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Togo : comprendre le couvre-feu décrété par le gouvernement

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Briser les chaînes de contamination et de transmission de la Covid-19 impose de nouvelles manières d’organiser la vie sociale.

Au Togo, le pays avait déjà pris la mesure de la chose dès les premiers cas confirmés en mars 2020 en décrétant un couvre-feu partiel et d’autres mesures restrictives. Mais sait-on vraiment en quoi la pratique revêt sens et utilité ?

Depuis le 20 décembre 2020, et ce, jusqu’au 5 janvier 2021, une autre vague de couvre-feu de 22h à 5h du matin a été décrété dans le Grand-Lomé, pour la célébration des fêtes de fin d’année. L’objectif visé par cette mesure qui peut paraître drastique et privative, est de réduire les interactions sociales. Des interactions, qui selon plusieurs études sur la maladie au nouveau Coronavirus sont les vecteurs principaux de la transmission du virus.

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Un bienfait mal compris ?

Depuis la mise en place du couvre-feu dans le Grand Lomé par l’exécutif Togolais, les critiques n’ont pas manqué au rendez-vous. ” Encore une décision incompréhensible comme celle qui oblige les bars à fermer alors que les restaurants, eux, restent ouverts”, peut-on lire ici. Ou encore, “Un couvre-feu à 22h ? Comme si c’était la nuit que se propageait le virus”, peut-on voir ailleurs.

Difficile de donner tort aux Togolais. Toutefois, l’objectif de ces mesures de couvre-feu et d’interdiction des grands rassemblements est de réduire dans une certaine mesure, les contacts. Et ceci découle d’une série de constats : On connait les conditions dans lesquelles sont organisées les fêtes et la plupart des évènements festifs et grand public. On sait également que beaucoup de contacts non protégés sont liés à des événements festifs qui ont plutôt lieu le soir, des moments où l’on a d’ailleurs tendance à faire moins attention, à se relâcher dans le respect des gestes barrières, avec ses amis ou en famille.

Et pourtant c’est lors de ces rassemblements qu’il faut faire le plus attention et se protéger. De fait, les gestes barrières sont moins respectés dans ces circonstances. Car il n’y a personne pour rappeler de porter le masque ou d’utiliser du gel hydroalcoolique comme le chef de service au bureau, par exemple. Difficile aussi de ne pas embrasser les gens qu’on aime, de ne pas discuter avec eux de façon rapprochée.

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Un limitateur d’hémorragie sanitaire et financière

Pour le gouvernement, il s’agit à travers cette mesure, d’appeler à la vigilance en ces moments de fête, de peur d’assister à une flambée incontrôlable de la pandémie sur l’ensemble du territoire Togolais. Ceci malgré tous les efforts fournis à ce jour. Selon le ministre de l’économie et des finances, Sani YAYA, lors du point sur la gestion financière de la pandémie de Covid-19 dans le pays, déjà 107 milliards de FCFA ont été éjectés dans la riposte contre la pandémie de la COVID-19 au Togo.

Toujours selon le ministre, le gouvernement a adopté un plan de riposte dit des « 3R » (Riposte, Résilience et Relance) dès la détection du premier cas en mars 2020. Ce plan est destiné à lutter contre la propagation du coronavirus (Riposte sanitaire), puis à maintenir l’activité économique à un niveau acceptable, renforcer la résilience du secteur privé (Résilience), et à redynamiser l’activité économique (Relance de l’économie nationale).

Pour financer ce plan, a-t-il rappelé, un Fonds de concours de riposte et de solidarité Covid-19 d’un montant de 400 milliards de FCFA a été mis en place. À la date du 15 décembre 2020, le ministre informe que le montant total des ressources mobilisées au titre de ce fonds, se chiffre à 173.145.464.839 de FCFA, sous l’effet conjugué du remboursement des bons Covid-19 arrivés à échéance au cours de ce mois de décembre 2020 et des mobilisations supplémentaires.

Dans ce contexte et afin de garder une population en bonne santé après l’euphorie des fêtes de fin d’année, décréter un couvre-feu sur les périodes à haut risque devient une alternative louable du gouvernement. Il revient donc à chaque citoyen de prendre la mesure de la chose en respectant le couvre-feu et les mesures prescrites d’une part. Et d’autre part, à veiller au respect, dans son environnement, des différentes mesures barrières.

Hector Nammangue

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