A Lomé et dans pratiquement toutes les régions du Togo, l’essence frelatée est vendue en plein air ! Le phénomène n’est pas nouveau et reste connu de tous ! Si ses conséquences sont nombreuses sur la santé, ses effets néfastes sur l’environnement ne sont pas moins négligeables. Dans cet article découvrez le double impact négatif de cette pratique sur la vie des populations Togolaises et sur l’environnement. Que Fait exactement le Togo en matière de lutte contre la pollution de l’air, un problème environnemental majeur à travers le monde?
Une enquête au Togo révèle des disparités dans les politiques de lutte contre le phénomène. La lutte n’a donc pas le même visage lorsqu’on est à Cotonou, Lomé ou à Niamey.
Dans ces villes, la pollution de l’air sévit et de très bonnes lois pour y lutter contre existent. Mais elles ne sont pas toutes respectées à la lettre.
Ces pays francophones disposent, chacun, d’une loi sur l’environnement. Les textes, dans leur ensemble, encouragent une lutte farouche contre la pollution de l’air.
La loi du Togo stipule en son article 5 que : « Le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais découlant des actions préventives contre la pollution, ainsi que des mesures de lutte contre celle-ci, y compris la remise en l’état des sites pollués, sont supportés par le pollueur».
A en croire l’article 108 de cette loi « toute personne qui produit ou détient des déchets dans des conditions à produire des effets nocifs sur le sol, la flore ou la faune, à dégrader les paysages, à polluer l’air ou les eaux, à engendrer des odeurs et d’une façon générale à porter atteinte à la santé de l’homme, des animaux domestiques et à l’environnement, est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer l’élimination ».
Par ailleurs, le Togo dispose d’un arsenal de textes qui réglementent la chasse, une activité qui constitue la principale cause des feux de brousse source de pollution, et la coupe de bois Car les arbres jouent un grand rôle dans l’équilibre atmosphérique en absorbant du gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène.
Au niveau des industries, les textes disponibles exigent des Etudes d’Impact Environnemental et Social (EIES) avant leur mise en place. Ainsi tous les quatre ans, elles sont soumises à un audit environnemental pour vérifier si les effets néfastes relevés en amont par les Etudes d’Impact Environnemental et Social ont été réduits. Cette méthode met en exergue l’implication des industries (souvent polluantes) dans la protection de l’environnement au Togo.
Malheureusement, les industries qui sont implantées au Togo avant 2005 n’ont pas fait des Etudes d’Impact Environnemental et Social. Aujourd’hui, elles sont plutôt dans une démarche d’accompagnement progressif vers ces études.
L’état Togolais s’appuie sur la qualité du carburant
Au Togo, l’Etat mise aussi sur la qualité des carburants. Des efforts ont été faits dans les transports en commun, notamment grâce à la société d’Etat Sotral qui met des bus en circulation dans tout le pays, particulièrement pour desservir la capitale et ses zones périphériques.
Ces dispositions permettent de réduire la pollution de l’air qui croît en teneur du fait de l’effet polluant des motos de plus en plus nombreux dans le pays.
Hervé Amewoinou Edorh, Ingénieur à Envi Pur, une structure spécialisée dans la mise en place des infrastructures de protection de l’environnement et sur les questions de la qualité de l’air indique que dans la lutte contre la vente du carburant frelaté, on peut trouver une alternative en réduisant le taux de plomb dans les carburants et ou en adoptant directement des carburants sans plomb.
« La question de la pollution de l’air est globale d’autant plus que l’atmosphère est commune à tous. Et comme il n’y a pas de frontière aérienne, il est essentiel que tous les pays ratifient les accords et se mettent tous au même niveau, pour que la lutte ait un impact significatif » précise-t-il.
Et de suggérer « Il faut savoir prendre le décret, élaborer les textes, mais aussi savoir les appliquer. Le Togo n’arrive pas vraiment à respecter les textes en matière de pollution de l’air. Il existe pourtant un guide sur l’audit environnemental et qui couvre tous les quatre ans pour permettre de quantifier la qualité l’air, et pour savoir plus tard en cas de problème, qui a pollué l’environnement ou pas. Cependant, nous gardons espoir car il y a des entreprises qui commencent par se mettre au pas»
« On ne peut pas parler de la qualité de l’air sans parler de la qualité du carburant, nous devons travailler en concertation avec le ministère de l’énergie pour que nos activités se concordent et que des doléances puissent être prises dans des textes qui seront élaborés à ce niveau-là », a précisé un spécialiste des hydrocarbures au Togo. En Afrique subsaharienne, 27 pays disposent de lois sur la protection de l’environnement qui fixent les paramètres du carburant des véhicules et les normes d’émission des gaz par les industries.
Les taxi motos, une autre cause
Près de 50 000 taxis-motos au Togo polluent allègrement à longueur de journée l’atmosphère au point où respirer de l’air sain devient difficile pour les habitants. La mauvaise qualité de carburants que ces véhicules consomment dans ces pays constitue une autre source de pollution.
Les produits pétroliers frelatés (essence, pétrole et huile à moteur) au Togo se vendent à chaque coin de rue. Cette activité en provenance du Nigéria qui a commencé presque à la même période que le zémidjan, assure des revenus à des dizaines de milliers de personnes et occasionnent chaque année des dizaines de milliards de francs CFA de manques à gagner aux Etats.
Au Togo les autorités essayent de combattre la vente illicite de ces produits qui polluent. Mais la lutte ne prend pas les gouvernants finissent par abandonner la bataille
Selon André Johnson, ministre togolais de l’environnement « Les besoins en énergie sont en croissance exponentielle avec pour conséquences la pollution de l’air, de l’eau et de la terre, la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre entraînant le réchauffement de la planète ».
Répercussions sur la santé
A en croire l’Association des Journalistes scientifiques du Bénin, la pollution de l’air est responsable des maladies non transmissibles telles que les accidents vasculaires cérébraux (34%), des cardiopathies ischémiques (26%), des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), (22%), des pneumonies (12% et des cancers du poumon (6%).Selon l’Oms, l’exposition à des polluants de l’air à l’intérieur des habitations entraîne 3,8 millions de décès prématurés.La même source révèle que plus de 4 millions de personnes meurent prématurément de maladies imputables à la pollution de l’air domestique due à la cuisine à base de combustibles solides.
Hector Nammangue


