Les travaux de restauration de la carrière de SCANTOGO à Sika-kondji (80 km de Lomé) se poursuivent. Et d’après Atsri Honam, expert en sciences écologiques et conservation de la biodiversité, que notre rédaction a interrogé, les résultats qui y sont actuellement enregistrés sont spectaculaires.
Selon l’expert qui a travaillé sur le projet de restauration de la carrière, des études menées sur les lieux ont révélé plusieurs mosaïques d’habitats qui accueillent des groupes diversifiés de faune et de flore. Ce qui forme de nombreux refuges pour des espèces rares et menacées dans le canton de Tokpli.
Retour d’espèces animales rares et menacées
Des résultats qui ressortent de la restauration de la carrière de SCANTOGO, on dénombre la réapparition de 14 espèces d’oiseaux au total dans la zone.
Et dans le lot, 04 espèces liées à l’eau, notamment l’Aigrette garzette et l’Aigrette des récifs, le Vanneau éperonné, le Cormoran africain et la Jacana à poitrine dorée et 02 espèces de rapaces (Elanion blanc et Milan noir), ont pu être identifiées.
A ce jour, ce chiffre a augmenté, indique l’expert en sciences écologiques et conservation de la biodiversité. Car, « (…) plus la formation végétale du site restauré vieillit, plus elle attire davantage d’espèces animales. Si l’habitat est restauré et sécurisé, les espèces animales vont toujours le coloniser », note-t-il.
Par ailleurs, la particularité de la zone, notamment le fait qu’elle soit l’une des importantes dépressions caractérisant le relief du Bénin, la rend propice aux opérations de reconstitution du paysage forestier initié par les premiers responsables de Heidelberg Cement-Togo depuis quelques années.
Selon les précisions de l’expert, « La carrière de Sika-kondji fait partie de la dépression de Lama. Une zone qui quitte le Bénin, traverse le Togo et caractérisée par la présence des pieds de baobab. Nous avons vu des jeunes pieds de baobab qui commencent par pousser dans la carrière », affirme-t-il.
Et pour atteindre cet objectif, jouer la carte de la conjonction entre un bon choix des espèces et les prédispositions naturelles de la zone s’avère prometteur.
Des essences fertilitaires pour restaurer le sol
L’usine de production du clinker a débuté le processus de restauration en 2016. Une première partie de la carrière, sur une superficie d’environ 2ha a été restaurée avec 4 principales espèces forestières à savoir l’Acacia , le Peuplier d’Afrique, le caïlcédrat et le fraké.

Une seconde a été faite en 2017 sur une superficie évaluée à 8,14 ha. Et justement pour parvenir aux résultats efficaces actuels, SCANTOGO a pris sur elle de ne pas reboiser n’importe quelles espèces d’arbres sur le site de la carrière de Tabligbo. Afin d’en tirer le meilleur parti au profit du
terrain qui a servi à l’extraction du clinker, le choix des espèces s’était fait, notamment sur la base de leur capacité à fertiliser les terres.
Et M. HONAM d’expliquer : « Les principales essences forestières qui ont été utilisées pour la reconstitution du paysage dans la carrière de Tabligbo sont Albizia lebbeck, Acacia auriculiformis, Gmelina arborea, Khaya senegalensis. Une fois que les feuilles de ces espèces tombent, elles ont la particularité d’enrichir le sol. Ces essences fertilitaires pourront assurer la reconstitution rapide des terres dégradées et du couvert forestier pour répondre aux besoins des populations notamment en bois énergie et bois de service »,
Bien que les résultats parlent d’eux-mêmes, l’expert recommande que l’accent soit mis sur les espèces agro forestières. « Pour connaitre plus d’avancées au niveau des opérations de restauration écologique, il faut qu’une amélioration se fasse du point de vue agronomique. Il faut qu’on mette davantage l’accent sur des espèces qui vont recréer des conditions écologiques, c’est-à-dire les espèces agro forestières. »
Il faut noter que le reboisement est une tradition au sein du Groupe Heidelberg Cement-Togo. Après un processus d’extraction de la matière première, le calcaire, dans la carrière de SCANTOGO, une fermeture des sols creusés est effectuée en respectant scrupuleusement la disposition des différentes couches de sols. En 2021, c’est environ 12 500 plants qui ont été reboisés sur 10 hectares (ha) de la carrière.


