Journée mondiale de l’alimentation : le Togo ne veut laisser personne de côté

Ce dimanche 16 octobre 2022, marque la 42e journée mondiale de l’alimentation. Depuis plusieurs décennies, la faim dans le monde a franchi un nouveau seuil. Elle a poursuivi son escalade et touchait 828 millions d’êtres humains en 2021.

En l’espace de deux ans, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë est passé de 135 à 193 millions, et la situation risque d’empirer en 2022. Dans 5 pays (Éthiopie, Soudan du Sud, Yémen, Afghanistan et Somalie), quelque 750 000 personnes vivent dans des conditions de détresse alimentaire, soit plus de cinq fois plus qu’en 2020.

Dans certaines régions du monde, la famine risque d’emporter des vies humaines, la malnutrition sévère compromet l’avenir des enfants, et les progrès durement acquis en matière de développement sont réduits à néant.

Il ne fait aucun doute que les conflits et l’urgence climatique sont les principaux facteurs de la faim dans le monde. Il en va de même pour les répercussions du Covid-19, qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et limité la capacité des populations à gagner leur vie.

La guerre en Ukraine, quant à elle, a accéléré la crise alimentaire en empêchant les agriculteurs d’un des principaux greniers du monde de semer, et en provoquant une escalade des prix, susceptible de faire basculer des dizaines de millions de personnes dans la faim. En parallèle, des pays comme la République démocratique du Congo, l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Yémen et le Nigeria demeurent confrontés à de graves crises alimentaires.

La faim, la malnutrition et la pauvreté sont plus difficiles à surmonter dans un contexte de guerre ou de risques naturels. Au cours des dernières décennies, un nombre croissant de catastrophes à court terme se sont transformées en crises prolongées caractérisées par une combinaison de chocs multiples et venant gonfler au fil du temps les rangs des laissés-pour-compte.

Face à cette réalité qui est d’ailleurs une urgence de l’heure, le Togo veut s’aligner sur le thème de cette année : Ne laisser personne de côté.

Ne laisser personne de côté signifie travailler sur plusieurs fronts à la fois. Pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cela implique de promouvoir des emplois et des services ruraux décents, de garantir la protection sociale et de mettre fin au travail des enfants, tout en favorisant l’égalité des sexes et en soutenant les communautés autochtones qui sont les gardiennes d’une grande partie de la biodiversité de la planète.

Pour y parvenir, tout d’abord, nous devons donner des moyens d’action aux plus vulnérables, notamment aux petits producteurs vivriers, en investissant dans des systèmes plus inclusifs, plus efficaces, plus durables et plus résistants aux chocs.

Cela signifie qu’ils doivent avoir accès à la formation, aux incitations financières et à l’innovation, pour pouvoir devenir des agents du développement durable à part entière. Par ailleurs, les animaux d’élevage sont des moteurs essentiels et trop souvent négligés de développement durable dans l’agriculture. Ils contribuent à la sécurité alimentaire, à la nutrition, à la réduction de la pauvreté et à la croissance économique.

Dans le même temps, les gouvernements doivent fournir des programmes de protection sociale opportuns et bien ciblés en faveur des personnes vulnérables. Outre l’argent liquide, cela peut prendre la forme de distributions de nourriture, de soutien à leurs moyens de subsistance et à leur état nutritionnel.

Ces mesures peuvent s’avérer très bénéfiques à long terme, mais elles ont un coût, que ne peuvent soutenir de nombreux pays en développement. On ne peut tout simplement pas gérer la crise alimentaire sans affronter la crise financière. C’est pourquoi les pays du G20 doivent venir en aide aux pays menacés par la faim et la famine et financer les appels humanitaires, et dans ce cadre, stimuler en priorité la production alimentaire locale. Les institutions financières internationales, quant à elles, doivent accroître les liquidités des pays en développement par des investissements ou un allègement de la dette, afin de leur permettre de continuer à offrir des filets de sécurité sociale solides, à investir dans les zones rurales et à renforcer leurs systèmes agroalimentaires.

Il est important de noter que l’action collective à travers 150 pays du monde fait de la Journée mondiale de l’alimentation la Journée mondiale la plus célébrée du calendrier des Nations Unies. Des centaines d’événements et d’activités de communication rassemblent des gouvernements, des organisations de la société civile, des médias, le public et même les jeunes. Elles encouragent la prise de conscience et l’action à l’échelle mondiale en faveur des victimes de la faim et de régimes alimentaires sains pour tous, sans laisser personne de côté.

La Journée Mondiale De l’Alimentation 2022 a compté durant l’année avec de nombreux défis mondiaux, comme la pandémie persistante, un conflit, les changements climatiques, la hausse des prix et des tensions internationales. Tout cela affecte la sécurité alimentaire mondiale.

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