L’agroécologie au-delà de la protection de l’environnement est rentable selon Yannick ABODAH

L’agroécologie est souvent présentée comme un mode de production plus durable que l’agriculture conventionnelle. Mais est-elle aussi plus performante économiquement ? Yannick Abodah, Agronome technicien en agroécologie répond par le positif.

Interrogé par Vert-Togo, le jeune agronome, indique que depuis quelques années, pour lutter contre le réchauffement climatique l’agroécologie est demeurée la seule alternative durable vu ses atouts dans l’atteinte des ODD. Mais, en dehors de la protection de l’environnement, elle garantit une rentabilité au producteur, car elle offre une autonomie et un marché.

En termes d’autonomie, dans la production agroécologique le producteur est appelé à produire ses propres intrants (semences, compost, pesticides naturels, etc.) à part la main d’œuvre qui peut être externe. « Les producteurs qui mettent en œuvre les pratiques  agroécologiques se préoccupent également de la santé de leurs consommateurs. De plus l’agroécologie entretient des liens sociaux avec les consommateurs, ce qui constitue un avantage dans la constitution d’un marché avec des proches et d’autres consommateurs qui désirent des produits sains et écologiques pour préserver leur santé. », explique-t-il.

Togo / De la nécessité de pratiquer une agroécologie pour une production alimentaire saine

Et de poursuivre « L’agroécologie contribue aux services écosystémiques (préservation de la biodiversité, régulation du climat, etc.) et pour encourager les producteurs pour service rendu à l’environnement, les produits agroécologiques doivent être légèrement supérieurs (en prix de vente) par rapport aux produits agricoles conventionnels pour leur garantir une vie décente et continuer à préserver l’environnement. »

L’agroécologie facteur de sécurité alimentaire

Dans la région des Savanes au nord du Togo, la rudesse du climat et les modifications socio-économiques ont pour conséquence l’insatisfaction des besoins familiaux. Cela est dû aux pratiques en agriculture conventionnelle qui ne peuvent plus satisfaire les besoins des familles. Ces contraintes rendent le métier d’agriculteur pénible et peu attrayant. Le rendement des cultures céréalières sur des terrains pauvres et mal exploités varie de 400 à 700 kg / ha, ce qui est insuffisant pour assurer une bonne alimentation pour toute la population.

Face à ce constat, l’agroécologie propose de préserver les patrimoines nourriciers et de régénérer les sols dégradés. Son premier objectif est d’améliorer et de diversifier l’alimentation des familles. Et secundo, il assure la création d’activités génératrices de revenus basées sur la valorisation des productions agricoles locales et écologiques.

L’agroécologie, est économe en eau, basée sur des systèmes de polyculture-élevage diversifiés, favorise les agro-écosystèmes complexes, moins vulnérables aux risques climatiques et plus résilients. Elle participe à la reconstitution d’un couvert végétal diversifié et à la régénération biologique des sols dégradés.
Elle valorise également les races et les variétés paysannes adaptées aux conditions locales. Ces différentes caractéristiques sont toutes favorables à l’autonomie et à la résilience des agricultures familiales, face aux enjeux environnementaux.

Kofi Meser

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