Comment le fermier africain rebondira-t-il après le COVID-19?

Même si actuellement, la préoccupation la plus urgente des gouvernements est de freiner la propagation du COVID-19, il est tout autant important de mettre un accent particulier sur la protection de certaines couches professionnelles de la population, comme celle des agriculteurs.

Entre autres, il s’avère nécessaire pour l’État de veiller au renforcement ou à la mise à disposition de ces derniers, des équipements ( masques, dispositifs de lavage des mains etc.) et des désinfectants pour leur protection et celle de leurs collaborateurs et ce, pour protéger les denrées contre toute probable contamination.

Mais, après avoir traité de la dimension sanitaire de la pandémie, le monde devra s’atteler à une autre crise post COVID-19, si les mesures adéquates ne sont pas prises dès maintenant. Il s’agit de la faim chronique qui menace 330 millions de personnes déjà en situation d’insécurité alimentaire en Afrique.

Le Togo face aux impacts de la pandémie

Au Togo, l’impact de la crise sanitaire actuelle sur le secteur de l’agriculture frappe particulièrement la gente féminine exerçant dans la chaîne alimentaire.

Le ministre en charge de l’agriculture, Noël Bataka soutient cela en indiquant plus de 80% de femmes œuvrent sur toute la chaîne. De la production à la distribution, en passant par la collecte et la transformation, elles sont des milliers à vivre au jour le jour des activités génératrices de revenus rattachées au secteur.

Une situation à laquelle le « mode de confinement » même s’il est partiel représente une entrave particulière vu que certaines villes du pays sont bloquées. Ce qui entraîne le ralentissement ou l’arrêt des activités de ces femmes, impactant par ricochet leurs revenus.

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Quant aux jeunes entrepreneurs agricoles, les difficultés liées à la création de réservés de matières premières entre autres, est un défi de taille. Une problématique à laquelle le ministre de l’Agriculture compte apporter une solution. Il précise d’ailleurs qu’ils seront soutenus dans la mise en place de petites unités y compris des chambres froides pour conserver les légumes, des fruits et des produits carnés.

En somme, les mesures correctives et d’appui doivent se concentrer sur l’amélioration de la capacité des agriculteurs à accéder à des semences de qualité, à des engrais et à d’autres intrants essentiels. Étant donné que les fermetures de frontières ainsi que les perturbations du transport interne et de la mobilité des personnes peuvent durer pendant un certain temps, il est nécessaire de se concentrer sur l’élimination de toute barrière physique à la circulation des biens et des services.

En outre, il est nécessaire d’éliminer toutes les barrières non tarifaires et les procédures supplémentaires de contrôle aux frontières qui limitent la circulation des biens et des services. Cet objectif peut être atteint grâce à des programmes de subventions intelligentes, à des crédits agricoles à faible coût et à d’autres mesures fiscales telles que la réduction de la TVA et d’autres prélèvements sur les intrants de base et les produits de base pour protéger les agriculteurs et autres groupes vulnérables contre les effets du COVID-19.

Il convient de noter que ces mesures nécessiteront une mobilisation de ressources grâce à des efforts concertés entre plusieurs parties prenantes. Une initiative qui a contribué à ces efforts est le mécanisme de réponse au COVID-19 récemment lancé par le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) pour aider les pays membres régionaux à lutter contre la pandémie.

La facilité, une mesure de soutien du groupe de la BAD aux pays africains

Au niveau continental, la facilité est la dernière mesure prise par la Banque pour améliorer les capacités des pays membres à faire face à la pandémie. La facilité vise à octroyer un fonds allant jusqu’à 10 milliards de Dollars aux gouvernements et secteur privé des pays africains et sera le principal moyen de l’institution pour matérialiser ses efforts pour faire face à la crise.

Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré que le paquet tenait compte des défis budgétaires auxquels de nombreux pays africains sont confrontés.

«L’Afrique est confronté à d’énormes défis budgétaires pour répondre efficacement à la pandémie de Coronavirus. Le Groupe de la Banque africaine de développement déploie tout son poids de soutien aux interventions d’urgence pour aider l’Afrique en cette période critique. Nous devons protéger des vies. Cette facilité aidera les pays africains à accélérer leurs efforts pour contenir la propagation rapide du COVID-19 », a déclaré Adesina, félicitant le conseil d’administration pour son soutien indéfectible.

La Facilité comprend 5,5 milliards de dollars pour les opérations souveraines dans les pays de la Banque africaine de développement et 3,1 milliards de dollars pour les opérations souveraines et régionales pour les pays du Fonds africain de développement, la branche concessionnelle du Groupe de la Banque qui s’adresse aux pays fragiles. Un montant supplémentaire de 1,35 milliard de dollars sera consacré aux opérations du secteur privé.

kofi Meser

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