Quatre missions de consultations ont été conduites par l’ONG AGBO-ZEGUE en vue de renforcer les capacités des populations locales et des Comités Villageois de Gestion en matière de protection des lamantins d’Afrique de l’Ouest dans les villages riverains des écosystèmes du Lac Togo et du fleuve Mono.
Ces missions financées entièrement par le Groupe HeidelBergCement au Togo via SCANTOGO ont permis d’identifier les acteurs facilitateurs (écogardes) pour le suivi écologique des populations de lamantins d’Afrique (Trichechus senegalensis) dans le Lac Togo et le fleuve Mono.
Togo : le lamantin, une espèce aquatique protégée par la CAAC
Des réunions de sensibilisation et d’éveil de conscience des populations riveraines de ces écosystèmes ont été organisées. Ces missions consultatives ont permis d’identifier 04 écogardes (02 du Lac Togo et 2 le long du Mono) qui pourront aider dans la conduite des activités de suivi.
Un protocole de suivi écologique mis en place
Dans le cadre de ce sous-projet de « Suivi des lamantins d’Afrique (Trichechus senegalensis) dans le Lac Togo et dans le fleuve Mono », l’ONG AGBO-ZEGUE a mis en place un protocole de suivi.
Ce dernier a consisté à visiter le Lac Togo et le long du fleuve Mono, surtout les zones de présence de l’animal deux (02) fois dans le mois pour faire des observations (de l’animal ou de ses indices de présence), et discuter avec les communautés de pêcheurs pour connaître les menaces qui pèsent sur l’animal (les captures et la destruction des habitats).
La perception des populations locales sur l’abondance relative des lamantins dans les différents écosystèmes a été notée.
Sur le terrain l’équipe de suivi est composée de 05 personnes, notamment 03 membres de l’ONG AGBO-ZEGUE et 02 éco gardes qui renseignent la fiche de collecte des données de toutes les informations relatives à la présence des lamantins dans des sites échantillonnés.
Les informations prises en compte dans le cadre de suivi écologique sont : les observations directes, les indices d’alimentation, les crottes et les captures accidentelles par les pêcheurs, etc.
Aussi, des discussions avec les communautés de pêcheurs sont faites à chaque fois que l’équipe de suivi est sur le terrain.
Ces discussions permettent d’avoir des informations récentes sur la présence, les menaces (les captures et la destruction des habitats) et la perception des populations riveraines sur l’abondance relative des lamantins dans le Lac Togo et dans le Mono.
A en croire les explications de M. Atsri HONAM, le financement de SCANTOGO a contribué à protéger les lamantins au niveau du lac Togo : le Haho et le Zio. C’est à ces niveaux des eaux douces qu’on a les lamantins.
« Avec l’ONG AGBOZEGUE nous avons mis en place un système de suivi pour vérifier la présence des lamantins parce que c’est une espèce très menacée. Avec ce système et la collaboration des communautés nous avons pu se rendre compte que les lamantins survivent encore au Togo. »
Et de poursuivre « On a pu sauver au moins trois qui étaient en train d’être capturés. Nous avons eu signe de vie de trois groupes de lamantins dans certaines zones comme dans Ziomé, Soussoumé jonction lac et zio. Au niveau de la jonction avec le haho. Ce sont des zones de préférence de ces espèces. On peut donc mener des actions concrètes dans ces zones. »
Les 03 mois de suivi des lamantins d’Afrique dans le Lac Togo et dans le Mono ont permis de relever une observation directe de 02 individus et 14 indices d’alimentation dans l’ensemble dans les deux zones identifiées.
Toutefois il a été remarqué la nécessité d’explorer aussi la jonction du fleuve Haho avec le Lac Togo où se trouvent aussi les lamantins. Ce qui nécessite des moyens supplémentaires. Environ 50 millions de FCFA.
Il faut noter que l’espèce est très menacée au niveau du chenal de Gbaga au niveau du Mono au Sud du Togo.
Edem Kolani


