée par une mauvaise gestion des déchets. On note également le manque d’infrastructures d’assainissement dans cette zone. », lance t-il d’entrée.

Sur l’ interpellation des communes et des CDQ à s’impliquer davantage dans la résolution de cet enjeu environnemental, M. Bemah indique que ce problème n’est pas du ressort ni des  communes ni des CDQ.

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« C’est  une responsabilité qui relève de la compétence de l’Etat au-delà même des compétences des communes, il faut construire des caniveaux, il faut aménager les voies, il faut prévoir une collecte des déchets. Il faut mettre en place des services d’assainissement. Ce n’est qu’après la mise en place de ces services que  les communes en collaboration avec les Comités de Développement de Quartier (CDQ) peuvent être chargées d’assurer la gestion.  Il va falloir également accompagner progressivement les ménages a disposé des sanitaires en réduisant la défécation a l’air libre. », conseille-t-il.

Pour mettre fin à la défécation à l’air libre  , les communes devraient mettre en place des normes pour que chaque habitation puisse disposer des toilettes et multiplier aussi des toilettes publiques afin de permettre à ceux qui n’en ont pas de pouvoir faire leurs besoins tout en respectant les conditions d’hygiène et environnementale.

Il faut noter que selon l’organisation mondiale de la santé (OMS) environ un quart des maladies affectant l`humanité sont attribuables à l’exposition prolongée à la pollution environnementale avec en première ligne les enfants, plus vulnérables que des adultes.

Parmi les enfants âgés moins de cinq ans, les maladies liées aux facteurs environnementaux sont responsables de plus de 4,7 millions de décès annuellement. Dans les pays en voie de développement, 25% des décès sont liés aux facteurs environnementaux comparés à 17% des décès dans le monde développé.

Theophile K/Edem K.

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