António Guterres : « Les pays de l’Afrique de l’Ouest risquent de subir les conséquences du stress thermique.»

Selon António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, l’augmentation du stress thermique devrait entraîner une perte de productivité équivalente à 80 millions d’emplois et ceci peut impacter négativement les pays les plus pauvres. Lit-on sur sa page twitter.

« Le réchauffement de la planète entraînera une augmentation du stress thermique lié au travail, nuisant à la productivité et causant des pertes d’emplois et des pertes économiques. Les pays les plus pauvres seront les plus touchés. » affirme t-il.

Par ailleurs, un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT), stipule également cette augmentation du stress thermique résultant du réchauffement climatique.

D’autres données consultées, nous indique que les projections basées sur une augmentation de la température mondiale de 1,5°C d’ici la fin du siècle suggèrent qu’en 2030, 2,2 pour cent du total des heures de travail dans le monde seront perdues à cause des températures plus élevée et cela équivaut à des pertes économiques mondiales de 2 400 milliards de dollars américains.

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De plus, le rapport souligne qu’il s’agit d’une estimation prudente parce qu’il suppose que l’augmentation moyenne de la température mondiale ne dépassera pas 1,5°C. Il suppose également que les travaux dans l’agriculture et la construction – deux des secteurs les plus touchés par le stress thermique – sont effectués à l’ombre.

Le nouveau rapport de l’OIT, révèle que l‘impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent s’appuie sur des données climatiques, physiologiques et d’emploi et présente des estimations des pertes de productivité actuelles et prévues aux niveaux national, régional et mondial.

Le stress thermique fait référence à la chaleur qui dépasse ce que le corps peut tolérer sans souffrir d’altération physiologique. Elle se produit généralement à des températures supérieures à 35°C, dans des conditions d’humidité élevée. L’excès de chaleur pendant le travail est un risque pour la santé au travail ; il restreint les fonctions et les capacités physiques des travailleurs, leur capacité de travail et, par conséquent, leur productivité. Dans les cas extrêmes, elle peut entraîner un coup de chaleur, qui peut être fatal.

Le secteur qui devrait être le plus durement touché, au niveau mondial, est l’agriculture. 940 millions de personnes dans le monde travaillent dans le secteur agricole. On prévoit qu’il représentera 60 % des heures de travail perdues à cause du stress thermique d’ici à 2030. Le secteur de la construction sera également durement touché, avec une perte estimée à 19 % des heures de travail dans le monde à la même date. Les autres secteurs particulièrement menacés sont les biens et services environnementaux, la collecte des ordures, les travaux d’urgence, les travaux de réparation, les transports, le tourisme, les sports et certaines formes de travaux industriels.

L’impact sera inégalement réparti dans le monde. Les régions qui perdront le plus d’heures de travail devraient être l’Asie du Sud et l’Afrique de l’Ouest, où environ 5 % du temps de travail devraient être perdus en 2030, ce qui correspond à environ 43 millions et 9 millions d’emplois, respectivement.

En outre, ce sont les habitants des régions les plus pauvres qui subiront les pertes économiques les plus importantes. Les pays à revenu faible, moyen inférieur et faible devraient être les plus durement touchés, d’autant plus qu’ils disposent de moins de ressources pour s’adapter efficacement à l’augmentation de la chaleur.

Les pertes économiques dues au stress thermique renforceront donc les désavantages économiques déjà existants, en particulier les taux plus élevés de pauvreté des travailleurs, l’emploi informel et vulnérable, l’agriculture de subsistance et le manque de protection sociale.

Pour Catherine Saget, Chef d’unité au Département de la recherche du BIT, l’impact du stress thermique sur la productivité du travail est une grave conséquence du changement climatique.

« On peut s’attendre à une plus grande inégalité entre les pays à faible revenu et les pays à revenu élevé et à une détérioration des conditions de travail des plus vulnérables. » Le stress dû à la chaleur affectera des millions de femmes qui constituent la majorité des travailleurs de l’agriculture de subsistance, ainsi que les hommes qui dominent l’industrie de la construction. Les conséquences sociales du stress thermique peuvent inclure une augmentation de la migration, les travailleurs quittant les zones rurales à la recherche de meilleures perspectives. » confie t-elle.

Les défis posés par le changement climatique sont au cœur de la nouvelle Déclaration du centenaire de l’OIT sur l’avenir du travail et façonneront ses activités et son programme de recherche. Le rapport démontre que les conséquences sont lourdes de conséquences pour l’Agenda 2030 de l’ONU. Il prévient que  » les effets économiques, sociaux et sanitaires du stress thermique rendraient plus difficile la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement humain et, par conséquent, la réalisation de la plupart des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies « .

 

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