Les hippopotames sont intégralement protégés au Togo où on compte une cinquantaine. La vallée du Mono, communément appelée la mare d’Afito compte à elle seule, plus d’une trentaine d’hippopotames, selon le rapport de l’ONG CDAC. La détention, la circulation et la vente de trophées d’hippopotames, sont punies par les articles 761 et 796 du nouveau Code pénal du Togo.
« La destruction et la commercialisation, directe ou indirecte, sans droit d’espèces animales ou végétales protégées en vertu des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et des conventions internationales auxquelles la République du Togo est partie est punie d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million à cinquante millions sans préjudice de toute autre disposition du présent code », énonce l’article 761 du nouveau Code pénal.
Togo : plus de menace de disparition pour les hippopotames dans les mares à Afito
Et, l’article 796 de ce même code dispose : « Quiconque fait circuler, vend, importe, exporte ou fait transiter des animaux sauvages, vivants, des trophées sans autorisation est puni d’une peine d’emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de cent mille à cinq cent mille francs CFA ou de l’une de ces deux peines ».
Pourtant, dans les fleuves Mono et Oti ou dans les marres et lacs du sud du pays, les hippopotames sont chassés même si on reconnait que la chasse reste une activité traditionnelle. En mars 2018, douze braconniers ardemment armés ont attaqué un hippopotame dans le canton de Sendomé, le fief de ces espèces menacées.
Attaqué dans la zone de Atikpatafo, juste à 500 mètres de la mare d’Afito, l’hippopotame s’est battu bec et ongle pour ne pas se laisser dans les mains de ses ennemis. Malheureusement on le retrouve mort le lendemain dans l’après-midi. Selon certaines sources, non seulement l’hippopotame est tué pour ses canines en ivoire mais aussi pour des pratiques religieuses car la viande d’hippopotame est exigée pour certaines cérémonies coutumières annuelles. Pourtant, la présence de la population d’hippopotames dans le fleuve
Mono ou dans les lacs et marres du sud du pays favorise l’activité touristique et représente une source de revenus non négligeables pour les populations riveraines. Les principales menaces qui pèsent sur les hippopotames sont dues au réchauffement climatique, à la chasse pour la viande et pour leurs canines et à la diminution drastique de leurs habitats. Aujourd’hui, on estime, selon l’UICN, qu’il n’y a plus que 125.000 hippopotames amphibies en Afrique.
Pourtant l’hippopotame est non seulement l’ingénieur de l’écosystème à cause de sa capacité d’étendre les prairies mais aussi joue un rôle important dans la biodiversité. En déféquant dans les rivières, il les enrichit avec du silicium, un élément indispensable à la croissance de micro-algues essentielles à l’écosystème des rivières africaines.
L’UNION










