Togo/Secteur Agricole : A la découverte de l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation de la CEDEAO

L’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA), a son  siège à Lomé. En effet,  le Togo, avait de 2017 à 2018  assuré  la présidence tournante de la CEDEAO, donc de toutes ses institutions  dont l’ARAA.

Selon le directeur exécutif de l’ARAA, Ousseini Salifou, la principale réalisation de la toute jeune institution, créée en septembre 2013, est la coordination de la mise en œuvre de 9 projets régionaux d’un coût de € 97 millions.

 Deux de ces projets ont permis, à travers des appels à propositions de projets dans les États membres de la CEDEAO, la sélection de 34 projets terrain en cours de réalisation. A t-on appris.

Qu’a fait l’ARAA ?

Au nombre des réalisations de l’ARAA, il est cité l’opérationnalisation de la Réserve régionale de sécurité alimentaire avec un premier achat de 11 250 tonnes (t) de céréales en cours de stockage au Burkina Faso, au Ghana, au Niger et au Nigeria.

 Cette opération a permis de soutenir les populations du Nord Est du Nigeria qui vivent une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle 1130 t de céréales ont déjà été livrées et à terme environ, 1650 tonnes  devraient l’être. Un deuxième achat de 21 0.00 tonnes  de céréales est actuellement en cours avec pour but d’atteindre d’ici à 8 ans, 411 000 tonnes. Le renforcement de capacités des cadres des 15 Etats membres de la CEDEAO sur la formulation des projets, les changements climatiques en agriculture et les filets sociaux de sécurité, ainsi que des formations sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en collaboration avec le Centre Régional Agrhymet du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), constituent aussi des acquis de l’Agence.

D’autres réalisations de l’Agence, portent sur l’appui aux Etats  membres dans l’amélioration de la surveillance des vergers  (manguiers) ; la recherche, le  renforcement des capacités et  la  lutte contre les mouches des fruits dans près d’une dizaine de ces États,  l’appui aux pays dans la prise en compte de la nutrition, la protection sociale et le droit à l’alimentation dans les documents de politique ; la réalisation d’études de capitalisation sur la promotion de l’emploi des jeunes dans le secteur agro-sylvo-pastoral, sans oublier le renforcement des capacités des organisations des producteurs au niveau régional.

Concernant ce dernier point l’ARAA au travers  de la capitalisation  d’un partenariat innovant pour l’accès des petits producteurs au crédit agricole au Togo qui fait suite à une expérience développée par Inades-Formation Togo et ses partenaires entre 2010 et 2011, avec l’appui financier de l’UE et la collaboration de 2 Institutions de microfinance (FUCEC-Togo et WAGES) a permis  aux producteurs togolais  de faire face aux difficultés de financement du secteur agricole.

Elle a  favorisé  l’accès au crédit agricole sur les filières vivrières pour les petits producteurs ouest africains et renforcer la sécurité alimentaire grâce au développement de partenariats innovants entre IMF-OP-ONG.

On cite  entre autres comme résultats : la capitalisation de  l’expérience d’utilisation d’un fonds de garantie permettant l’accès des petits producteurs céréaliers au crédit intrant et warrantage développée au Togo depuis 2010, avec un partenariat IMF-OP-ONG; la diffusion de  l’expérience au niveau sous -régional afin de favoriser un meilleur accès des petits producteurs d’Afrique de l’Ouest au crédit agricole et rapprocher les IMF de ce public.

 Impacts spécifiques sur les femmes, les enfants et les jeunes

Le projet a contribué en termes d’effets et impacts à accroitre la productivité agricole. Les femmes ont pu accéder aux crédits pour développer l’agriculture. L’accès au crédit intrant permet de diminuer le coût intrant (le crédit auprès de l’IMF étant nettement moins cher que le crédit usurier) et donc d’augmenter la quantité d’engrais utilisée, ce qui a pour conséquence directe une augmentation du rendement. Par ailleurs l’absence de crédit à taux d’intérêt usuraire permet aux producteurs d’être indépendants vis-à-vis des commerçantes, de choisir la période la plus favorable pour vendre les céréales et de pouvoir réaliser des ventes de façon groupée, éléments qui permettent de dégager de meilleurs revenus issus de la vente des céréales. Pour les producteurs les plus aisés, le crédit intrant a permis d’accroitre les superficies cultivées, et donc leur revenu agricole.

Au niveau des revenus, des enquêtes de fin de projet ont permis d’observer une marge nette entre 2 000 FCFA et 6 500 FCFA (soit + 15 à 50 %) par sac de maïs warranté pour les sept UOPC ayant souscrit à un crédit warrantage. La vente différée a donc permis d’augmenter le revenu céréalier des producteurs ayant contracté un crédit warrantage. Par ailleurs, le crédit warrantage a également permis aux producteurs (surtout les femmes et les jeunes) de démarrer une nouvelle activité, telle que l’embouche, le petit commerce, etc.

Le défi du financement

L’ARAA a pour mission d’assurer l’exécution technique des programmes et plans d’investissement régionaux concourant à l’opérationnalisation de la politique agricole régionale en s’appuyant sur les institutions, organismes et acteurs régionaux disposant de compétences avérées.

Pour information, l’ARAA fait face à deux défis majeurs : la contribution effective de la CEDEAO aux cofinancements des projets et programmes, et l’opérationnalisation du Fonds régional pour le financement de l’agriculture ( ECOWADF).

Edem Kolani

 

- Publicité -spot_img

Laisser un commentaire

lire la suite

Articles récents