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Togo : pour sauver le littoral, les riverains d’Avepozo s’acharnent

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Les rochers posés

Au Togo, les populations sur le littoral ne veulent pas seulement rester et attendre les résultats de l’exécution des sous-projets communautaires du projet WACA ResIP. Plusieurs d’entre eux estiment être fatigués de cette attente. Ils ne comptent donc pas rester les bras croisés laisser la mer continuer à engloutir leurs habitations.

Même si la représentante-résidente de la Banque mondiale au Togo, Hawa Wagué Cissé souhaite qu’il y ait plus de célérité dans la mise en œuvre des sous-projets communautaires dudit projet, les riverains sont déterminés. Mais toute porte à croire que le combat est perdu d’avance.

À Avepozo localité située dans la banlieue Sud-est, à 20km de Lomé, véritable lieu de tourisme et de distraction, les populations luttent contre cette avancée de la mer.

Madame Linder Marianne, la quarantaine rencontrée en est un exemple palpable. La dame qui s’est installé il y a 7ans veut venir à bout du phénomène. Promotrice d’une structure hôtelière dénommée ‘’Maison Blue’’, elle indique que la situation est dramatique et que l’État semble rester passif.

Vue partielle de la côte Avepozo

« Toutes les maisons du littoral sont touchées, chacun doit faire des digues de protection à ses frais, ce qui coûte une fortune. Et c’est d’ailleurs une situation qui est des plus tristes parce que c’est quand même à l’État que revient ce devoir. On attend leur réaction depuis des années et là si rien n’est fait, Avepozo et Baguida vont disparaitre de la cartographie du Togo. »

Et poursuit-elle « J’ai eu la chance d’avoir installé les rochers pour la protection de ma propriété. Ceux qui n’ont pas les moyens de le faire vont perdre leurs maisons car l’installation des rochers coûte des millions de FCFA. Cette situation, je la vis depuis plusieurs années mais pour cette année, c’est particulier à cause de la marée haute et le Port de Lomé a également transformé le courant de l’eau au point où on ne peut plus le retenir.

Vue partielle d’un mur presque écroulé

Comme chacun est obligé de faire sa petite digue pour sauver sa peau malgré que c’est interdit sur le littoral, les courants sont détournés et c’est épouvantable pour moi qui ait juste installé des rochers de façon horizontale, en espérant que ça va retenir l’eau mais si ça ne le retient pas, je perds ma maison et je vais quitter car on ne peut pas rester dans un pays où le gouvernement ne prend pas soin de ses concitoyens. »

Toujours selon elle, l’eau montait naturellement de 50 cm à 1m par an mais cela s’est accentué par les courants qui sont détournés par le Port et c’est ingérable pour elle.
Un peu plus loin, l’hôtel Madiba a mis du sable dans les sacs entreposés au bord de l’océan pour contrer la dérive littorale.

Les travaux sont financés par les étrangers qui y ont acheté des terrains mais exécutés par les autochtones « Certains étrangers ont des terrains au bord de la mer ici et ce sont eux qui nous aident à faire ce travail. Nous remplissons ces gros sacs de sables marins. Nous les entreposons ensuite au bord de l’océan pour empêcher la mer d’avancer », explique Koffi, un riverain rompu à la tâche.

Le littoral d’Avepozo est devant une situation beaucoup plus critique où les actions urgentes doivent être menées. De « Bateauvi » à « Cédif » la mer est impitoyable pour les riverains qui sont obligés, au risque de disparaitre, de trouver des solutions intermédiaires qui sont l’installation des digues et rochers comme le cas de La maison bleue, la Baie des Anges et bien d’autres.

De fait, 90% des infrastructures industrielles du Togo se trouvent dans la zone portuaire. S’il y a une catastrophe au niveau du littoral, c’est tout le pays qui va subir un coup. Et c’est toute l’économie qui va s’écrouler.

L’État togolais est appelé à accorder une priorité à cette question pour sauver à la fois les communautés et l’économie nationale. Il faut également une mise en place de réglementations spécifiques de la zone côtière en ce sens qu’il y ait des lois et des dispositions qui permettent une gestion rationnelle du littoral.

Avec Theo K. de retour d’Avepozo

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