Cet accord a permis à la CTOP de réaliser une étude d’identification et d’analyse des cadres politiques et réglementaires existants pertinents pour la mise en œuvre des Directives volontaires pour la sécurisation d’une pêche artisanale durable dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté (DPA) au niveau national.
La CTOP et la FAO veulent professionnaliser la pêche artisanale maritime et continentale au Togo
Parvenir à une pêche artisanale durable, implique d’aider les pêcheurs artisanaux à ajuster leur façon de travailler afin de s’adapter à un climat en train de changer, d’une part. D’autre part, elle implique de protéger les habitats critiques, surveiller les stocks et même instaurer des périodes de clôture de la pêche pour protéger les espèces en saison de reproduction.
C’est en ce sens que les nations unies ont décrété une ‘’Année Internationale de la Pêche et Aquaculture Artisanales’’. L’objectif étant de demander instamment aux États ainsi qu’aux organisations internationales et nationales compétentes de faire participer les entreprises de pêche artisanales dans l’élaboration des politiques et stratégies de gestion de la pêche les concernant. Elle permettra ainsi d’assurer la pérennité de la pêche artisanale, conformément à l’obligation qui leur incombe de veiller à la bonne conservation et gestion des ressources halieutiques.
Ces résultats ne peuvent être atteints sans l’exigence des Etats de lancer des mécanismes de gestion participative de la pêche artisanale conformément aux législations, aux réglementations et aux pratiques nationales, ainsi qu’aux Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Raison pour laquelle un protocole d’accord entre la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) et l’agence onusienne a été signée pour renforcer de l’engagement des organisations de pêche artisanale du Togo au processus de mise en œuvre du plan d’action national de promotion de l’agriculture familiale.
Ce mardi à Lomé les conclusions de l’étude font objet de partage et de dialogue avec les acteurs de la pêche suivant une approche participative et prenant en compte les orientations des Directives volontaires de la FAO visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté.
« Les Directives sur la pêche artisanale sont un outil essentiel à l’appui de la concrétisation de la vision de l’Organisation : éliminer la faim et favoriser le développement durable – énoncée dans le nouveau Cadre stratégique. Elles offriront des repères pour le dialogue, pour les processus d’élaboration des politiques et pour les mesures à prendre à tous les niveaux, et aideront le secteur à contribuer pleinement à la sécurité alimentaire et à l’élimination de la pauvreté. », a affirmé le chargé de suivi évaluation des projets FAO TOGO, M. Table GNANDI.
Pour M. Ayéfoumi Olou-Adara, président de la CTOP, cette rencontre permettra également aux acteurs de la pêche artisanale maritime, lagunaire et continentale d’être sensibilisés sur l’agriculture familiale.
« Lorsque vous voyez un peu le programme, c’est pour non seulement contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle mais aussi promouvoir l’agriculture familiale. Nous reconnaissons que les 80% de ce que nous consommons proviennent de l’agriculture familiale mais c’est également aussi la promotion des pratiques qui protègent l’environnement qui prônent une agriculture durable. L’agriculture familiale est beaucoup plus protectrice des écosystèmes. Nous devons faire cette promotion pour réduire les effets pervers des changements climatiques et qu’on puisse continuer à travailler la terre pour qu’elle continue par nous nourrir. », a-t-il expliqué.
Il faut noter que les pêcheurs artisanaux font partie des acteurs importants de l’agriculture familiale. Environ 12,3 millions de personnes travaillent dans la pêche en Afrique, dont plus de 7,5 millions d’hommes et 2,3 millions de femmes dans la pêche artisanale. Le poisson représente en moyenne 22 % de l’apport en protéines en Afrique subsaharienne ; dans certains pays, ce niveau dépasse 50 %.


