L’Afrique devrait consacrer 11,5 milliards d’euros par an pour renforcer ses infrastructures de distribution et d’assainissement

L’Afrique souffre avant tout d’un manque d’infrastructures de distribution et d’assainissement qui permettraient aux populations d’accéder à l’eau potable. Elle pâtit aussi de la vétusté et de la dégradation des installations existantes, ainsi que de défaillances dans leur gestion.

Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique devrait consacrer l’équivalent de 11,5 milliards d’euros par an pour créer ou renforcer ses infrastructures de distribution et d’assainissement. Ce manque d’équipements a des conséquences sanitaires, économiques et sociales graves. Le développement des infrastructures représente en effet un enjeu crucial pour la santé publique mais aussi pour le développement humain, la sécurité alimentaire et la production industrielle.

Ce problème vital d’accès à l’eau potable se pose avec d’autant plus d’acuité que les populations urbaines augmentent très rapidement sur le continent.

L’Afrique abrite aujourd’hui plus de 1,2 milliard d’habitants et devrait en compter 1 milliard de plus d’ici 2050. Parallèlement, le nombre de personnes vivant dans les villes devrait passer de 480 millions aujourd’hui à 1,3 milliard en 2050. 52 villes africaines comptent déjà plus d’un million d’habitants et la population urbaine augmente de 24 millions de personnes par an en Afrique subsaharienne. Mais les villes africaines ne sont pas prêtes à accueillir une telle densité d’habitants. L’expansion urbaine et la croissance démographique entraînent des tensions sur les ressources, en particulier en eau. Cette urbanisation ultra-rapide et souvent anarchique rend également difficile la mise en place de réseaux de distribution d’eau potable et de collecte des eaux usées.

Même si la fourniture en eau tarifée se développe dans certaines villes, elle ne concerne que la minorité des citadins capables de payer un abonnement. Le prix de l’eau reste trop bas et le taux de recouvrement des redevances trop faible pour que les régies d’eau africaines aient les moyens de construire et de maintenir des infrastructures à la hauteur des enjeux. D’autant que les pertes en eau dans les réseaux de distribution sont énormes, de l’ordre de 50 % en moyenne.

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