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Togo: Le danger des bioplastiques, des plastiques pas vraiment “écolo”

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Les bioplastiques présentés par les industriels comme une alternative vitale à la surabondance des plastiques dans notre quotidien portent en eux-mêmes le risque d’un nouveau désastre écologique, a-t-on appris du directeur général d’ Africa Global Recycling (AGR), Edem d’Almeida, invité lors d’une émission dans un média de la place.

Le premier responsable d’Africa Global Recycling, spécialisé dans le tri des déchets, a touché du doigt le mythe du bioplastique en indiquant que le plastique, quelle que soit sa forme, n’est pratiquement pas recyclé dans les faits.

En effet, le plastique ne se recycle le plus souvent qu’un nombre limité de fois, une partie qualitative étant perdue à chaque cycle. Ainsi, sur une échelle de temps long, le plastique jetable finit toujours sa course dans les incinérateurs, donc dans l’atmosphère sous forme de CO2, ou bien dans les décharges ou les océans. D’origine fossile dans la plupart des cas, il n’est pas durable par définition et participe à la destruction du vivant en particulier sous sa forme à usage unique.

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Il est donc logique de voir les industriels inventer de nouveaux plastiques, avec un aspect « écolo » voire naturel. Et c’est vrai, produire un plastique non-pétrochimique semble pouvoir résoudre le problème des plastiques synthétiques qui polluent les milieux naturels, puisqu’il s’agirait de matières naturelles qui se retrouveraient dans la nature. Dans les faits, ce n’est pas si simple affirme M. d’Almeida.

Selon lui, pour la question de réglementation de l’usage des plastiques, on doit mettre en place un cadre contraignant ou encore un cadre incitatif à l’investissement pour permettre aux industriels de sortir un peu de cette vaste escroquerie qui consiste à dire qu’on fabrique du biodégradable. Alors que ce n’est pas la solution.

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Il propose donc de trouver le moyen de fabriquer des produits qui peuvent être des ressources qui peuvent être recyclés puisque même les producteurs refusent de l’intégrer dans leurs processus et cela passe par la fiscalité.

« Donc il faut investir dans les outils et technologies pour transformer notre économie. », conseille-t-il. Et, ajoute-t-il, « au niveau de la collecte et du traitement des déchets, si nous structurons la collecte et le traitement des déchets plastiques, nous pourrons donner le moyen de créer plusieurs entreprises de recyclage qui peuvent se professionnaliser dans ce processus de gestion des déchets. »

Il faut noter que les plastiques conventionnels ne se recyclent pas de la même manière que les bioplastiques. Ces derniers finissent donc souvent en décharge avec le reste des déchets. Dans ces décharges, ils ont une chance de se dégrader sans oxygène, ce qui relâche paradoxalement du méthane (un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2).

Kofi M.

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