Déterminée à faire des entrepreneurs agricoles togolais , des acteurs qui incorporent des principes de l’agro écologie et dans le but de renforcer leurs savoirs et expériences locaux, l’Association Eco-Impact a organisé en collaboration avec le Centre de santé DIABEOBE du 19 au 20 février derniers à Lomé , une formation à l’endroit de 12 jeunes , notamment 6 agronomes, 2 spécialistes de santé, 3 entrepreneurs agricoles et un paysan.
Placé sous le thème : ‘l’agro écologie pour une nutrition saine’, cette séance de travail a été le lieu de développement de 5 modules, notamment ‘l’agro écologie, la saine nutrition et la santé’, ‘pratiques agro écologiques et le BioSPG’, ‘la technique de bio char’, ‘production et utilisation des bio pesticides’ et ‘production et utilisation de Bo Kashi’.
A en croire Jean-Charles SOSSOU, agronome, agro écologiste et président de l’association Eco-Impact, aujourd’hui la meilleure solution mieux le choix optimum en agriculture c’est l’agro écologie.
« C’est une agriculture respectueuse de l’environnement, qui prend soin de la santé animale et humaine … Mais aussi valorise au mieux la biodiversité culturelle, la biodiversité alimentaire en faisant appel aux bonnes pratiques culturales, aux technologies et aux biotechnologies inspirées des processus écologiques »
Quant au Dr Serge Kodzo, responsable du centre de santé DIABEOBE il est vrai que nourrir la population est essentielle, et est un enjeu mais il faudrait la faire de la façon la plus naturelle possible et c’est en çà que l’agroécologie intervient conditionnant un système alimentaire durable.
« Une population qui est bien nourrie est un gain pour le pays. Cette population sera en bonne santé et l’environnement sera aussi préservée », lance le spécialiste de la santé endocrinologue, diabétologue et nutritionniste.
Avant d’ajouter « l’agriculture conventionnelle avec l’utilisation des intrants chimiques contenant des produits organochlorés et des métaux lourds, sont la cause de plusieurs maladies comme les cancers et autres. Ces produits chimiques agissent comme des perturbateurs endocriniens et interfèrent sur les hormones, provoquent des mutations génétiques ou épigénétiques; on peut noter aussi des problèmes d’infertilité et d’impuissance sexuelle comme les effets suite à l’utilisation de ces produits chimiques »
Pendant les deux jours les participants se sont frottés aux notions liées à la santé des sols, une condition capitale pour une alimentation saine et riche.
De fait il a été question essentiellement dans la première journée de cet atelier sur l’agro écologie pour une nutrition saine de rappeler aux participants l’agriculture pour une nutrition saine ce que c’est. ‘Pourquoi faut-il manger sain ? ‘ Et ‘comment manger équilibré et pourquoi ?’.
Jean-Charles SOSSOU comme formateur, les participants ont appris à produire et utiliser du Biocharbon. Un produit essentiel pour améliorer la qualité, la texture et la structure du sol mais qui a bien d’autres rôles. Le biocharbon aide à désintoxiquer le sol chargés de métaux lourds, il aide à la gestion durable de l’eau, il joue le rôle de régulateur thermique dans le sol…
L’autre produit qui a été découvert également par les apprenants est l’engrais organique appelé Bokashi… Un engrais naturel issu de la fermentation aerobique très riche qui permet de régénérer le sol en améliorant aussi les caractéristiques organoleptiques des produits (fruits et légumes) à la récolte. Son temps de préparation ne dépasse pas 15 jours et est facile à faire. Il a été montré aussi la production naturelle des insecticides et fongicides naturelles, des bouillons minéraux… nécessaires dans la gestion durable des nuisibles.
Enfin ils ont été outillés sur les techniques de paillage en culture maraîchère. S’en est suivi un atelier sur la propriété germinative des semences : la levée de dormance des semences, le choc thermique apporté aux semences pour optimiser le taux de germination des semences en pépinière.
Mr Gilbert Bakirwena , Agronome, Communicateur à IFOAM, intervenant lors de la première journée a sensibilisé les participants sur le projet Organic Market for Développement (OM4D). Il a profité pour entretenir les participants sur les questions de certifications en général et spécifiquement sur le Bio_SPG. Un Système Participatif de Garantie qui donne une forme de certification sociale ou locale pour l’accès au marché des produits issus de l’Agroécologie.
Quel que soit leur point de départ, les trajectoires d’innovation agroécologique peuvent être considérées comme l’expression localisée d’une lutte pour l’autonomie face à des réalités sociopolitiques étouffantes. En développant de nouvelles formes de production, de transformation, de distribution et de consommation des aliments, ainsi que des mécanismes institutionnels innovants basés sur de nouvelles valeurs et relations sociales, de nombreuses initiatives agroécologiques contribuent à la relocalisation des systèmes agroalimentaires et à la réappropriation de portions croissantes du pouvoir politique et de la valeur économique usurpée par les grands groupes de l’industrie alimentaire.
Edem Kolani



