Togo: Réflexion sur les opportunités de création d’une aire marine protégée

Des acteurs intervenant dans la zone de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono (RBT), côté togolais, explorent les pistes de la mise en place d’une aire marine protégée (AMP) au Togo.

A l’initiative de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)et avec l’appui de l’Union Européenne, ils participent depuis mardi à Lomé à un atelier d’identification des opportunités de création d’une AMP au Togo. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du projet de « Gestion des Forêts de Mangroves du Sénégal au Bénin » dénommé PAPBio C1-Mangroves.

Le projet en question a pour objectif d’atteindre la protection intégrée de la diversité et des écosystèmes fragiles de Mangroves en Afrique de l’Ouest et leur résilience renforcée aux risques climatiques.

Selon les organisateurs, ce premier atelier fait suite au constat selon lequel, il n’y a pas encore beaucoup d’AMP dans la partie du Golfe de Guinée. De même, la partie togolaise de la RBT ne dispose pas d’une AMP bien que ses limites sud bordent la mer.

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L’objectif est donc d’établir un cadre de discussions entre les acteurs potentiels et parties prenantes intervenants dans la zone de la RBT, de la partie togolaise ainsi que les enjeux et contraintes liées à la création d’une AMP.

« Les aires marines protégées (AMP) sont des espaces délimités en mer qui répondent à des objectifs de protection de la biodiversité marine et qui favorisent la gestion durable des activités maritimes. C’est une question sur laquelle nous travaillons depuis des années au Sénégal, en Mauritanie, au Cap-Ver, en Gambie. Mais vers la partie du Golfe de Guinée, nous avons constaté qu’il n’y a pas encore beaucoup d’aires protégées notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Bénin et au Togo. Nous voulons ainsi aider les autorités et nos partenaires à la la mettre en place d’une AMP au Togo« , a indiqué Renaud Bailleaux, coordinateur de Programme marin et côtier à l’UICN.

De son côté, la directrice des ressources forestières, Dr Amah Atunu a salué l’organisation de cet atelier.

« Le projet de création d’une AMP s’aligne sur les politiques et programmes du programme notamment la Feuille de route gouvernementale (2020-2025) et la stratégie nationale pour le littoral et la mer (2021-2030). Si les réflexions deviennent concluantes, elles devront aider notre pays à s’inscrire pleinement dans les objectifs de la Convention sur les zones humides, la mise en œuvre du cadre mondial pour la biodiversité post-2020 de la Convention sur la biodiversité (CDB) et ceux des Objectifs du développement durable (ODD 2030), de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine« , a-t-elle laissé entendre.

Mme Atunu appelle par ailleurs à une participation active des communautés locales et des partenaires clés pour la réussite dudit projet.

« La réussite de ce projet dépendra, d’une part, de la qualité de participation des communautés locales avec une priorité donnée aux femmes, à la jeunesse locale, aux collectivités locales et aux ONG environnementaux et d’autre part, des partenaires clés notamment les différents départements ministériels nationaux concernés et la contribution de ce projet au développement national. Je reste persuadée que la synergie d’actions des institutions nationales concernés et des communautés bénéficiaires permettra l’atteinte des résultats attendus de ce projet« , a-t-elle ajouté.

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Pendant deux jours, il sera question de faire une cartographie des acteurs qui interviennent dans la RBT du Mono, coté togolais en vue de leurs intégrations dans le processus de constitution du futur comité de gestion ; d’identifier les acteurs pouvant aider à la prise de décisions en faveur de la création de l’AMP ; de faire une analyse SWOT pour identifier les opportunités et les contraintes de disposer d’une AMP ; d’élaborer un document de plaidoyer en faveur de création de l’AMP Togo destiné aux acteurs locaux et autorités étatiques ; de s’accorder sur l’emplacement géographique de l’AMP et ses dimensions et de dresser une feuille de route pour les prochaines étapes de la mise en œuvre.

Notons qu’au Togo, le système lagunaire côtier et le chenal de Gbaga pourraient être prolongés en mer pour en faire une AMP.

 

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