Togo : un dispositif d’alerte météo mis en place pour prévenir les agriculteurs des éventuels aléas climatiques

La direction de la statistique agricole en collaboration avec les services météo s’activent pour aider les agriculteurs à mieux planifier leurs opérations culturales sur la base des informations météo. Apprend-on.

En vue de rendre disponible les alertes météo aux agriculteurs,un bulletin de la prévision saisonnière comporte des informations relatives à : la prévision des paramètres agro-climatiques dans le nord du pays ; la prévision des paramètres climatiques 2020 ; la prévision des écoulements 2020 ; et les recommandations pour la réduction des risques de catastrophe et la valorisation des opportunités.

Aussi en partenariat avec Myditek, une installation de 13 stations météo innovantes est en cours pour faciliter l’accès aux données météo plus précises afin de pouvoir fournir des informations plus précises dans les années à venir.

ANALYSES ET RESULTATS DE LA PREVISION SAISONNIERE 2020

La prévision saisonnière est le résultat d’un consensus fait autour des sorties des modèles empiriques, dynamiques et les connaissances de la variabilité climatique passée et actuelle.

Les résultats de cette prévision 2019 au Togo donnent les évolutions probables des précipitations des saisons Juin à Août (JJA), Juillet à Septembre (JAS), les écoulements des cours d’eau de Juin à Septembre et les périodes de démarrage et de fin, ainsi que les séquences sèches en début et vers fin de la saison des pluies.

Prévision des paramètres climatiques 2020

Cumul des précipitations de janvier à mars 2020 par rapport à la normale 1981-2010 (janvier à mars)

Considérant la période de janvier à mars, l’année 2020 est déficitaire par rapport à la normale 1981-2010 au Togo en termes de cumul national moyen. Cette situation de déficit va beaucoup s’améliorer au cours de la période allant de juin à septembre 2020

Prévision de cumul pluviométrique de Juin à Août

Dans la Maritime, la Kara, les Savanes et l’extrême nord de la centrale, une situation pluviométrique très proche de la normale à tendance excédentaire est attendue. Par contre dans les Plateaux et la majeure partie de la Centrale, on aura des précipitations déficitaires à tendance normale.

Prévision de cumul pluviométrique de Juillet à Septembre

Au cours de la période de juillet, août et septembre, tout le pays connaitra, une situation pluviométrique proche de la normale à tendance excédentaire à l’exception du sud-ouest des Plateaux et du nord-ouest de la Maritime.

NB :

  • JJA: La situation pluviométrique sera normale à excédentaire à l’exception des Plateaux et la majeure partie de la Centrale (figure 2).

JAS: Situation pluviométrique normale à excédentaire est attendu sur l’ensemble du pays à l’exception du nord-ouest de la Maritime et du sud-ouest des Plateaux (figure 3.

NORMALES SAISONNIERES (mm)
STATIONS JJA JAS
Lomé 299,0 190,6
Tabligbo 316,5 269,3
kouma 604,1 617,4
Atakpa 615,3 637,8
Sotouboua 649,9 701,7
Sokode 651,0 719,3
Kara 658,6 730,5
Niamtougou 673,0 758,3
Mango 574,4 623,7
Dapaong 606,1 642,6

Tableau N° 1 : Moyennes pluviométriques saisonnière

Prévision des paramètres agro-climatiques dans le nord du pays (latitude supérieure à 8°N)

  • Dates de début de la saison des pluies (DD)

Critère : La saison démarre, lorsqu’on enregistre au moins 20 mm de pluie en 1, 2 ou 3 jours consécutifs et sans épisodes secs de plus de 10 jours dans les 30 jours qui suivent à partir du 15 mars.

Prévision

Il est prévu un démarrage normal à tardif de la saison dans la partie septentrionale du pays

Dates de fin de la saison des pluies

Critère : la fin de la saison des pluies a lieu à partir du 1er octobre, lorsque le sol capable de contenir 70 mm d’eau disponible est complètement épuisé par une perte quotidienne d’évapotranspiration de 4 mm

Prévision

Les dates de fin de saison précoces à tendance normales sont attendues dans les régions Centrale, Kara et Savanes (figure 5).

  • Séquences sèches en début de la saison

Critère: C’est le nombre de jours secs consécutifs le plus long pendant les 50 jours après la date de début de la saison.

Prévision

Il est prévu des séquences sèches longues à normales en début de saison (figure 6) dans les trois régions concernées par rapport à la normale1981-2010 (Centrale 8 jours, Kara 8 jours et Savanes 9 jours).

  • Séquences sèches vers fin de la saison

Critère : Les séquences sèches les plus longues vers la fin de la saison (période prenant en compte les phases critiques d’épiaison-floraison et de maturation des cultures), sont déterminées à partir du 50ème jour de l’installation de la saison et jusqu’à la date de fin de la saison.

Prévision

En se référant aux différentes normales de la zone monomodale (Centrale 10 jours, Kara 10 jours et Savanes 11jours), il est prévu des séquences sèches normales à longues vers la fin de saison

Prévision des écoulements 2020

La synthèse des prévisions des écoulements dans les bassins fluviaux du Togo, sur les périodes Juin-Juillet-Aout (JJA) et Juillet-Août-Septembre (JAS) 2020, par rapport à la période de référence 1981-2010, se présente comme suit :

Bassin de l’Oti (partie nord) : Des écoulements excédentaires à tendance normale sont attendus

Bassins du Mono et de l’Oti (partie sud) : Des écoulements normaux à tendance excédentaire sont attendus

Bassin du Lac Togo : Des écoulements normaux à tendances déficitaires sont attendus.

