60 ans d’indépendance au Togo : et si nous nous approprions dès maintenant cette indépendance par l’agriculture ?

L’idée taraude l’esprit (photo) d’Aimée Abra Tenu Lawani, jeune entrepreneure togolaise promotrice des marques Zam-ké, Vivifruits et Kari-kari etc. : celle de permettre au Togo d’atteindre l’indépendance par l’agriculture. Cette dernière a d’ailleurs mis sur pieds le concept « BeeFarmer« , une solution pour séduire les citadins à produire ce qu’ils consomment et à vivre à distance de belles expériences champêtres.

Réagissant sur sa page Facebook, la jeune entrepreneure a indiqué ce lundi qui marque le 60ème anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, que l’indépendance son pays doit être « appropriée par l’agriculture ». Selon Abra, on ne peut parler d’indépendance quand on n’a pas une indépendance par l’agriculture.

En effet, les organisations de la société civile doivent sans relâche rappeler aux décideurs politiques les engagements pris pour atteindre les Objectifs du développement durable (ODD) et le droit à l’alimentation. Il faut porter des revendications légitimes pour obtenir des politiques en faveur de l’agroécologie, de  l’accès à la terre, de la reconnaissance des métiers agricoles et de l’ouverture des achats institutionnels aux produits des territoires (pour les cantines scolaires par exemple). Ainsi le consommer local s’inscrira dans des systèmes alimentaires  territorialisés qui donnent la priorité aux populations et à l’environnement.

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« Ici, nous continuons de courir derrière le blé. Oui, si tu aimes Botokoin, Afrikatennis, pâté, pain sucré classique, etc., tu adores le blé et malheureusement tu contribues à la disparition du mil, sorgho, fonio et autres céréales locales. Réveillons-nous ! », lit-on sur sa page facebook.

Et de s’interroger « Le pire peut nous tomber sur la tête ! L’Afrique livrée dans les prochaines années en sorgho, fonio etc. Ce 27 avril 2020, nous fêtons 60 ans d’indépendance de notre pays… Et si nous nous approprions dès maintenant de cette INDÉPENDANCE par l’agriculture ? Car si nous pouvons nous nourrir, nous serons en bonne santé. La nourriture et la santé nous garantissent beaucoup de choses dont la liberté. »

Elle conseille «  Aujourd’hui, notre consommation est importée, représentant selon les années de 30 à 50 milliards de dollars pour l’Afrique sub-saharienne. Je nous invite à redonner dignité et force à nos paysans. Comment le faire ? Sans doute à travers nos engagements à différentes échelles dans l’agriculture biologique. Nous créerons des emplois durables dans les zones rurales et nous contribuerons à améliorer les productions de nos jeunes entreprises transformatrices. »

Les autorités publiques ont une responsabilité éminente dans l’évolution des actions de production, de transformation et de distribution, dans l’orientation des choix de consommation et dans la défense des produits nationaux et la régulation des marchés.

Eu égard à l’importance de l’enjeu de la «consommation des produits nationaux», les politiques publiques, celles des collectivités territoriales, des gouvernements et des organisations régionales, doivent appuyer toutes les dynamiques qui permettent de faire des systèmes alimentaires locaux, des systèmes alimentaires nationaux et du système alimentaire ouest-africain les moteurs centraux du développement économique, social et environnemental local, national et régional.

Kofi M.

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