Le taux de croissance de la demande en énergie du Togo est estimé à 8% par an. Les importations en provenance du Nigeria, du Ghana et de la Côte d’Ivoire fournissent au pays environ 46% de l’électricité disponible sur le réseau national (Compagnie énergie électrique du Togo, CEET).
La croissance de la demande (149 MW de capacité installée requise d’ici à 2025) ne peut donc être satisfaite car les taux de production d’énergie nationale sont faibles. D’où les initiatives qui s’enchaînent, comme le projet d’électrification rurale de 317 localités par mini-réseaux solaires au Togo qui est dans sa phase préparatoire. Le 15 décembre 2022, le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD) a donné son feu vert pour un appui financier à hauteur de 3,73 millions d’euros (un prêt de 2,73 millions d’euros du Fonds africain de développement et un don de 1,008 million d’euros du Fonds pour l’énergie durable en Afrique). Le gouvernement contribue avec 590 334euros.
Énergie Verte : 317 localités rurales du Togo reçoivent un appui financier de 3, 73 millions d’euros
Dans la foulée, c’est un rapport d’évaluation qui en donne d’autres détails. On apprend que le projet entrera en vigueur le 15 mars 2023, pour une période d’exécution qui va du 1er janvier 2023 au 31 octobre 2026. Une revue à mi-parcours est prévue en mi-2024 et le projet doit être clôturé le 31 décembre 2026.
Le Togo étant classé dans la catégorie des pays exclusivement FAD, les conditions du financement par le prêt FAD sont une échéance de quarante (40) ans, un différé d’amortissement de cinq (5) ans et un taux d’intérêt de 0% ; le taux applicable à la commission de service est fixé à 0,75% et celui qui s’applique à la commission d’engagement est de 0,50%. Le don au titre de l’assistance technique du Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA) n’est pas assorti de conditions de prêt.
Les autorités togolaises veulent porter le taux d’accès à l’électricité dans le pays à 75% et 100% en 2025 et 2030 respectivement, grâce à l’extension du réseau, aux systèmes de kits solaires ainsi qu’au déploiement de mini-réseaux. Pour relever cet important défi, on doit fournir de l’électricité à 113.000 ménages supplémentaires par an pour réaliser l’accès universel à l’horizon 2030, ce qui représente un triplement du nombre actuel des branchements par an. C’est la stratégie nationale d’électrification, conforme à l’Objectif de développement durable 7 et initiée en 2018, qui a identifié 317 localités comme étant les mieux adaptées à l’électrification par des mini-réseaux basés sur les énergies renouvelables.
Les 317 villages à électrifier abritent 900 000 personnes dans les cinq régions du pays (Savanes, Kara, Plateaux, Centrale et Maritime). Ces villages bénéficiaires ont été sélectionnés sur la base d’un plan géospatial piloté par le gouvernement qui a établi une feuille de route technique, financière et institutionnelle pour l’électrification universelle du Togo en 2030, avec des études qui ont abouti à l’identification des 317 localités.
Sur les 317 localités identifiées, 127 ont été confirmées pour la phase 1 d’investissement, 190 localités seront confirmées dans les phases d’investissement à venir. Ce projet d’électrification à travers des mini-réseaux solaires photovoltaïques s’appuie sur le précédent projet pilote CIZO du Togo.
L’objectif principal du projet d’extension des mini-réseaux verts est de contribuer à la croissance économique et de réduire l’impact négatif sur l’environnement par la mise à l’échelle des énergies renouvelables au Togo. Le projet est conçu en deux phases dont la première couvre une assistance technique à l’AT2ER et la création des sociétés de projet privées ; et la deuxième phase couvrira la construction des mini-réseaux verts, l’exploitation et la distribution de l’énergie électrique. La 1ère phase préparatoire devrait donc ouvrir la voie à une mise en œuvre réussie de la phase d’investissement en aval, au cours de laquelle la Banque africaine de développement, le SEFA, la Banque ouest-africaine de développement et la Banque islamique de développement financeront les projets au moyen de ressources concessionnelles et catalyseront ainsi la participation du secteur privé, qui devrait contribuer, à hauteur de 30%, au projet d’investissement dans les mini-réseaux verts du Togo.
L’Etat prendra une participation de 25% dans le capital social des sociétés de projet privées qui seront constituées par des opérateurs privés sélectionnés.
Depuis le lancement de l’appel d’offres national pour l’électrification des mini-réseaux en 2019, les promoteurs privés de projets ont été engagés dans les processus de consultation des parties prenantes et d’appel d’offres par l’Agence togolaise d’électrification rurale et des énergies renouvelables (AT2ER).
L’appel d’offres a été lancé dans le cadre d’un partenariat public-privé, ciblant les promoteurs de projets privés pour l’aménagement, la construction, l’exploitation et la maintenance des mini-réseaux dans le cadre d’une concession de 20 ans, selon le modèle BOOT (construire, posséder, exploiter et transférer) pour 317 mini-réseaux. Le processus de sélection concurrentielle des promoteurs a attiré plus de 10 promoteurs privés qui ont répondu à l’appel d’offres. Trois d’entre eux ont été présélectionnés pour affiner leur offre lors de la phase d’investissement.
Avec UNION


