Accueil Actualité Togo : A Brounfoun , les producteurs de cacao ploient sous...

Togo : A Brounfoun , les producteurs de cacao ploient sous le poids de la misère

411
0
Togbui Fiakey IV, chef du village de Broufoun

Si en principe, chaque travailleur doit vivre de son métier et l’agriculteur du travail de la terre, s’aventurer dans des contrées éloignées de la capitale nous ont souvent prouvé le contraire.

Une situation des plus précaires  qui se présente  à Brounfoun (environ 40km de Kougnonwou) dans la Préfecture d’Akébou, située au nord-ouest de la Région des Plateaux.

Dans cette localité, le quotidien est rimé par l’agriculture, notamment la culture du cacao, sur fond d’une grande misère.

Les populations, malgré leur activité agricole, peinent à s’offrir les moyens de vivre décemment. Avoir une lampe torche, avoir accès à l’électricité et même à l’eau potable sont un véritable luxe qu’on ne peut s’offrir dans cette contrée.

Togbui Fiakey IV, le chef du village de Broufoun est l’un des planteurs de l’Union des groupements de producteurs de café-cacao d’Atchamawè qui vit avec sa communauté cette  précarité.

Père d’une famille nombreuse, il mène cette activité agricole depuis une dizaine d’années mais peine toujours à joindre les deux bouts. « Cela fait 10 ans que je cultive du cacao mais je ne gagne rien. Actuellement même j’ai en ma possession 3 hectares et demi de cacaoyers mais ceci est improductif. », s’écrie-il.

L'”or brun” rapporte surtout aux industriels des pays occidentaux qui le transforment en tablettes, barres, biscuits et gâteaux, mais peu à ceux qui le cultivent. Sur les 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires générés chaque année dans le monde par la filière cacao-chocolat, seulement six (6) milliards reviennent aux agriculteurs, selon la Banque Mondiale. Une situation qui peut être inversée ou atténuée si les producteurs locaux de cacao se mettent à la transformation.

Accès aux services sociaux de base : le grand calvaire

Bien au-delà de l’activité agricole, principale source de revenus, mais qui périclite dans la localité, le quotidien et l’accès aux infrastructures de base est un calvaire pour les populations de Brounfoun.

« On n’arrive pas à vivre décemment à Brounfoun. Et en plus de cela, on a beaucoup de dépenses avec nos nombreuses familles. L’école a commencé mais nos enfants sont encore à la maison. Faute à l’inexistence de bâtiments de classes. On n’a pas non plus de l’électricité dans la localité pour que nos enfants puissent étudier.», déplore le chef du village.

Et la situation décrite par le chef du village semble générale à toute la localité où vivent 3600 familles, soit 4.000 habitants. Pour plusieurs parents, eux aussi cacaoculteurs, réussir à envoyer leurs enfants à l’école pour qu’ils aient plus tard une meilleure vie est leur principale préoccupation.

Kokou Amou, père de trois enfants, qui n’a récolté qu’une tonne de cacao lors de la dernière campagne, confie à Vert Togo « Nous voulons une école en briques ici à Brounfoun. Mais avec ce prix du cacao, nous n’avons pas assez d’argent pour la bâtir. »

Pour faire avec les moyens de bord, les paysans de Brounfoun ne sont parvenus à construire que des paillotes, mais elles sont  effondrées et  donnent très peu envie de s’y aventurer. Une action s’impose.

Vue partielle d’une salle de classe en paille effondrée  à Broufoun/VTG

Le défi agricole à relever à Brounfoun

D’un point de vue général, au Togo, plusieurs facteurs influencent la capacité des cacaoculteurs à gagner un revenu élevé. La majorité des cacaoculteurs togolais sont des travailleurs indépendants et exploitent de petites plantations de 2 à 10 hectares. Compte tenu de leur petite taille, les rendements sont souvent faibles, avec une moyenne de 0,75 tonne par hectare.

En outre, les agriculteurs ont du mal à accéder à des services de vulgarisation qui contribuent à améliorer les techniques agricoles et à augmenter les rendements. Par ailleurs, les faibles rendements induisent de faibles revenus générés par les agriculteurs et les empêchent de faire des économies.

Afin de permettre à la population cacaocultrice de Brounfoun de sortir de l’ornière, un défi majeur est à relever. Il s’agit de leur formation et de les appuyer à travers l’amélioration des techniques culturales et par ricochet, des rendements. Une option qui permettra aux producteurs de tirer un bon parti de leur activité.

Et c’est justement afin de changer la donne, apporter du sourire et du mieux-être à ces cacaoculteurs togolais que Komi Agbokou et son équipe s’engagent avec l’appui du programme Forest and Farm Facility du FAO. Ils mènent à cet effet, depuis le 29 juillet, une mission auprès de ces populations, dans ce cadre.

Kofi Meser depuis Akébou

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here