La culture du cocaïer, source d’une utilisation intensive des pesticides chimiques

Le cocaïer est un arbuste tropical de la famille des Érythroxylacées qui pousse entre 700 et 1 800 mètres d’altitude en Amérique du sud. Il en existe environ deux cents espèces.

Deux espèces, Erythroxylon coca et E. novogranatense, dont les feuilles contiennent de la cocaïne à une concentration de 0,2 % à 2 %, sont cultivées.

Selon le dernier rapport des Nations unies, la Bolivie compte 24.500 hectares de culture de coca (+7% sur un an).

Le pays arrive au troisième rang des pays cultivateurs de cette plante, derrière la Colombie et le Pérou. A côté des usages traditionnels, entre 35% et 48% de cette coca sert à la production de cocaïne.

coca pousse dans les régions tropicales humides, notamment sur le versant oriental des Andes, en Équateur, en Bolivie et au Pérou tandis que E. novogranatense pousse dans des zones montagneuses plus sèches et le long des côtes en Colombie et au Pérou.

Le cocaïer cultivé est un arbuste de 50 cm à 2 m de haut, à port ramifié. Il forme de petites fleurs blanches donnant des fruits (baies) rouges et est cultivé pour ses feuilles (coca). Les feuilles sont allongées, longues de 2 à 8 cm et comportent une zone elliptique caractéristique, l’area, délimitée par deux plis.

 Selon le climat, un demi à un kilo de feuilles peuvent être cueillies de une à plusieurs fois par an lorsque l’arbuste est arrivé à maturité, ce qui demande deux à trois ans. Ainsi, dans les régions tropicales chaudes et humides, une dizaine de récoltes sont faites chaque année avec un rendement allant de 0,8 tonne par hectare à plus de 2 tonnes par hectare selon les régions.

En outre, les planteurs de coca sont habitués à utiliser de manière massive et intensive des pesticides chimiques qui affectent directement la santé des abeilles »,

  Culture illicite

Les plantations illicites de cocaïer sont importantes dans trois pays, le Pérou, la Bolivie et la Colombie. Des surfaces d’importance marginale existent aussi dans d’autres pays d’Amérique latine (Équateur, Brésil, Panama). La culture illicite du cocaïer, qui occupe probablement près de 200 000 hectares en Amérique latine produirait annuellement environ 300 000 tonnes de coca soit potentiellement quelque 1 000 tonnes de cocaïne. Elle est responsable d’une part non négligeable de la déforestation et de la pollution des cours d’eau dans les pays concernés.

La culture de la coca est destinée pour une petite partie à l’usage traditionnel dans les pays andins et pour l’essentiel à la production de cocaïne, principal alcaloïde de la feuille de coca. La cocaïne est l’ester méthylique de la benzoylecgonine. C’est une des drogues illicites les plus utilisées dans le monde.

Production de cocaïne

La quasi totalité de la production mondiale de cocaïne a pour origine l’Amérique du Sud même si quelques plantations peuvent exister ailleurs. La coca a notamment été cultivée par le passé à Java et à Ceylan. La Colombie, premier producteur mondial, a des capacités de production de cocaïne de l’ordre de 300 à 500 tonnes annuelles, la capacité mondiale étant sans doute comprise entre 800 et 1 000 tonnes dont 200 à 300 tonnes sont saisies chaque année dans le monde. Les besoins mondiaux de l’industrie pharmaceutique en cocaïne sont inférieurs à une tonne par an (400 kilos en 1998).

Cocaïne

Traditionnellement importatrice de feuilles et de pâte base venant de la Bolivie et du Pérou, la Colombie s’était spécialisée dans la transformation de la pâte base en chlorhydrate de cocaïne. Ces dernières années, les surfaces cultivées se sont cependant largement étendues en Colombie (elles auraient augmenté de 28 % en 1998) tandis qu’elles régressaient au Pérou et en Bolivie mais, inversement, il y a de plus en plus de laboratoires de transformation dans les pays traditionnellement exportateurs de feuilles et probablement aussi au Brésil.

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