Togo/PASA : A Tandjouaré, le Warrantage sécurise et valorise les céréales

Ils bradaient leurs produits au prix bord champ et ne dégageaient pas suffisamment de bénéfice. Les producteurs s’enlisaient dans un cycle d’endettement. Cette situation se perpétuait de génération en génération, induisant ainsi la trappe à pauvreté des producteurs.

 Avec le mécanisme de nantissement de stocks, le Warrantage, le Projet d’appui au secteur agricole (PASA) a permis de créer un cadre partenarial entre des organisations de producteurs, des opérateurs privés et des Systèmes financiers décentralisés (SFD) afin de contribuer à un meilleur fonctionnement des filières céréalières et à l’amélioration du niveau de vie des producteurs. Grâce au fonds compétitif du PASA, neuf (09) coopératives agricoles regroupant plus de 16 mille producteurs ont été financièrement appuyées.

Monsieur LARE Sangani, producteur de céréales de la préfecture de Tandjouaré et membre d’une coopérative de warrantage, explique comment la pratique du warrantage a changé totalement ses conditions de vie.

 « C’est maintenant qu’on est allé à une autre école pour apprendre que, collecter les produits, les centraliser et les vendre sur un marché, est rentable. Auparavant, nos parents bradaient les produits et ils ne gagnaient pas. Nous avions nous aussi pris les mêmes habitudes. Ce qui fait qu’on produisait, qu’on travaillait dur mais nos conditions de vie ne s’améliorait pas. Avant le PASA, je vendais mes produits au prix bord champ. Par conséquent, je ne gagnais pas assez d’argent et souvent, je n’arrivais pas à faire face aux besoins familiaux et champêtres au cours de l’année. Mon bénéfice annuel finissait quelques mois après les récoltes et c’est la galère le reste des jours de l’année. Je vivais sans programme ni prévision. », raconte t-il.

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Avant d’ajouter « Cependant, avec le warrantage, je ne brade plus mes produits et j’arrive à trouver de l’argent pour subvenir à mes besoins toute l’année. Il suffit de stocker sa production dans un magasin, le nantir contre un crédit de court terme pouvant permettre de supporter les charges inhérentes à la campagne agricole et de mener éventuellement une activité génératrice de revenu. Très souvent, ces revenus permettent de rembourser le crédit avant même la vente de nos stocks nantis, en période de soudure. Maintenant, mon niveau de vie s’est amélioré et j’arrive à planifier mes activités. Je suis arrivé à payer une moto pour mes déplacements ; j’ai payé un tricycle pour transporter mes récoltes du champ vers la maison et le magasin. J’ai payé un poste téléviseur et une plaque solaire pour permettre à mes enfants d’étudier leurs cours. En 2016, ma première fille a eu le baccalauréat et je l’ai inscrite dans une université privée à Lomé où je paie plus de 500 000 F CFA par an. »

Pour rappel, le warrantage consiste à accorder aux producteurs un prêt garanti par la mise en stock de leur production, dont la valeur est susceptible d’augmenter sous quelques mois. Souvent présenté comme une solution simple au problème de bradage de la production juste après la récolte, ce dispositif doit en réalité s’adapter à chaque contexte d’application.

 

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