Les produits agro-sylvo- pastoraux et halieutiques de l’espace CEDEAO pourront circuler librement des zones de production vers les zones de consommation et des zones excédentaires vers les zones déficitaires.
En effet, grâce au projet FARM-TRAC (Agriculture familiale, marchés régionaux et corridors commerciaux transfrontaliers au Sahel) financé par le Fond International de Développement Agricole (FIDA), l’Association Ouest Africaine du Commerce Transfrontalier des Produits Alimentaires, Agro-sylvo-pastoraux et halieutiques (AOCTAH) et le Comité permanent Inter-Etats de Lutte Contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) ont initié l’Opération Fluidité Routière et installé des Bureaux d’Informations Commerciales et d’Assistance aux Frontières (BICAF).
Des initiatives sous-régionales qui visent à concrétiser la libre circulation des produits du cru (produits agro-sylvo- pastoraux et halieutiques) de l’espace CEDEAO.
La réussite de l’Opération Fluidité Routière et le bon fonctionnement des Bureaux d’Informations Commerciales et d’Assistance aux Frontières (BICAF) ont fait l’objet d’une rencontre mardi à Lomé avec tous les acteurs commerciaux du bétail, des produits maraichers et céréaliers. En d’autres termes, il s’agit au travers de cette initiative de faciliter les flux des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques des zones excédentaires vers les zones déficitaires ou les centres de consommation.
Présentation de l’Opération Fluidité Routière
L’opération fluidité routière est une initiative de l’AOCTAH avec l’appui technique du CILSS qui vise à réduire les problèmes de tracasseries routières et la corruption le long des corridors routiers transfrontaliers afin de faciliter le commerce des produits périssables au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Cette opération a connu un franc succès dans sa phase pilote au Burkina Faso et mérite d’être pérennisé et mis à l’échelle dans les autres pays.
De façon pratique l’Opération fluidité routière implique les commerçants, les chargeurs, les conducteurs, les contrôleurs douaniers bref tous les acteurs du commerce transfrontalier des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques d’origine CEDEAO. Les conducteurs feront leur chargement dans le respect des normes conventionnelles de la CEDEAO puis mettre un macaron à l’effigie de l’AOCTAH et de ses partenaires afin de signaler au contrôleurs que le chargement s’inscrit dans l’opération fluidité. Cela permettra aux conducteurs d’éviter les faux frais.
Dans l’opération fluidité routière le rôle des points focaux est d’intervenir au niveau des forces de l’ordre afin de libérer les camions dans la mesure où le chargement est fait dans les bonnes conditions et que l’agent contrôleur exigerait de faux frais.
Présentation des Bureaux d’Informations Commerciales et d’Assistance aux Frontières (BICAF)
Les BICAF se veulent l’assainissement, la facilitation et la formalisation du commerce informel transfrontalier dans l’espace CILSS et CEDEAO.
De façon pratique, l’AOCTAH dispose d’un animateur de BICAF des deux côtés de la frontière. Ces animateurs ont la charge de renseigner les commerçants sur les documents demandés par la douane, d’enregistrer les produits en transit par catégorie et faire la déclaration à la douane à la fin de chaque journée en collaboration avec un transitaire.
Au cours de l’enregistrement de son produit, le commerçant payera un frais de prestation à l’animateur du BICAF et recevra un reçu qu’il va soumettre à la frontière pour son libre passage.
Les frais de prestation servent à faire la déclaration à la douane et permettront également de pérenniser l’initiative. Car l’installation des BICAF est financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) dans le cadre du projet FARM-TRAC mais le projet ne prend pas en compte la pérennisation du mécanisme.
Les BICAF facilitent non seulement le commerce transfrontalier mais servent également d’un dispositif de collecte de données qui rentrent directement dans la base de données statistique du Commerce Informel transfrontalier de la CEDEAO / ECOWAS Informal Cross-Border Trade (ECO-ICBT).
Selon MATITOMA Motchosso Justin, Secrétaire Permanent de l’AOCTAH l’opération fluidité est une dynamique qui permet une libre circulation du commerce des produits agricoles dans l’espace CEDEAO et au Sahel.
« En effet, il s’agit en terme basique de permettre à ce que les produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques puissent circuler de la manière la plus rapide possible le long des corridors commerciaux et transfrontaliers de la CEDEAO. », a-t-il expliqué.
Pour la Présidente des Revendeuses et Revendeurs de Tomates Fraîches (ARETOF), Madame Mmekouloum Akouavi cette initiative est salutaire et profitable.
« La circulation de nos produits était entravée par de nombreuses barrières, d’ordre physique et non physique, les barrières tarifaires et non tarifaires. La combinaison de tous ces facteurs contribuait à la hausse des prix de revient des produits, réduisant la compétitivité de nos produits. », a-t-elle confié.
Avant de poursuivre « Au vu de cette situation les organisations paysannes avec l’appui technique de la CEDEAO, du CILSS et l’appui financier de la Banque Africaine de Développement ont mis en place une association du nom de l’AOCTAH. Cette association nous aide donc à surmonter les différents problèmes qui nous bloquent aux différentes frontières liées aux formalités douanières dans l’espace CEDEAO. C’est une initiative salutaire. »
Dans la Déclaration de Malabo (Guinée Equatoriale) de juin 2014, les pays africains se sont engagés à tripler, d’ici 2025, le niveau des échanges intra-africains de produits et services agricoles, à accélérer la mise en place d’un système de tarif extérieur commun (TEC) à l’échelle du continent. En effet, l’intégration commerciale est reconnue comme un puissant levier de croissance, de développement et de réduction de la pauvreté.


