L’épilation, c’est-à-dire l’action d’enlever les poils fait partie de nos habitudes quotidiennes. Les techniques varient mais le but est le même pour toutes : pas un poil. Leur taille moyenne, leur odeur, les dangers si on les épile… avant de s’en débarrasser, il serait quand même intéressant de savoir certaines choses sur nos poils intimes.
Ils protègent nos parties génitales
Nos poils intimes ne sont pas situés là par hasard. Si certaines femmes se sentent gênées par leur présence, peut-être ne savent-elles pas ce qu’elles y gagnent. Dans notre corps, tout a une ou plusieurs fonctions, dont certaines ne pas encore découvertes à ce jour. Les poils intimes, et tout le système pileux en général, n’y échappent pas. Ils sécrètent notamment du sébum, un film huileux fabriqué dans les glandes sébacées annexées à chaque poil. Ce sébum est censé protéger notre peau, notamment des irritations vestimentaires et du décapage de certains gels douches.
Ils agissent comme des « capteurs »
En plus de protéger nos parties intimes, les poils agissent comme de véritables capteurs de notre environnement extérieur. Mêmes minimes, les poils pubiens captent les mouvements (toucher, effleurage, courant d’air) via des petits récepteurs qui transmettent au cerveau les informations pour les identifier et prendre les décisions. Ils permettent notamment de se renseigner sur la température extérieure. Cette fonction est surtout sollicitée en l’absence de sous-vêtement. Car en temps normal la zone pubienne est soumise en permanence à une température élevée, liée à notre manière de nous habiller, qui fausse parfois les informations ressenties par notre système hormonal.
En outre, les poils sont des capteurs mais aussi des indicateurs : leur aspect reflète notre santé et notre vieillissement. Ils peuvent blanchir et s’espacer avec le temps. Mais aussi être atteints par certaines maladies, comme l’épuisement de la thyroïde ou de l’hypophyse, ainsi que de nombreux médicaments.
Ils mesurent entre 2 et 7 cm
Taille (en moyenne : de 2 à 7 cm), forme (plus ou moins ondulés ou frisés), couleur, diamètre : nos poils pubiens sont génétiquement programmés. Cette programmation n’est pas modifiable, mais elle peut être influencée par le mode de vie. Leur aspect vient du brassage de gènes de nos ancêtres.
Pourquoi s’arrêtent-ils de pousser ? Tout comme leur aspect, la longueur de leur pousse est programmée : ils tombent après quelques semaines lorsqu’ils sont arrivés à leur longueur maximale et sont remplacés par des nouveaux venus. C’est le même cycle que les cheveux dont la longueur maximale, si on les laisse pousser, varie beaucoup selon les individus (certaines femmes ont des cheveux descendant jusqu’aux hanches, d’autres beaucoup moins).
Ils n’ont pas la même couleur que les cheveux
La couleur des poils pubiens n’est pas forcément, voire rarement, la même que celle des cheveux. Cela pourrait entre autre être lié à l’action du soleil sur les cheveux : une chevelure claire exposée tout l’été au soleil s’éclaircira sous l’effet de la lumière alors que les poils du corps resteront plus foncés. Mais à part ce type de facteurs extérieur, on ne connaît pas raison de cette différence de couleur.
Ils sont pleins de bonnes bactéries
Les poils pubiens hébergent en temps normal des bonnes bactéries, non odorantes, qui se renouvellent sans cesse après chaque douche et savonnage de la peau. Elles protègent notre pubis et notre vulve des infections, irritations, agressions ou mycoses.
Attention : au moment du lavage, le décapage est parfois trop fort et peut perturber nos « bons » microbes protecteurs. La peau devient plus fragile et peut laisser s’installer des microbes infectants.
Ils nous permettent de transpirer
Des petites glandes annexées à chaque poil fabriquent de la sueur apocrine, comme sous les aisselles. La sécrétion est intermittente et liées aux émotions (la peur par exemple), l’effort physique ou l’excitation sexuelle. Elle aussi élimine des substances issues de notre métabolisme. L’odeur désagréable s’explique par la dégradation de la sueur par les microbes présents à la surface de la peau.
Ils sentent ce que nous mangeons
Notre pubis et notre vulve peuvent par moment diffuser une odeur forte, et c’est tout à fait normal. Celle-ci viendrait, entre autre de la présence des poils sur ces zones intimes.
Comment se diffuse l’odeur ? Le sébum sécrété par les poils véhicule des molécules odorantes ou malodorantes, notamment imprégnées des déchets de notre métabolisme. Lorsque nous mangeons certains aliments odorants ou malodorants, leur parfum peut se retrouver sur la peau par les sécrétions cutanées.
Ils renforcent l’attirance sexuelle
Avec le sérum et la sueur, les poils véhiculent également des phéronomes, des substances chimiques volatiles odorantes, vestiges de notre vie préhistorique, et encore très présentes chez les animaux. Ils serviraient notamment à souder la relation d’un bébé avec sa mère, ou à marquer l’attirance sexuelle entre deux individus. « Le cycle féminin les influence (selon la semaine des règles ou de l’ovulation), mais aussi des émotions comme la peur. Aujourd’hui, on fait la chasse aux odeurs corporelles gênantes… Mais attention, en s’en débarrassant, on élimine aussi les phéronomes.
Ils s’incarnent plus facilement
Après avoir été rasés ou épilés, les poils repoussent car ils gardent leur racine profonde. Mais si la peau a été irritée, blessée par un rasage, si la flore cutanée a été perturbée et que les microbes infectants prolifèrent, le canal par lequel ils sortent se déforme. Ces conditions favorisent l’apparition des poils « incarnés » ou de kystes de la glande sébacée qui peut se « boucher », et s’infecter parfois. La zone pubienne est-elle plus fragile ? Les poils pubiens, comme les poils axillaires, ont des racines bien plus profondes que les poils du corps, ce qui explique parfois la profondeur des kystes et des abcès.
Source : Dr Marie-Pierre Hill-Sylvestre & Dr Florence Ottavy, auteur de l’ouvrage : « La peau, la dermatologie au service de la beauté ».