I-Recommandations pour la réduction des principaux risques

1) Face au risque d’inondation

Au regard des cumuls de pluies globalement supérieurs à la moyenne attendus, des durées de séquences sèches plus courtes à moyennes, des écoulements des cours d’eau excédentaires, les risques d’inondations sont élevés. Pour atténuer ces risques sur les personnes, les animaux, les cultures et les biens matériels, il est recommandé de :

  • Suivre de près les seuils d’alerte dans les différents sites à haut risque d’inondation ;
  • Renforcer la communication des prévisions saisonnières et la sensibilisation des communautés vulnérables, en impliquant les acteurs étatiques et les différentes plateformes de réduction des risques de catastrophe dans la chaine de communication et de gestion des crises ;
  • Prévenir l’occupation anarchique des zones inondables, en particulier dans les zones urbaines
  • Renforcer la veille et les capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophes et des aides humanitaires ;
  • Assurer le curage régulier des caniveaux d’assainissement ;
  • Faire des exercices de simulation dans le cadre de la préparation des plans de réponses aux inondations.

2) Face aux risques phytosanitaires et d’insécurité alimentaire

Au regard de la situation globalement humide attendue pour la saison des pluies 2020 et de la crise acridienne en cours en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique, il est très probable d’observer une incursion d’essaims de criquets pèlerins, à la faveur du démarrage précoce prévu pour la saison des pluies dans la bande sahélienne. Conjuguée à la situation liée à la pandémie du COVID19, ce risque d’invasion acridienne pourrait aggraver le risque d’insécurité alimentaire pour des millions de personnes au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Pour prévenir les risques, il est recommandé :

  • aux Etats, de renforcer la surveillance vis-à-vis de l’invasion acridienne dans les zones à risque des pays de la ligne de front, et de maintenir la vigilance contre les autres
    ravageurs des cultures comme la chenille légionnaire ;
  • aux Organisations Inter-Gouvernementales (OIG), de la région de mobiliser les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et la communauté internationale pour une
    gestion préventive du risque acridien
  • aux PTF, d’accompagner les Etats du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, les OIGs de la région dans leurs efforts de lutte contre les nuisibles des cultures et les autres fléaux
    qui peuvent impacter négativement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

3) Face au risque de sécheresse

En dépit du caractère globalement humide attendu pour la saison des pluies 2020, il est probable d’observer par endroit des déficits hydriques pouvant retarder la mise en place de la biomasse fourragère, entrainer des échecs de semis et affecter la croissance des plantes. Ces déficits hydriques pourraient aussi favoriser le développement d’insectes ravageurs des cultures. Par. Pour prévenir les risques, il est recommandé de :

  • Diversifier les pratiques agricoles, à travers notamment la promotion de l’irrigation, du maraichage pour réduire le risque de baisse de production dans les zones exposées ;
  • Veiller à une gestion intégrée des ressources en eau pour une meilleure prise en compte des différents usages, notamment les besoins des barrages hydro-électriques et des aménagements hydro-agricoles ;
  • Interagir avec les techniciens de la Météorologie Nationale, de l’Agriculture et de l’Hydrologie pour des informations spécifiques aux pays et les conseils agro-hydrométéorologiques sur les conduites à tenir ;

4) Face au risque de maladies

Pour réduire le risque de maladies liées à l’eau (Cholera, malaria, dengue, bilharziose, diarrhée, etc.) dans les zones humides ou inondées, il est fortement recommandé de :

  • Sensibiliser sur les maladies climato-sensibles, en collaboration avec les services de météorologie, d’hydrologie et de santé ;
  • Vacciner les populations et les animaux, encourager l’utilisation de moustiquaires, mettre en place des stocks d’antipaludéens ;
  • Prévoir des stocks des médicaments dans les zones difficiles d’accès, suite aux inondations ;
  • Suivre la qualité de l’eau et mettre en place des produits de traitement ;
  • Renforcer les capacités des systèmes nationaux de santé et des plateformes de réduction de risques de catastrophes.

II-Recommandations pour la valorisation des opportunités

Au regard du caractère globalement humide attendu de la saison des pluies, il est recommandé aux agriculteurs, éleveurs, autorités, gestionnaires des ressources en eau et de l’hydro-éléctricité, Projets, ONG et OP de

  • soutenir le déploiement de techniques d’augmentation de rendements des cultures, à travers l’apport des fertilisants (fumure organique et engrais minéral) et la mise en place de variétés à haut rendement ;
  • renforcer les dispositifs d’encadrement et d’assistance agro-hydro-météorologiques des producteurs ;
  • faciliter aux producteurs l’accès aux semences améliorées, notamment celles à haut rendements ;
  • exploiter les eaux disponibles, à travers la promotion de l’irrigation, des cultures de décrue et de l’aquaculture, en particulier dans les plaines inondables.
  • Il est recommandé à tous les acteurs du suivi de la campagne agricole d’être attentifs aux
    mises à jour qui seront faites par le Centre Régional AGRHYMET, l’ACMAD et les services météorologiques et hydrologiques nationaux.

Avec MAPAH

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