Grâce à SCANTOGO, les hippopotames ne sont plus menacés de disparition sur le site de la mare d’Afito.
Intégrées à la réserve de Biosphère Transfrontière du Mono reconnue par l’UNESCO en 2017 dans le cadre du projet transfrontalier Togo et Bénin de la GIZ , les mares du site d’Afito ne sont plus sujets de braconnage.
Mieux, les populations des hippopotames (Hippopotamus amphibius) , ont été restaurées grâce à l’appui complémentaire du groupe cimentier SCANTOGO, dans le cadre de leur politique de compensation de la biodiversité.
La filiale du groupe cimentier au Togo a injecté environ 1,2 millions de FCFA pour la surveillance et la restauration des habitats des hippopotames. C’est ce qu’a fait savoir Monsieur ATSRI Honam, spécialiste en écologie et conservation de la biodiversité, interrogé par Vert-Togo. Selon l’expert, les hippopotames n’existent quasiment plus au sud Togo, mais le site d’Afito dans la préfecture de Yoto constitue le seul refuge de ces mammifères classés espèces vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
« Bien avant ce projet de conservation de biodiversité le long du fleuve Mono, les zones où les hippopotames vivaient attiraient les braconniers notamment les béninois venaient les tués. Les communautés luttaient certes, mais les moyens manquaient. Mais avec l’accompagnement de plusieurs partenaires dont SCANTOGO, cela a réduit considérablement les menaces des hippopotames. Aujourd’hui, les cas de braconnage sont quasiment nuls. On n’a plus de perte des hippopotames mais on assiste à une multiplication des conflits entre ces mammifères et les populations en dépit des mesures des aménagements réalisés et les activités de restauration des habitats. », explique-t-il.
Avant d’ajouter « Nous avons également constaté que les populations de ces mammifères ne font qu’augmenter, puisqu’on a remarqué une recolonisation progressive des populations d’hippopotames dans le lac Elia à Kpessou. D’où la nécessité d’appuyer la restauration du lac Elia quasiment vidé de ses poissons à cause des mauvaises pratiques de pêche et d’exploitation des ressources naturelles».
Il faut noter que c’est le Centre de Développement des Actions Communautaires (CDAC-ONG) qui a été sollicité par le Groupe HeidelbergCement Togo pour la conservation et la protection des hippopotames. Pour atteindre ces résultats positifs, plusieurs sensibilisations et formations, ont été faites à l’endroit des communautés locales et des éco gardes sans oublier la mise en place des outils de gestion efficace des aires communautaires de conservation notamment les règles consensuelles de gestion, la stratégie de surveillance et le plan d’aménagement et de gestion participatif.
Restauration et protection des mangroves prise en compte
Le projet de protection de la biodiversité de la réserve de biosphère transfrontière du Mono ne laisse pas pour compte la restauration des mangroves. Mais, les changements sur certains aspects ne sont pas très visibles, et pour cause.
D’après Monsieur ATSRI Honam, « Au niveau des mangroves, le problème de la disparition des mangroves n’est pas seulement lié à la coupe des mangroves pour le bois-énergie et les cultures mais aussi dû aux perturbations écologiques notamment la modification des conditions physico-chimiques, le régime d’écoulement des eaux et le niveau de submersion temporaire des rives ou bassins du chenal de Gbaga.»
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Et d’expliquer « une bonne stratégie de restauration des mangroves nécessite d’importants investissements pour des travaux d’aménagement de ces zones en vue du rétablissement des conditions écologiques favorables à l’installation des mangroves sans oublier la gestion des feux de brousse et de pâturage. Néanmoins au niveau de la coupe des mangroves à des fins de bois-énergie (charbon de bois et bois de chauffe), il y a une nette amélioration parce que les populations se rendent compte des biens et services fournis par les mangroves qu’elles sont en train de perdre. On peut citer par exemple la fourniture des crabes et les zones de frayère pour la reproduction des poissons.»
L’expert en conservation de la biodiversité propose en attendant qu’il est urgent d’entreprendre avec les populations à travers les communes , des actions de plantations à objectif de bois-énergie en intégrant les questions de gestion du foncier dans une zone fortement peuplée et sans planification de l’utilisation des terres.
Pour information, la réserve transfrontalière du Mono se situe dans la partie sud du fleuve Mono. Il s’agit d’une limite naturelle de la frontière entre le Togo et le Bénin.
Hector N.




