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Un impératif d’investir maintenant dans le financement climatique

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Cette année s’ouvre sur de grands espoirs de mettre fin à la pandémie de COVID-19. Des espoirs d’une reprise verte qui ne laisse personne de côté. Des espoirs d’un monde sans aucune émission. L’année 2020 a été marquée par une volonté croissante de parvenir à la neutralité carbone, et 2021 sera une année décisive pour concrétiser cette dynamique – du retour des États-Unis dans l’Accord de Paris jusqu’au premier dialogue de haut niveau des Nations unies sur l’énergie en 40 ans, sans oublier la très attendue COP26.

Cette situation engendre aussi des attentes très élevées. Pour la première fois depuis qu’il fait l’objet de mesures, le développement humain a chuté. Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre nos objectifs climatiques et il nous reste moins de dix ans avant que notre planète et nous-mêmes ne subissions des dommages permanents, tout particulièrement les plus vulnérables.

Face à cette situation, Riad Meddeb, le Responsable mondial de la plateforme d’investissement climatique et conseiller principal pour les petits États insulaires en développement, PNUD  trouve qu’il est urgent de mobiliser, d’accélérer et d’augmenter le financement des solutions qui permettront aux pays de lutter contre la crise climatique et de mieux progresser.

Environ 200 à 350 millions de personnes vivent dans des zones forestières

Toutefois les ressources financières ne sont pas allouées correctement et sont employées à mauvais escient.

«  À l’heure où nous écrivons ces lignes, les plans de relance des pays du G20 pour les secteurs à forte consommation d’énergie consacrent plus d’argent aux combustibles fossiles qu’aux énergies propres. Et ce malgré la mobilisation des acteurs internationaux pour financer l’action climatique en vue d’une reprise verte. », explique t-il.

On reconnaît par ailleurs de plus en plus que les investissements en faveur du climat sont économiquement rentables. L’énergie propre n’a jamais autant capté l’attention des secteurs financier et commercial. Dans la plupart des pays, la production d’énergie solaire est désormais moins chère que la construction de nouvelles centrales électriques au charbon. L’investissement dans les énergies propres est également un moteur de la croissance économique, avec la possibilité de créer 18 millions d’emplois d’ici 2030, en prenant en compte les pertes d’emplois inévitables dans le secteur des combustibles fossiles.

Des investissements climatiques insuffisants

Même avant la pandémie, le financement du climat était insuffisamment employé en vue de produire et de permettre la transformation attendue. Au niveau mondial, les pays dépensaient environ 500 milliards de dollars par an en subventions aux combustibles fossiles, ce qui représente un lourd fardeau pour les pays les plus pauvres. Ce sont autant de ressources qui ne sont pas investies dans des secteurs tels que la santé et l’éducation et cela peut dissuader les investisseurs potentiels dans les énergies propres.

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Pour inverser cette tendance, des investissements initiaux considérables sont nécessaires indique le Responsable mondial de la plateforme d’investissement climatique . D’autre part, ce problème va s’inscrire dans la durée. La population mondiale devrait atteindre près de 10 milliards d’habitants d’ici 2050 et la demande énergétique devrait tripler en conséquence. Nous devons réaliser ces investissements maintenant, mais nous sommes loin de répondre aux besoins.

Pour une réduction à zéro des émissions d’ici 2050, il faudrait investir 130 000 milliards de dollars entre 2016 et 2050. Si nous voulons que l’efficacité énergétique atteigne son plein potentiel et permette au monde de réaliser plus de 40 % des réductions d’émissions sans les nouvelles technologies, l’investissement annuel moyen correspondant doit doubler jusqu’en 2025, puis doubler à nouveau jusqu’en 2040. L’année 2020 a connu le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique le plus faible depuis 2010, soit moins de 1 %, bien en dessous de la moyenne annuelle de 3 % requise jusqu’en 2030.

Faire la paix avec la nature est possible

Ce déficit de financement est en partie dû aux difficultés rencontrées par les pays pour accéder aux solutions de financement climatique. Cela est dû en grande partie au fait que le système de financement climatique est aujourd’hui désordonné et fragmenté : de nombreuses initiatives similaires existent pour un même problème, avec des critères, des exigences et des processus qui leur sont propres.

De plus, nombre de promoteurs de projets publics et privés échouent à élaborer des propositions de qualité, ce pour quoi trop peu de projets sont susceptibles d’intéresser donateurs et investisseurs. Il en résulte un système inefficace et souvent inopérant qui passe à côté de la cible, si bien qu’il ne peut répondre à l’urgence et l’ampleur du changement requis.

C’est pourquoi, en 2019, le PNUD s’est associé à l’IRENA, à l’initiative Énergie durable pour tous et au Fonds vert pour le climat (FVC) pour lancer la plateforme d’investissement pour le climat, qui est notre dernière contribution en date pour relever le défi du financement climatique. Nous rassemblons des organisations internationales, la société civile, le financement du développement, le secteur privé ainsi que les pays en développement.

Faire les choses différemment

La plateforme a été créée pour fournir des moyens innovants de mobiliser le financement climatique, de le placer là où les besoins sont les plus pressants et de maximiser son impact.

La première façon d’y parvenir est de combiner l’engagement du secteur public et la capacité d’entrepreneuriat du secteur privé.

«  Nous aidons les gouvernements à faciliter et à promouvoir les investissements climatiques auprès des entreprises du secteur privé. Nous les aidons aussi à mettre en place des politiques qui créent un environnement stable et favorable au déploiement de capitaux commerciaux. », affirme-t-il.

Avant de poursuivre « La deuxième voie repose sur la puissance de notre partenariat. Ensemble, notre expertise et nos réseaux couvrent toute la chaîne d’investissement climatique, en mettant l’accent sur l’atténuation, de la collaboration avec les gouvernements pour inclure des énergies propres ambitieuses dans les contributions déterminées au niveau national et mettre en place des politiques qui permettent d’importants investissements climatiques, jusqu’à l’aide aux promoteurs de projets pour qu’ils proposent des projets réalisables et prêts à être financés par des donateurs, ainsi que leur mise en relation avec les institutions financières et les investisseurs privés adaptés. »

Et conclu t-il « Seule une profonde modification des systèmes permettra de répondre aux besoins des personnes vulnérables en matière de financement de la lutte contre le changement climatique. Les solutions innovantes pour créer un avenir meilleur existent. Elles doivent être financées, développées et accélérées. Nous sommes prêts à relever le défi. Nous sommes prêts à rompre le statu quo pour réaliser les ambitions mondiales en matière climatique. »

La rédaction


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